Au premier abord, c’est une alliance qui peut paraître surprenante. D’un côté Israël, état juif et première puissance économique et militaire du Moyen-Orient. De l’autre l’Azerbaïdjan, République post-soviétique, située aux confins des mondes turc, russe, perse et arabe, à majorité chiite. Tout semble opposer ces deux pays.

Pourtant, depuis 1992, les liens bilatéraux n’ont cessé de se renforcer, notamment face à la montée en puissance de Téhéran. Pour Israël, jouer la carte azerbaïdjanaise présente plusieurs avantages. La position géographique de l’Azerbaïdjan présente un intérêt stratégique majeur à la frontière nord de l’Iran. Elle lui permet d’avoir un point de chute dans le Caucase. Par ailleurs, économiquement, 20% de la consommation israélienne de pétrole provient d’Azerbaïdjan.

Du coté de Bakou, cette relation est construite sur plusieurs dimensions.
Au niveau sécuritaire, Bakou est particulièrement intéressé par la technologie militaire israélienne. Le récent retour sur le devant de la scène du conflit du Nagorno-Karabakh ne démentit pas cet intérêt.

Cette région, ainsi que sept provinces alentour, est occupée par l’Arménie depuis plus de 20 ans. De nombreuses organisations internationales, notamment les Nations unies et le Parlement européen, ont voté des résolutions appelant au retrait immédiat et inconditionnel des troupes arméniennes.

Un sondage effectué il y a quelques semaines par l’Institut de sondage américain Arthur J. Finkelstein montrait que cette question était la plus importante pour plus de 96 % des Azerbaïdjanais. En effet, le 12 avril dernier, ce territoire du Sud Caucase basculait dans la violence. Bien qu’un cessez-le-feu soit en vigueur, ce nouvel épisode du conflit a fait une douzaine de morts. Fort peu médiatisé, il a jeté plus d’un million de réfugiés sur les routes de l’exil depuis le milieu des années 90.

Dans ce contexte, l’Azerbaïdjan a acquis la semaine dernière des batteries du système de défense israélien Dôme de Fer. Cette nouvelle s’inscrit dans le contexte géopolitique régional – sa rivale arménienne a en effet acquis des missiles balistiques russes.

Par ailleurs, Bakou se méfie de Téhéran et de ces projets pan-chiites. Bien que la communauté azerie-iranienne représente 20% de la population du grand voisin perse, l’Azerbaïdjan est très attaché à son modèle politique et refuse toute ingérence, visant à propager la Révolution islamique sur son territoire. A plusieurs reprises, les services de sécurité azerbaïdjanais ont expulsé des Iraniens prêchant dans des mosquées le rejet du modèle séculier de la petite République du Caucase.

Preuve en est du refus du modèle iranien, le 26 septembre dernier, les électeurs ont soutenu à une importante majorité – plus de 69% – l’extension du mandat présidentiel et la création d’une nouvelle position de vice-président.

Le Parlement européen, attentif au bon déroulement du scrutin, a dit qu’il respectait les résultats. Bruxelles avait d’ailleurs envoyé une délégation pour contrôler l’ouverture et la fermeture des bureaux de vote. 117 observateurs internationaux de 18 organisations internationales, incluant l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe étaient présents. L’Assemblée parlementaire n’a pas manqué de féliciter le peuple et les autorités d’Azerbaïdjan pour la tenue d’un référendum, considéré comme « légal et légitime, conforme à la Constitution et à la législation nationale, et comme une étape vers un développement stable et durable ». De même, le vice-président du Parlement européen Ryszard Czarnecki disait, suite au référendum « nous respecterons les résultats car pour nous la volonté du peuple est la plus importante ». Dont acte.

Ces résultats sont extrêmement encourageants. Ils démontrent la capacité et la détermination de l’Azerbaïdjan à s’engager dans un processus sur, durable et stable pour le développement du pays. C’est aussi une nouvelle encourageante pour Israël car les alliés sûrs dans une région géopolitiquement déséquilibrée et géostratégiquement instable, se comptent sur les doigts d’une main.