Ces dernières années, la presse a souvent parlé de la paix qui serait induite par la solution dite à deux états pour deux populations, pour le moins fort différentes, qui vivent imbriquées l’une dans l’autre, sur l’un des plus petits territoires de la planète : Israël, dans ses frontières d’aujourd’hui.

Cette solution dite à deux états apparait et disparait régulièrement. Elle a ses défenseurs et, elle a aussi, ses contradicteurs.

La « paix » n’est pas un sentiment neutre, c’est un sentiment engageant, impliquant : quand on fait la paix avec quelqu’un, à plus forte raison de nation à population (il n’y a à mon avis pas pour l’instant, et il ne semble pas qu’il y en aura à l’avenir, de nation palestinienne), cela signifie que les deux parties veulent avec la même sincérité, avec la même intensité vivre en paix et en harmonie ensemble.

Cela signifie reconnaissance et respect de l’entité… de l’intégrité de l’autre partie. Il ne peut pas y avoir de paix, s’il n’y a pas respect de ces deux conditions.

Au-delà de ça, il y a la nécessaire équivalence ou à défaut, la nécessaire proximité relative, du système de valeurs de chacune des parties en présence. Sans cela, toute volonté de paix risque de s’envoler en fumée transparente, incolore et inodore, dès le début de la confrontation avec la réalité.

Quand on parle de la solution dite à deux états, cela rappelle étrangement le caractère illusoire, du retrait d’Israël de la totalité de la bande de Gaza, dans le but de faciliter la paix. Combien de personnes avaient alors soutenu que le retrait de Gaza serait reconnu comme un geste de bonne volonté de la part d’Israël, et aurait constitué un témoignage de sa volonté de vivre en paix avec les Palestiniens.

La suite de l’histoire est connue, des milliers de familles juives ont été déracinées et dispersées, loin de leur lieu de résidence, dans des caravanes, avec un très long cortège de souffrances, qui laisse ses traces jusqu’à aujourd’hui, et allez savoir jusqu’à quand.

Et ce n’est pas tout : toutes les facilités, accordées par Israël, suite à ce retrait, ont été utilisées, non pas pour construire des routes, des ecoles, ou des hôpitaux, mais pour construire des tunnels, pour mener des attaques contre Israël. Alors que pendant le même temps, il faut le souligner, Israël recevait des malades ou des blessés graves de Gaza, pour les soigner dans les hôpitaux israéliens.

Une manière d’évaluer le dénominateur commun entre les deux populations en question, c’est d’évaluer, chez chacune des parties en présence, les manuels scolaires des enfants du cycle primaire, ou comment les populations traitent leurs animaux domestiques (les chiens ou les chats), ou les animaux destinés à la consommation de viande animale.

Les conclusions seront édifiantes, et elles amèneront toutes personnes de bon sens à s’opposer de bonne foi à cette solution toute théorique dite des deux états.

En revanche la coexistence réaliste, est quelque chose de tangible, et vous allez la voir bien fonctionner dans la ville de Haïfa : les populations juive et musulmane vivent en harmonie, depuis longtemps et pour encore longtemps si les conditions pour que la compréhension subsiste et se perpétue, sont maintenues.

La coexistence des populations juives et palestiniennes n’est pas homogène dans tout Israël. Là où elle est la plus tangible en Israël, c’est dans la ville de Haïfa, peut être à moindre échelle dans la ville d’Akko.

Dans la ville de Haïfa, la coexistence est une réalité, certains Arabes israéliens s’enrôlent dans l’armée israélienne, pour y faire leur service. Il n’y a pas cette haine viscérale que l’on ressent souvent à Jérusalem Est.

Je me souviens qu’à l’ouverture des grands hôtels dans le quartier de Cheikh-El Jarra à Jérusalem, à la jonction entre Jerusalem-Ouest et Jerusalem-Est, il m’était arrivé d’aller à des Melawe Malka, à la sortie de Shabbat, dans ces grands hôtels.

