Je suis rentré d’une randonnée dans la région d’Ashkelon, une des cibles préférées du Hamas.

Je m’y suis rendu par solidarité avec ces gens qui endurent depuis une semaine, sans compter leurs précédentes expériences, le tir des missiles. Et aussi pour partager avec eux ces moments de crainte et d’inquiétude pour eux mêmes et leurs familles, leurs forces, en l’espace d’une vingtaine de secondes entre les sirènes et les explosions, de se réfugier dans un abri.

J’y ai rencontré des gens sereins, courageux mais fatigués, n’ayant aucun doute concernant la nécéssité d’en finir avec cette menace qui se répète comme une pendule depuis plusieurs années.  

Mais pour l’instant, à l’ouest (d’Israël) rien de nouveau : comme chez Eric Maria Remarque, c’est la routine et les affrontements se poursuivent : des centaines de rafales de missiles en provenance de Gaza, entraînant des dizaines de bombardements par Tsahal; des sirènes incessantes renvoyant des centaines de milliers d’israëliens vers les abris, mais de plus en plus de victimes palestiniennes à Gaza.

Pourtant, pour un bref moment on espérait voir du nouveau au front. En entamant la deuxième semaine des affrontements une petite lueur d’espoir pointait à l’horizon lorsque Jérusalem a répondu oui à la mediation egyptienne pour un cessez le feu réciproque. En effet, mardi, dès 6 heures du matin, Tsahal a cessé toute opération contre Gaza.

Mais bizarrement et contre toute logique le Hamas a continué les hostilities, lançant plus de 120 missiles. Patientant jusqu’à midi Tsahal a fini par perdre l’illusion d’une accalmie, reprenant les bombardements.

Le cercle vicieux recommence.

Comment en finir une fois pour toutes ? Est-ce possible ? Sinon, pour combien de temps jusqu’à la prochaine ? C’est en effet le dilemme qui préoccupe les israëliens, partagés entre la thèse voulant une action terrestre profonde visant à démilitariser la bande de Gaza, voire se débarasser du Hamas, et celle plus modérée et réaliste, mais laquelle ?

Cette controverse est manifestée aussi au sein du gouvernement et la coalition. Même certains fidèles du premier ministre Nethanyahu lui reprochent sa retenue et son hésitation à franchir le pas vers une opération terrestre, recommandée d’ailleurs par Tsahal. 

Une crise ouverte s’en suit et Avigdor Lieberman, ministre des Affaires Etrangères, n’a pas hésité à le critiquer publiquement dans les medias. Tout comme Danny Danon, vice-ministre de la défense, aussitôt limogé de ce poste, suite à ses propos.

Une telle opération éventuelle, pour laquelle des dizaines de milliers de réservistes ont été mobilisés, pourrait être déclenchée à tout moment, voir les prochaines heures. Selon une source militaire elle ne viserait pas  la conquête de la bande de Gaza, laquelle avait toujours été un nid de vipères.

Il s’agirait d’occuper une bande de territoire longeant la ligne de démarcation avec Israël avec un but précis: découvrir et anéantir les tunnels creusés et destinés à pénétrer en territoire israëlien pour attaquer les agglomérations avoisinants et tuer des civils ,et prendre des otages.

Les milieux militaires avouent ne pas connaître l’emplacement des tunnels, n’étant pas en possession de matériel adéquate. Et éventuellement, anéantir dans la foulée les usines de fabrication des missiles.

Pour en revenir à ma visite sur le front, j’ai constaté des spectacles peu communs dans une situation de guerre. Parallèlement aux bombardements israëliens, des dizaines de camions venant d’Israël traverseaient la frontière pour acheminer de la nourriture aux habitants de Gaza, lesquels d’ailleurs ont fui par dizaines de milliers, abandonnant leurs foyers, suite aux averissements de Tsahal destinés à leur épargner les risques provenant des bombardements ou des opérations terrestres.

Ces réfugiés ignorant les appels des chefs du Hamas à rester sur place, afin de leur servir de boucliers humains. En effet une deuxieme vague d’habitants prevenus est retenue sur place par le Hamas, les mettant ainsi en danger de mort.

Quelle drôle de guerre.