Le judaïsme panafricain commence et finit par l’Histoire africaine, car ce n’est que par une révision déchirante sur le plan historique que les juifs africains pourront s’ouvrir au monde, suivie «d’une nouvelle cosmogonie qui soit porteuse de vérités et de valeurs».

Pourquoi une telle révision, une telle rupture ? Parce que trop longtemps le judaïsme dominant a fait croire que l’itinéraire historique de l’Afrique ne commençait qu’avec son contact avec l’Occident (voir Hegel) et que l’essentiel de cette histoire se résumait à l’épopée» mythique.

Pour rompre avec cette vision réductrice du judaïsme africain et permettre aux juifs africains d’avoir un petit contrôle sur notre passé et revoir le mécanisme externe.

Nous ne cesserons de clamer haut et fort que pour l’Afrique, développer une pensée endogène est une question de survie.

Nous réapproprier la totalité de notre histoire, considérer les traditions orales comme sources valables d’éléments historiques, élaborer une pensée endogène.

Il nous faut revoir d’urgence l’histoire juive africaine, capitaliser nos savoirs et techniques et faire un bilan des savoirs, des savoirs accumulés et surtout, considérer les traditions orales comme sources valables d’éléments historiques.

Il s’agira, dès lors, de restituer la conscience historique juive africaine : « il faut gommer les ratures, redresser les mauvaises tournures.

Il faut également revoir cette histoire à partir de la matrice africaine. Cette pensée endogène ne doit, cependant, pas se refermer sur elle-même et s’isoler dans le passé, mais elle sera «poreuse à tous les souffles du monde» comme disait le poète Aimé Césaire, tel un arbre qui se nourrit des vents extérieurs mais reste solidement enraciné dans sa terre.