En quelques mois seulement, le Kenya est confronté à plusieurs attaques terroristes revendiquées par le Shebab. L’islam n’est pas nouveau dans ce pays mais le terrorisme et la violence des actes perpétrés sont quant à eux inédits.

Si les courants radicaux gagnent en audience, leur caractère révolutionnaire et radical, ne ressemble en rien au « Kenya ».

La question des rapports entre les musulmans et les non musulmans se pose. Chacun, faute de dialogue vrai, accusant l’autre, de tous les maux. Faudrait-il une étude approfondie pour démontrer si l’Islam est ouvert ou fermé ?

Même si la réponse pour un musulman va de soi, il faut le prouver, car la majorité des non musulmans, de par le monde, considèrent que l’Islam est intolérant et fermé, et n’est plus valable face aux progrès. Certains considèrent, qu’il est opposé aux libertés. Pire, d’autres affirment que le Coran, et le prophète par la Sunna appellent à la violence aveugle, d’où la logique du choc.

Un des aspects de ce drame, c’est d’abord la faiblesse des musulmans d’aujourd’hui à renouveler l’interprétation, à expliquer leurs références fondatrices. Le dénigrement par les étrangers, l’apologie et l’instrumentalisation par certains des siens, contexte d’une double ignorance, brouillent l’image de la troisième religion monothéiste.

Les musulmans apparaissent comme ceux qui résistent à la modernité, à la mondialisation, à l’idée dominante du progrès. Ils sont perçus comme des dissidents désastreux que menacent de nouvelles monstruosités historiques : l’islamisme, le fanatisme, l’extrémisme.

Les critiques de l’extérieur, des préjugés les accusent de maux multiples : ils ont des principes qui contreviennent à l’égalité et à la liberté, ils ne distinguent pas, dit-on, la religion et la politique, le spirituel et le législatif, ils ont une religiosité qui prône l’intolérance. La nécessité, pour notre époque, d’un universel commun et d’une humanité plurielle constitue l’objectif à tenir.

La propagande du choc des civilisations est-elle une diversion ? Pourtant des différences et des divergences sont une réalité. Face à la mondialisation, de plus en plus négative, assumer les changements est-il possible pour une seule version de l’humain ?

Comment tarir les sources de l’insécurité : les injustices, les fractures et les inégalités ? L’amitié des « Gens du Livre », dans ce cadre est-il un chemin salutaire ? Tenter de retrouver l’ouvert, dans un monde fermé.

L’islam, ce méconnu s’inscrit-il dans un mouvement d’ouverture ou de fermeture face à l’autre différent, face à l’évolution du monde ? Il est de notre devoir d’y répondre.

Le passif entre les deux mondes, l’Orient et l’Occident, l’immense confusion, l’usurpation du nom de l’islam par les extrémistes politico-religieux, les contradictions liées aux défis de l’heure, tout cela oblige à opérer un travail de réflexion sur l’essentiel. Répondre à la question : » Qu’est-ce qu’être musulman aujourd’hui en Afrique et ailleurs ?