Perspectives d’une Paix à retardement …

Le 21 juillet 2014 15:08, <courrier@debout-la-republique.fr> a écrit (auteur Nicolas Dupont-Aignan) :

Chère amie, cher compagnon,

Les événements exceptionnels qui se sont déroulés ce week-end dans notre pays, l’irresponsabilité du gouvernement et les tragédies qui ont lieu en ce moment-même au Proche-Orient et qui concernent aussi bien les habitants de Gaza que les chrétiens de Mossoul en Irak nous ont conduit avec Dominique Jamet à rédiger un communiqué de presse détaillé de la situation.

Je tenais à ce que chacun d’entre vous en soit destinataire.

A bientôt,

Nicolas Dupont-Aignan

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Communiqué de presse de Debout la République

Manifestations à Paris et à Sarcelles : Nicolas Dupont-Aignan et Dominique Jamet dénoncent l’irresponsabilité de M. Valls

Paris, le 21 juillet – La France est le pays d’Europe qui abrite la plus importante communauté de confession juive.

La France est aussi le pays d’Europe qui abrite la plus importante communauté de religion musulmane.

Ces deux communautés sont particulièrement attentives et sensibles, on peut le comprendre, aux tragiques événements qui se déroulent actuellement au Proche-Orient.

Nos concitoyens juifs peuvent se sentir solidaires d’Israël, cible de prédilection des attaques du mouvement Hamas.

Nos concitoyens musulmans peuvent réagir avec douleur et colère à la répression sanglante dont sont indifféremment victimes à Gaza activistes, civils, hommes, femmes et enfants.

Le risque de voir se créer un véritable fossé et se multiplier les affrontements entre communautés n’est que trop réel.

Dans ce contexte sensible, propice à l’explosion des passions et à leur exploitation par des provocateurs et des irresponsables, le gouvernement a une double mission et une double responsabilité.

Il lui incombe naturellement de rassurer, de protéger et de défendre nos compatriotes juifs contre les insultes, les menaces et les violences inacceptables dont ils sont l’objet.

Il lui revient également de permettre à nos compatriotes, musulmans ou autres, d’exprimer  leur réprobation, voire leur indignation contre les conséquences dramatiques de l’opération lancée par le gouvernement de M. Netanyahou dans la bande de Gaza  et d’assurer leur liberté de manifester tout en évitant et en réprimant d’éventuels débordements.

Le gouvernement de M. Valls, avec la bénédiction du président de la République, a doublement failli.

En cautionnant jusque dans ses pires excès la répression brutale menée par l’armée israélienne, il donne le sentiment que la France ne tient pas la balance égale entre les deux parties d’un conflit où chacune a des arguments et des droits à faire valoir. Il a choisi son camp, alors que l’honneur et l’intérêt de notre pays lui commandent d’appeler à l’arrêt des violences et à la reprise de véritables négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne, représentant légitime du peuple palestinien.

En interdisant a priori des manifestations favorables à la Palestine, il a contrevenu à son obligation de faire respecter la liberté d’opinion sans pour autant garantir efficacement la sécurité de la communauté juive. Il est à noter que les rassemblements autorisés n’ont donné lieu à aucun désordre. C’est donc bien l’interdiction qui a suscité les inadmissibles « bavures » constatées à Paris et à Sarcelles et qui provoque des deux côtés la radicalisation que l’on prétendait éviter.

Nous appelons donc le gouvernement de M. Valls à retrouver son sang-froid, à assurer le respect des libertés dont il est institutionnellement le garant et à ne pas « importer » chez nous le conflit israélo-palestinien avec les risques de division qu’il comporte. Nous appelons aussi le gouvernement à garantir l’ordre public en abrogeant la loi Taubira qui renforce l’impunité des délinquants.

La France, dans l’état où elle est, n’a pas besoin d’ajouter la guerre civile à la crise sociale.

Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, président de Debout la République. – Dominique Jamet , vice-président de Debout la République.

