Les récompenses peuvent accompagner l’amélioration d’une condition, comme elles peuvent conduire à des difficultés. Quatre récompenses décernées récemment au plan international appartiennent à la seconde de ces catégories.

L’accord relatif au nucléaire défendu par le président Obama, signé entre l’Iran, l’Union Européenne et les Etats-Unis d’Amérique, les visites commerciales y succédant, les marques publiques et médiatiques de sympathie et de cordialités échangées entre les ministres occidentaux et iraniens, rien de tout ceci n’aura permis une quelconque démocratisation du régime en place à Téhéran.

Au contraire, il est constaté une augmentation des appels des plus hauts dirigeants iraniens à la destruction de l’Occident, des USA, de l’Europe et d’Israël. Les pendaisons d’opposants politiques n’ont pas été interrompues ne serait-ce que le temps des négociations ni de la signature de l’accord.

La récente reconnaissance diplomatique de Cuba par Washington et souhaitée par le président Obama n’a permis ni la libéralisation du régime ni l’amélioration du sort des opposants incarcérés ni celle des libertés publiques.

La nomination du royaume d’Arabie Saoudite à la présidence du conseil des Droits de l’Homme des Nations-Unies ferait rire si elle n’était pas si dramatique. Cette nomination contrevient à l’intégralité des dispositions organiques des Nations Unies telles que contenues en sa charte et ses règlements.

Le royaume saoudien ne respecte pas les dispositions internationales relatives aux droits humains (interdiction de son territoire aux Juifs, limitation de son territoire aux non-Musulmans, restrictions aux libertés fondamentales, aux droits de l’Homme, à ceux de la femme et de l’enfant, ségrégations raciales et religieuses, etc…) 

La liste n’étant pas exhaustive, il convient finalement de pointer deux éléments.

Le premier concerne la subordination manifeste des intérêts démocratiques aux intérêts économiques et commerciaux.

Le second concerne le dysfonctionnement de forme et de fond que subit l’ONU depuis de trop nombreuses années : désaccords de fonds et de forme entre le secrétariat général (fonctionnariat de l’Organisation), le conseil de sécurité (représentant des intérêts des Etats), l’assemblée générale (représentant les peuples) et les commissions consultatives (représentant les comités ad hoc).

Il apparaît clairement que seuls l’inversion du rapport d’intérêt entre l’économique et l’humain au profit de ce dernier d’une part, le retour au respect de la charte des Nations Unies d’autre part permettront d’octroyer un faisceau d’exemples à suivre par la communauté des Nations.

Il convient de mettre un terme définitif à un système d’organisation international dominé par des superpuissances pétrolières, financières et autocratiques qui tentent d’imposer leurs règles à l’Humanité, détruisent l’image de l’ONU et l’intérêt des peuples.

L’idée selon laquelle fermer les yeux permettrait de sauver l’essentiel est démontée par l’actualité des Etats en difficulté et celle de leurs peuples qui souffrent. C’est au contraire en tournant le dos à la propagande et en s’ouvrant à l’intérêt des peuples que l’ordre mondial fondé sur la liberté et l’égalité s’organisera dans le respect et la dignité.

Pierre Saba

24. 09. 15