Les infirmières olim de France sont exaspérées, elles ont le curieux sentiment d’avoir été abusées par les politiques et certains représentants d’association.

En effet, les engagements pris par le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu visant la reconnaissance des diplômes paramédicaux et leurs équivalences professionnelles aussi surprenant que cela puisse paraître ne les concernent pas.

Il est vrai que l’évocation des infirmières a toujours été mobilisatrice et fédératrice.

Alors pourquoi ne les trouve-t-on pas au cœur du dispositif de réforme législatif ? Principalement parce que les infirmières représentent numériquement la majorité des paramédicaux. Aussi leur attribuer un permis d’exercer modifierait visiblement l’ordre infirmier local majoritairement russophone, qui se mobilise avec force et vigueur pour défendre leur pré carré.

De plus, les infirmières incarnent, contrairement au corps médical, la classe dite moyenne. Bien souvent mères de famille et traditionnellement peu enclines aux revendications, elles ne bénéficient ni de ressources financières importantes ni d’un réseau à même d’influencer les leaders d’opinions.

A cet égard, nous ne nous expliquons pas le silence et l’absence de soutien du député français Meyer Habib, qui avait pourtant pris faits et causes pour un dentiste dernièrement, sinon à juger que nous ne constituons pas une cible électorale naturelle.

Titulaire d’un diplôme après trois ans et demie d’études sélectives, alternant cours théoriques, stages pratiques dans différentes spécialités et soutenance de mémoire, les infirmières olim, généralement expérimentées, se retrouvent pourtant en Israël devoir se réorienter professionnellement alors qu’animées depuis toujours par une vocation et maintenant plus que jamais par un désir de prendre en charge les patients de leur pays d’élection.

Le dispositif actuel concourt en effet à démotiver les plus volontaires des candidates. Après un parcours de deux à trois ans, alternant oulpan de haut niveau, oulpan médical spécialisé, traduction à leurs frais de l’ensemble des documents (plus de 6000 shekels), cours obligatoires et séminaires dans des écoles d’infirmières, elles sont enfin autorisées à se présenter à un examen d’inspiration américaine, où elles échoueront le plus souvent.

Les témoignages que la Coordination Infirmière des Olim de France ne cesse de recueillir et qui s’accumulent via son groupe Facebook sont proprement édifiants. On pourrait aussi bien évoquer Céline, mère de famille et infirmière de bloc qui travaille après deux ans d’alya en call center, ou Esther, infirmière diplômée d’état du nouveau référentiel qui travaille dans une maison de retraite en qualité d’aide soignante, alors que parfaitement bilingue ; la liste est longue…

Le pire étant probablement de voir la cohorte sans cesse grandissante de familles sionistes candidates à l’alyah, qui saisissant la complexité des démarches et les années à investir, devoir se résigner à franchir le pas, comme Nathalie, 49 ans, infimière depuis dix ans, qui a sa famille en Israël ainsi que son fils et qui n’attend que le droit d’exercer pour émigrer.

La méconnaissance de l’Agence juive de toutes ces problématiques ne peut être absout par un soubresaut des derniers jours. On entend, ici et là, les velléités de mettre en place une préparation en France et en français à cet examen pour éteindre la colère qui monte.

C’est méconnaitre totalement la nature de l’examen et de l’enseignement en sciences infirmières en France, mais aussi de la situation des candidates à l’alyah, mères de famille et qui travaillent en douze heures ou en horaires postés. Les infirmières pour reprendre le slogan de revendications passées ne sont « ni bonnes, ni nonnes, ni pigeonnes », elles sont des praticiennes, saluées unanimement lors des derniers attentats à Paris pour la qualité des soins prodigués et la gestion de l’urgence.

Le pays manque pourtant cruellement de personnels soignants, il y en aurait en moyenne 5,7 pour mille habitants, alors que leur nombre est évalué à 8,5 dans les pays de l’OCDE. Cette pénurie se traduit par un ratio infirmier/patient en deçà des standards exigés, ce qui est reconnu pour être à l’origine de bons nombres d’erreurs médicales. De plus, le manque de personnel concourt à devoir prioriser l’urgence au détriment des pathologies chroniques. Pour faire face à cet afflux de patients, le ministère de la Santé israélien réfléchit à la possibilité d’une formation infirmière plus courte, et donc de moindre qualité.

Cette situation absurde est d’autant plus paradoxale que l’Amérique du nord et la Suisse viennent recruter les infirmières françaises sur les salons, conscientes de la grande qualité des professionnels de santé français. Il ne semble pas que la qualité des soins dans ces pays soit moindre qu’en Israël.

La vague d’alyah des juifs de France qu’Israël s’apprête à recevoir de plein fouet marque un tournant historique. Pourtant, elle pose un certain nombre de défis à relever au centre desquels l’infirmière ola a un rôle cardinal à jouer. L’autoriser d’exercer son métier, sans devoir se présenter à un examen inadapté, c’est certes lui offrir la possibilité à elle et sa famille d’une réelle intégration et finalement permettre l’évolution des infrastructures sanitaires locales dans un contexte déjà tendu, où celles-ci devront absorber plus de 130 000 olim français. La vision et l’analyse développées par le Dr Dov Maimon sur ces aspects sont particulièrement pertinentes.

Chaque citoyen doit prendre conscience que son parcours de vie comportera probablement un temps pour lui ou ses proches de prise en charge hospitalière, et que la présence d’olims infirmières constituera un atout majeur tant au niveau de la qualité des soins techniques que des soins dits relationnels.

Ne serait-il pas également à porter au bénéfice du plus grands nombres de pouvoir compter ces infirmières aux urgences, au bloc opératoire, en cancérologie, en pédiatrie, en maison de retraite, en secteur psychiatrique ou dans les ambulances de MADA et à l’armée ?

Aujourd’hui, nous voulons rappeler à tous, hommes politiques, députés, leaders d’opinion, d’assumer le destin qui est le leur, de prendre toute la mesure que constitue l’alyah de France, car, s’ils occupent des responsabilités, ce n’est pas pour vouloir faire ce qu’ils veulent, mais pour vouloir ce qu’il peuvent…

Soutenons la coordination des Infirmières olim de France !
Exigeons la suppression d’un examen inique et l’intégration dans le système de santé israélien !
Aidez nous à vous aider !

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