Le personnel de service était d’origine locale, je veux dire de Jerusalem-Est, et on pouvait ressentir dans son regard, toute la politesse professionnelle qu’il y avait et combien de glace, pour ne pas dire de haine, il y avait, dans ce meme regard.

Quand on est de passage à Haïfa, ou à Akko, on ne ressent pas d’hostilité entre les différentes factions de la population, bien au contraire, on ressent une compréhension mutuelle. Il semble que dans ces lieux-là, le principe de la coexistence soit bien intégré, comme une nécessité quotidienne, par les parties en présence. Ce qui n’est pas le cas à Jérusalem.

En fait sur une grande partie d’Israël, dans ses frontières d’aujourd’hui, on voit des incohérences assez fortes, que le pouvoir politique ni le législateur n’a pas encore résolu. On ne va pas citer toutes ces incohérences, mais pour la bonne compréhension de notre article nous allons en citer quelques-unes.

En pleine Intifada, des jeunes palestiniens jettent des pierres sur les voitures circulant dans les routes qui mènent à Jérusalem (il y a eu ces dernières années des personnes qui ont perdu le contrôle de leur voiture et cela s’est terminé par des accidents mortels).

Ces jeunes y vont de plein cœur, et encore plus lorsqu’ils sont cagoulés. A l’arrivée des forces de l’ordre, une grande partie d’entre eux arrivent à s’enfuir. Quelques-uns, se feront arrêtés et parmi eux des jeunes qui étaient cagoulés.

A l’interrogatoire, première remarque : certains des jeunes gens cagoulés étaient détenteurs d’une carte d’identité israélienne. A la question pourquoi étiez-vous cagoulées ? Réponse : je ne voulais pas être identifié comme un lanceur de pierres, car si c’est le cas, et que cela est mentionné dans mon casier judiciaire, je perds toutes chances de rester dans mon emploi, ou de poursuivre mes études jusqu’à leur fin. Quand je suis cagoulé, il est impossible de m’identifier !

On voit bien que le jeune lanceur de pierres veut gagner sur les deux tableaux : jeter des pierres sur les voitures des Israéliens, en leur faisant courir des risques mortels, cela lui permet de s’affirmer comme nationaliste palestinien, mais d’un autre côté ce même lanceur de pierres veut préserver le mieux possible la possibilité de garder son emploi, ou de poursuivre des études en Israël.

La législation israélienne doit s’efforcer de trouver la parade aux double-faces qui veulent jouer impunément sur les deux tableaux.

Autre contradiction : vous êtes à la station d’autobus de l’entrée principale de l’Université Hébraïque de Jérusalem en centre ville, a Givat Ram. Un groupe d’étudiant(e)s palestiniens parle ensemble. Chacun a avec lui des bouquins et des classeurs ou tout est écrit en hébreu.

Ils prennent le bus avec vous, et au fur et à mesure du trajet ils descendent les uns après les autres. Etant parmi les derniers à descendre, vous demandez à l’un d’entre eux à quelle station descendre, il vous répond en anglais comme s’il ne savait pas lire l’hébreu ! Alors qu’il fait des études supérieures en hébreu… [à l’hôpital ou dans les koupot holim, c’est exactement le même scenario !]

Pourquoi ce double langage ? Parce qu’identitairement, la personne à qui vous vous adressez se sent plus palestinienne qu’israélienne. Alors qu’en réalité à l’origine il était citoyen jordanien. La nécessité ou sinon l’opportunité de trouver un travail en Israël ou de faire des études supérieures de qualité dans les universités israéliennes a fait qu’il a demandé et obtenu la nationalité israélienne.

En toute logique, Il semble bien qu’il ait maintenant un devoir de gratitude de reconnaissance vers l’Etat qui lui a donné toute sa culture de base, qui lui a prodigue des services de santé, depuis qu’il est né, c’est vrai ! Mais, en réalité, ce n’est pas comme cela que cela se passe : celui qui a reçu les bienfaits, ne les reconnait meme pas ! Et dans son for intérieur il les considère comme un dû ! C’est là que commence le problème.

