En cette journée de commémoration des victimes de la Shoah, faisons un état des lieux de ce qui nous reste de la mémoire collective de l’Histoire, qu’en avons-nous vraiment appris ?

Malgré les mesures prises afin que cela ne se reproduise plus jamais, aujourd’hui, 70 ans après, nous voyons que leur portée est relative, voire plus que relative vu les actualités de ces dernières années, au point où il nous faut constater ce que personne ne veut admettre à haute voix ; à savoir que le monde est revenu aux années trente.

Ce n’est pas tant la montée des crimes antisémites (en forte hausse) qui inquiète, mais plutôt la réaction d’indifférence ou la remarque “ils l’ont bien cherché”.

Il semble que tout ceci soit le présage d’un nouveau cycle de la diabolisation du Juif et d’Israël.

Comment comprendre cette haine qui ne s’arrête jamais ?

Le peuple Juif est dépositaire d’un savoir qu’il doit transmettre au monde.

Ce savoir est résumé par Rabbi Akiva : “tu aimeras ton prochain comme toi-même, c’est la grande règle de la Torah.”

Aussi cliché que cela puisse paraître, c’est bien là le fondement de notre sagesse.

Et cette sagesse implique une responsabilité, celle de transmettre.

Une méthode pour apprendre à vivre-ensemble – malgré les différences, malgré les querelles communautaires, politiques ou religieuses, malgré tout ce qui nous sépare, rester solidaire les uns des autres, comme il est écrit “Tout Israël est solidaire de chacun de ses membres.” (Sanhédrin 27, 2, Shavouot 39)

Or, cette solidarité entre nous, il nous faut aujourd’hui l’étendre au reste du monde comme ceci est mentionné dans le Zohar, le Midrash et dans d’autres textes.

Cette solidarité envers le monde c’est de lui enseigner à vivre ensemble en dépit des désaccords et des différences.

Le fait de ne pas transmettre cette méthode permettant le vivre-ensemble, dont nous sommes dépositaires, est la cause de la haine qu’éprouvent les nations envers le peuple juif.

Accusés de tous les maux, que ce soit la contamination des eaux ou le contrôle des banques et des médias, les reproches, justifiés ou non, ne manquent pas malgré les nombreuses contributions à la science, à la culture, et à la société en général.

Le monde attend des Juifs autre chose que le progrès technologique.

J’ai bien conscience que rien de tout cela ne semble réaliste, encore moins attrayant, en effet, qui voudrait d’une telle responsabilité ? Qui plus est, cela ne semble pas à la portée de tous.

Néanmoins, si chacun y pensait un tant soit peu, il verrait qu’il dispose en lui d’un potentiel inexploité qui servirait au monde.

Je veux croire que chacun trouvera en lui les forces de se rappeler de son véritable devoir de mémoire : qui il est, et ce que le monde attend de lui.