Rien. Ou pas grand chose… Israël est un paysage que je connais à peine. Jérusalem, Abu Gosh, Jericho de loin, le site grandiose de la mer Morte, l’oasis d’Ein gedi tôt le matin, c’est tout. Pas encore de déambulations festives à Tel Aviv, mais j’y pense. L’année prochaine, peut-être ?

Sur le Judaïsme, ma bibliothèque se limite, en plus de la Torah commentée par Rachi (français/hébreu, publiée par l’association Samuel et Odette Lévy), à deux livres de poche du Talmud (Le traité Pessahim et le traité Moed Katan), à une introduction au Talmud d’Adin Steinsaltz, au traité Avot, à deux ouvrages de Maïmonide : « Le livre de la connaissance » et le « Traité d’éthique ». (Je n’ai toujours pas lu le « Livre des égarés », mais ça viendra).

Un couple d’amis m’a offert un jour pour mon anniversaire « Le grand livre des proverbes juifs » aux Presses du Châtelet. Bref, de quoi faire sourire un rosh yeshiva. Lorsque je souhaite me replonger un peu à la volée, de façon informelle, dans cette histoire extraordinaire, deux livres me parlent : « Le dictionnaire amoureux du Judaïsme » de Jacques Attali et « L’esprit du Judaïsme » de Bernard Henri Lévy. Deux ouvrages accessibles, captivants, qui donnent le désir d’aimer le Judaïsme. Et bien d’autres livres essentiels dont « l’Etoile de la Rédemption » de Franz Rosenzweig en cours de lecture.

Sur l’Etat d’Israël, je me garderai de commenter l’actualité politique, culturelle, scientifique, sportive etc. du pays, ne me sentant pas spécialement compétent pour en parler. J’ai déjà du mal à y voir clair dans l’actualité française, à l’heure du cauchemard des gilets jaunes. Par contre, je lis quotidiennement les articles du Times of Israël pour m’éclairer sur Israël dans toute sa variété, les journalistes, mais aussi principalement les blogs de Maurice Ruben Hayoun, Freddy Eytan, Pierre Lurçat, Liliane Clauss et bien d’autres blogueurs et blogueuses dans la mesure où j’ai le temps de les lire. Le Times of Israël offre aussi un autre regard sur l’actualité française. Tout m’interroge, je m’y retrouve.

Israël est d’abord pour moi un nom venu de l’enfance. Né à Croix dans le nord de la France, j’ai reçu une éducation catholique. Baptême, catéchisme, 1ère communion, messe le dimanche, etc. J’ai été très jeune passionné par la Bible, je le suis toujours. Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, Salomon, David étaient les personnages d’une fabuleuse histoire, ils le sont encore.

Après l’enfance, les Juifs sortiront du Livre pour devenir bien réels. J’en croiserai sur ma route. Je serai invité à une Bath Mitzva, j’irai dans une synagogue, je participerai à plusieurs fêtes juives, dont Hanouka, chez mes voisins rue du Sentier. Plus tard, je lirai « Réflexions sur la question juive » de Jean-Paul Sartre, livre qui n’a pas pris une ride depuis sa publication en 1946. « L’antisémite reproche au juif d’être juif ». CQFD. Plus tard ce sera le choc de Shoah de Claude Lanzmann au Forum des Images à Paris. Lors de ces deux projections, j’ai définitivement pris conscience de l’indicible douleur du Peuple Juif et de cette mémoire à transmettre à travers les générations.

Et puis il y a tous ces artistes juifs qui me touchent, ô combien. Pour le cinéma, Woody Allen très jeune (avec « Prends l’oseille et tire toi » et « Bananas »), Steven Spielberg retrouvant l’Arche perdue, les frères Cohen (surtout « The big Lebowski »), le guitariste Marcel Dadi, Gustav Mahler, Arnold Schoenberg, György Ligeti, Serge Gainsbourg, Bob Dylan, Daniel Baremboim pour la musique. Saul Bellow, Philip Roth en littérature, et j’en passe. Sans oublier les Bagelman sisters avec le Abe Ellstein Orchestra. L’enregistrement date de 1942 :

Aujourd’hui, et depuis un an, le Times of Israël m’accueille pour tenir un blog dans lequel j’essaye de formuler mon rapport au monde juif et tisser des liens avec Israël en écriture. Voilà, en quelques mots, ce que je sais d’Israël, pour le moment…