C’est là que le législateur doit s’ingénier à trouver des solutions qui empêcheraient « les mauvais joueurs » de profiter en toute légalité du système, et en même temps de dénigrer le même système ou de prêter main forte à ceux qui veulent le détruire et qui ne s’en cachent pas !

Ce n’est qu’au prix des d’efforts répétés, au niveau de l’information nationale en langue arabe, qu’il deviendra possible de faire intégrer à la jeunesse palestinienne, et plus largement à toute la population palestinienne que pour bénéficier du moindre bienfait du système social israélien, il faudra être parfaitement loyal avec lui, et même reconnaissant, c’est-à-dire : témoigner sa gratitude dans les faits.

Et cela est possible, nous le voyons bien : de temps à autres des jeunes gens et jeunes filles arabes s’enrôlent dans l’armée d’Israël, et font comme il se doit, leur service militaire.

Un autre fléau à combattre de manière systématique, c’est la non-représentativité flagrante des élus israéliens d’origine palestinienne : défendent-ils les intérêts des populations des territoires qu’ils représentent ou plutôt leur intérêt personnel ?

Quand ils se livrent à une attaque en règle du système israélien a qui obéissent-ils ? Auraient-ils des mentors qui se situeraient en dehors des frontières nationales ?

Autre chose à améliorer : l’encadrement de l’immunité parlementaire, celle-ci ne doit pas permettre aux députés, minoritaires, à travers le droit d’expression de dénigrer et de vilipender de manière systématique le système social mis en place par les députés majoritaires qui leur accorde ce droit.

La paix entre l’Etat d’Israël et la population palestinienne ne résulte pas d’une décision théorique et démagogique d’octroyer un état à une population qui nie notre simple droit à l’existence, mais plutôt d’une information en langue arabe et hébreu à destination de cette même population qu’elle comprenne, rapidement, qu’elle a beaucoup plus d’intérêts dans une coexistence réaliste, parfaitement loyale et marquée par la gratitude et la reconnaissance des bienfaits reçus.

Le législateur doit s’ingénier à bien faire comprendre aux candidats à l’octroi de la nationalité israélienne, que cela donne des droits et aussi des obligations. Celui qui reçoit la nationalité israélienne doit intégrer qu’il reçoit des droits et des obligations, et non pas des droits et encore des droits, et surtout jamais d’obligations !

Car sinon, on tomberait dans la contradiction suivante, les nouveaux bénéficiaires de la carte d’identité israélienne, iront grossir les rangs des manifestants de « La Journée de la terre » – de nos détracteurs qui parlent sans doute, de la terre désertique et emplie de malaria, telle qu’elle était autrefois, jusqu’à ce que l’Etat d’Israël l’ait assainie et fertilisée – sinon ils iraient grosser les rangs des manifestants à la journée de « La Nekba », La Catastrophe en arabe, il s’agit du jour de l’indépendance d’Israël, qui a apporté à cette population : l’instruction, les services de santé, et la sécurité. Ainsi, _ si l’octroi de la nationalite israelienne n’etait pas selective _ on aura réussi, et ce serait aberrant, à donner de la force a un ennemi de l’intérieur.

La coexistence réaliste, semble être préférable à la paix utopique envisagée par des ideologues, bien plus théoriciens que praticiens, qui ne rêvent que d’une chose, s’accaparer le pouvoir, pour mettre en place une soi-disant solution: un état ne s’offre pas suite à une décision politique.

Un état, c’est une structure mise en place par une population cohérente qui a prouvé qu’elle a déjà acquis l’habitude de vivre en paix en harmonie avec elle-même d’abord, et que par conséquent elle pourrait vivre ausi en paix et en harmonie avec ses propres voisins.

Difficile de croire à un tel état, car en fait, ce deuxième état, dans la solution dite à deux états, devrait vivre en paix et en harmonie, avec l’Etat d’Israël qu’il considère jusqu’à aujourd’hui comme un ennemi héréditaire.

Cela me semble très difficile, regardez si vous en aviez besoin les manuels scolaires des enfants du cycle primaire à Gaza, vous verrez ce que l’on apprend sur Israël et sur son peuple.

Vous serez édifié !