Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai un a priori respectueux envers le monde universitaire, et cela sans doute parce que je ne l’ai jamais fréquenté. Je n’y ai pas étudié, ayant fait une Grande Ecole ; à la limite, je l’ai approché de loin quand j’ai préparé ma thèse de Doctorat, mais ce n’était pas à la Fac ; puis j’ai travaillé dans le domaine industriel, loin de la théorie ; et quand ma passion du journalisme est venue, j’ai reçu certes à la radio des universitaires – historiens, sociologues, etc. – mais en restant un modeste journaliste amateur.

Bref, j’ai un vrai complexe, mais qui n’interdit pas la lucidité : il y a de vraies enflures parmi les universitaires, et cet article vous en donnera des exemples.

François Burgat partage les combats de Tarik Ramadan

On va commencer par Tarik Ramadan, un islamologue qui a fait beaucoup parler de lui ces derniers temps, pour des affaires de harcèlement sexuel et pire encore, de viols : la célèbre Université d’Oxford vient de le suspendre , et c’est une bonne nouvelle.

Mais un autre islamologue est monté au créneau pour le défendre ! Il s’appelle François Burgat, le connaissiez-vous ?

Avec Vincent Geisser et d’autres porte-flingues des islamistes, sa signature est incontournable dans certaines pétitions ou publications, pro-palestiniennes virulentes, dénonçant l’état d’urgence ou évoquant la fameuse « islamophobie » qui serait la marque de notre société.

Il tient un blog hébergé par Médiapart, et voici sa réaction : il écrit que les combats politiques de Tariq Ramadan restent les siens .

Ainsi donc, un distingué universitaire français trouve le moyen, dans une affaire d’agressions sexuelles supposées qui se passe en Europe, de citer « les violences infinies de l’occupant israélien contre la société toute entière » … vous ne rêvez pas !

Pour lui, l’occupation israélienne apporte de la violence ici en France. De quoi plaire à ses mentors, Frères Musulmans et autres, qui ne cessent de dénoncer un soi-disant « complot sioniste » pour expliquer les malheurs de Ramadan.

Pour en finir avec François Burgat, cette information, accablante, tirée du compte Twitter de l’excellent site « Ikhwan Info » : il préside un jury de thèse de Doctorat qui doit évaluer le 20 novembre le travail d’un militant « frériste », Nabil Ennasri, président du « Collectif des Musulmans de France » ; une thèse consacrée au prédicateur Al-Qaradawi, connu pour ses diatribes haineuses et antisémites qui lui ont valu – mais après bien des années seulement – une interdiction de se produire au meeting annuel de l’UOIF, dont il était l’une des vedettes. Pour mémoire, aussi, le curiculum-vitae du célèbre prédicateur d’Al-Jazeera.

Laurence De Cock, les Indigènes et Plantu

Autre drôle d’universitaire, Laurence De Cock. Professeur agrégée d’Histoire, chargée de cours à l’Université Paris Diderot, elle s’est fait connaitre par ses positions militantes, proches du mouvement « Ensemble » de Clémentine Autain – aujourd’hui ralliée à Jean-Luc Mélenchon – et sa grande indulgence pour le P.I.R, « Parti des Indigènes de la République » ; un mouvement racialiste dont on a beaucoup parlé à propos d’une autre députée de « La France Insoumise », Danièle Obono, dénoncée pour sa proximité avec le P.I.R.

Voici de que déclarait Laurence De Cock dans une interview parue dans « Tendance Claire », journal du NPA, le 10 septembre 2017 :
« Je ne considère pas que le PIR doive être le repoussoir absolu sur les questions anti-racistes » (…) » mon positionnement par rapport à ce genre d’organisations c’est : c’est bien qu’elles soient là » (…) « Et je pense qu’ensuite, quand ils produisent des textes théoriques, ce sont des textes importants, qu’il faut lire.

Il faut les lire parce que précisément, ils font aussi ce que moi je fais, c’est à dire qu’ils fissurent des certitudes. En tous cas on ne peut pas dire que ce soit des textes qui nous laissent indifférents » (…) « Je ne pense pas qu’ils soient homophobes ou antisémites  » (…) « Le PIR ce n’est pas l’extrême droite.

Ce ne sont pas des antagonismes. Je suis d’accord pour ne jamais discuter avec l’extrême droite, qui pour le coup repose sur des bases racistes, mais je discute avec des anti-racistes ».

Laurence De Cock, par ailleurs, n’a pas du tout apprécié ce dessin de Plantu publié après le verdict dans le procès Merah. Elle n’avait pas non plus du tout apprécié un autre dessin illustrant l’antisémitisme dans la France actuelle, et évoquant le cas d’enseignants empêchés, dans certains établissements, d’enseigner la Shoah : après des tweets vengeurs menaçant de boycotter le journal « Le Monde », la distinguée professeure d’Histoire a publié cet article, accusant le malheureux dessinateur de participer « à la répétition de représentations négatives sur le corps enseignant, l’islam, et les banlieues ». Rien que ça !

Feu d’artifice final !

Enfin, j’ai réservé un feu d’artifice pour la fin. Je ne connais que trop bien le discours, bien réchauffé chez les Juifs français, sur l’antisémitisme insupportable chez nous mais qui n’existerait pas aux USA, pays par définition admirable.

Et bien renseignez-vous ! Une Université d’Etat vient d’accepter dans son corps enseignant, un soi-disant universitaire syrien ; en fait ex-diplomate et propagandiste du régime de Bashar Al-Assad ; et qui a raconté – ah le brave homme ! – que des officiels israéliens pratiquaient le trafic d’organes d’enfants

On vit donc une époque formidable, et les jeunes sélectionnés pour étudier à l’Université ne réalisent pas toujours la chance qu’ils ont.