Le Qatar a investi la manne financière issue de l’exploitation de ses ressources naturelles abondantes, notamment dans la chaine de supermarchés anglais Sainsbury’s, la compagnie pétrolière Total, le groupe Porsche, le groupe Volkswagen, plusieurs chaines de télévision (Al Jazeera, Beinsport), le Paris Saint-Germain, le FC Barcelone, la Coupe du Monde de 2022 avec ses projets de stades climatisés, des fonds immobiliers en France et en Europe, mais aussi dans le Hamas et quelques autres organisations djihadistes similaires.

Ces « derniers investissements » de type djihadiste ont sans doute été motivés par les liens existants entre l’État du Qatar et la Confrérie des Frères Musulmans, mais également par la volonté « d’acheter » la stabilité du régime.

Les investissements du Qatar, mais aussi des États-Unis, de l’Union Européenne, du Japon et d’autres pays dans la Bande de Gaza au cours des 10 dernières années sont estimés à plusieurs milliards de dollars.

La majeure partie de ces investissements n’a pas été utilisée pour construire et développer les infrastructures civiles à caractère social et économique de la Bande de Gaza (écoles, hôpitaux, stations de pompage et d’épuration, centrales électriques, réseaux routiers, administrations, hôtels, complexes balnéaires, habitations, usines, etc.), mais pour créer une infrastructure militaire souterraine et accumuler un arsenal d’armes (fusil-mitrailleur, roquettes, missiles de moyenne portée, missiles antichar, explosifs, etc.), ainsi que pour enrôler et entraîner, dès leur plus jeune âge, les « combattants » du Hamas.

En outre, une autre fraction non négligeable de ces fonds aurait également été détournée pour satisfaire des « besoins personnels » par les dirigeants du Hamas et des autres organisations djihadistes. Il y aurait actuellement plus de 1200 millionnaires dans la Bande de Gaza, alors que le PIB par habitant est estimé à environ 1.700$ (4.300$ dans les Territoires Autonomes Palestiniens et prés de 34.000$ en Israël) et ne se développe pas en raison de l’absence d’infrastructures économiques adaptées.

Cette situation résulte de l’absence totale de contrôle par des organisations internationales, des membres indépendants du FMI et des personnalités palestiniennes indépendantes et intègres de l’usage effectif des fonds colossaux ainsi transférés dans la Bande de Gaza….

Dans le futur, à l’issue du conflit en cours, un audit de l’utilisation des fonds transférés dans la Bande de Gaza par le Qatar, l’UE, les États-Unis et d’autres pays de la Communauté Internationale depuis 10 ans devrait être effectué et des mécanismes de contrôle de l’usage et de la destination des futurs fonds, notamment qataris, qui seront investis pour reconstruire, réellement cette fois, la Bande de Gaza, devront être mis en place. La mise en œuvre d’un plan « Marshall » pour la Bande de Gaza, grâce notamment à un nouvel effort du Qatar, semble devenue indispensable pour la stabilité de cette région et l’établissement d’une paix future.

Pour mémoire, après le retrait d’Israël de la Bande de Gaza en 2005 et la prise de pouvoir par l’Autorité Palestinienne jusqu’au coup de force du Hamas en 2007, plusieurs sociétés israéliennes avaient proposé de créer des « joint-ventures » avec des sociétés publiques et privées palestiniennes afin notamment de construire un port en eaux profondes, un aéroport international, des plateformes de forage et d’exploitation du gisement gazier qui se trouve au large des côtes de Gaza, des établissements de santé, un réseau routier digne de ce nom vers Israël, les Territoires Autonomes Palestiniens et la Jordanie (la construction d’un axe routier traversant Israël sous souveraineté de l’Autorité Palestinienne avait même été envisagé).

Tous ces projets ainsi que de nombreux autres ont disparu avec l’arrivée au pouvoir du Hamas, qui a bien évidement « opté » pour une économie de guerre visant à détruire l’État d’Israël, plutôt que d’offrir un avenir à la population palestinienne de Gaza.

Les résultats de ce « choix » : aucun développement d’infrastructure dans la Bande de Gaza, plusieurs confrontations militaires avec Israël, un PIB par habitant en régression, une misère en croissance, encore accentuée depuis la fermeture des tunnels de contrebande, qui servaient d’ersatz » à une véritable économie, par le régime égyptien de Mr Al-Sissi.

En effet, les tunnels de contrebande entre la Bande de Gaza et l’Egypte (le couloir « Philadelphie ») ont longtemps permis de donner l’illusion d’un meilleur niveau de vie pour certains gazaouis grâce aux revenus générés par la contrebande passant par ces tunnels, après paiement à crédit du « prix » de ces tunnels mis aux enchères par les dirigeants du Hamas et acquittement de « l’impôt Hamas » égal à 25% de la valeur des marchandises et des biens transitant par ces tunnels.

L’Egypte de Mr Al-Sissi a décidé de fermer ces tunnels (800 tunnels fermés ou détruits en un an) et mettre ainsi la Bande de Gaza sous contrôle et blocus en raison du risque sécuritaire représenté par le régime dictatorial du Hamas. L’Egypte est déjà confrontée aux milices djihadistes circulant dans le Sinaï et n’a sans doute pas encore oublié le rôle du Hamas pendant le règne éphémère de Mr Morsi.

Dans le même temps, et jusqu’à ce jour, l’État d’Israël a continué à appliquer un blocus partiel, en laissant passer un certain nombre de denrées, de produits et de biens d’équipements vers la Bande de Gaza (trafic quotidien de camions en provenance d’Israël vers la Bande de Gaza par le passage de Keren Shalom), y compris les matières premières détournées par le Hamas pour construire les tunnels souterrains, notamment offensifs, en utilisant massivement une main d’œuvre d’enfants dont plus de 160 seraient morts en creusant au cours des dernières années.

En conclusion, depuis 2005, la principale cause du malheur de la Bande de Gaza, ce n’est pas l’Etat d’Israël, ce n’est pas le manque de moyens financiers, car énormément d’argent a afflué vers la Bande de Gaza et le peuple palestinien est devenu celui qui est le plus soutenu financièrement par le Monde.

La principale cause du malheur de Gaza, c’est le détournement des fonds octroyés notamment par le Qatar à des fins militaires et d’enrichissement personnel par les dirigeants du Hamas et du Djihad islamique, qui ont ainsi empêché la construction de véritables infrastructures socio-économiques et, en conséquence, l’élévation du niveau de vie des gazaouis et du PIB par habitant dans la Bande de Gaza, ce qui aurait conduit à faire reculer très sensiblement la misère, mais aussi (hélas pour le seul Hamas !) l’Islam radical…

La Bande de Gaza du futur peut et doit être tout autre !

Lors des accords d’Oslo, Y. Arafat avait annoncé dans tous les médias qu’il allait faire de Gaza : « le Singapour du Moyen-Orient »…

A l’issue du conflit actuel, il sera peut-être encore temps que des organisations et des sociétés palestiniennes intègres, aidées par des sociétés israéliennes et soutenues par un nouvel effort financier international cette fois « contrôlé (un plan « Marshall » pour la Bande de Gaza), usent de leurs énergies et mettent en commun leurs ressources humaines, technologiques et matérielles afin de faire sortir de terre ce Singapour du Moyen-Orient ou mieux encore une région dont le développement serait fondé sur une économie touristique écologique, grâce à la beauté des plages de Gaza, qui sont parmi les plus réputées de la côte méditerranéenne orientale.