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Le 27 juillet 2014

Israël G., professeur d’histoire, Yerres,

à Nicolas Dupont-Aignan, député maire du Val d’Yerres

Cher député-maire et cher ami,

Votre communiqué de presse de ce jour (ci-dessous), mardi 22 juillet, m’attire les remarques suivantes:

1 – Vous parlez de deux communautés les plus importantes d’Europe, la musulmane et la juive, en les mettant sur le même plan. Ce ne me semble pas tout à fait exact: il existe environ 500 000 juifs en France; 5 millions de musulmans. Soit, quantitativement, dix fois plus. 500 000 juifs habitent également l’Angleterre, et plus de deux millions en Russie…

2 – Vous accusez ensuite l’armée et le gouvernement d’Israël de frapper « indifféremment des activistes, civils, hommes, femmes et enfants »  à Gaza. Cela ne me parait pas exact non plus: les bombardements israéliens sont systématiquement précédés de lâchages de tracts, de dizaines de milliers de SMS personnalisés, de lancements de fusées-signaux appelant les civils à évacuer les lieux des combats où se retranchent les terroristes (activistes) du Hamas, ceci plusieurs jours, heures ou dizaines de minutes à l’avance, mettant parallèlement en danger la vie des soldats israéliens en livrant ainsi des informations précieuses aux terroristes du Hamas, dont ceux-ci savent parfaitement se servir.

3  – Vous accusez ensuite le gouvernement français actuel d’avoir interdit certaines manifestations pro palestiniennes, ce qui aurait constitué  les causes des débordements, les manifestations autorisées étant restées pacifiques. C’est carrément faux: c’est à la suite des débordements de la manifestation pro palestinienne autorisée du dimanche 13 juillet 2014, où des cris « mort aux Juifs » ont retenti et où deux synagogues, celles de la rue de la Roquette et celle de la rue des Tournelles, ont été attaquées par des manifestants pro palestiniens qui ont tenté physiquement de pénétrer à l’intérieur et y seraient parvenu sans l’intervention, in extremis, des forces de l’ordre, que le président de la République a décidé d’interdire les manifestations suivantes, notamment celles de Barbes et de Sarcelles, et qui ont donné lieu, effectivement, à des scénarios identiques.

Pour le reste, à quel moment intervenir pour éviter les débordements dans le cadre de manifestations autorisées? Les policiers doivent-ils attendre « mort aux Juifs », comme cela s’est produit plusieurs fois, scandés par une partie non négligeable de la foule, pour intervenir? Ou quand on agite les drapeaux verts du Hamas, organisation classée officiellement terroriste par l’union Européenne autant que par les Etats- Unis et le Canada? Ou quand on parle de libérer la Palestine au cri de « Allah Hou Akbar »???… Les forces de l’ordre devraient être sensibilisées à une nouvelle pédagogie auditive, expertes en nuances de toutes sortes, qui nécessiteraient une nouvelle initiation auxquelles elles ne semblent effectivement pas préparées? Mais qui le serait, dans le cadre de manifestations ainsi « autorisées »?

D’après les statistiques officielles, la majorité des agressions racistes répertoriées dans notre pays, toutes minorités confondues, visent la partie visible de la communauté juive (50 000 personnes?) qui, si mes chiffres sont exacts, concentre à elle seule 80% des agressions de ce type, dûment recensées dans les commissariats. En 2005, lors du seul weekend pascal, 5 synagogues avaient été incendiées ou attaquées sans que les forces de l’ordre n’aient eu le temps d’intervenir… On n’a pas entendu, ce me semble, de tentative d’attaque de mosquée par la groupusculaire « Ligue de défense juive », ni par aucun mouvement de foule de la sorte. Ni d’affaire Merah ou d’activiste juif partant faire la guerre sainte au Moyen Orient pour réimporter le conflit en France. Votre tentative de mettre sur le même plan  agresseurs et  agressés me paraît singulièrement déplacée et totalement hors de propos…

4 – Enfin, votre condamnation quasi unilatérale de l’intervention militaire israélienne à Gaza me semble pêcher par un grave manque de professionnalisme politique en même temps que d’une  absence de sens de l’Histoire.

Pourquoi ne condamnez-vous pas, en premier lieu, le lancement de milliers de roquettes, cause directe de la réplique israélienne?

Que diriez-vous, Monsieur le député maire, si la France entière devait se terrer, des semaines durant, dans des abris, parce que le pays basque espagnol, devenu musulman intégriste, expliquait dans sa charte constitutionnelle, que la France doit être détruite en tant qu’Etat et intégrée à un Etat islamique mondial?

La charte du Hamas, au cas où vous l’ignorez, proclame, à la suite de Mein Kampf et du Complot des Sages de Sion, que « Les Juifs – et non l’Etat juif – sont les responsables de la décadence planétaire, qu’ils ont été à l’origine de la révolution française de 1789 comme de celle de Russie en 1917 » etc. Or, les citoyens de Gaza ont voté massivement pour ce gouvernement, après le retrait israélien de 2004 dans lequel ils avaient vu une victoire éclatante du Hamas, un peu comme les Allemands, de 1933 à 1940, avaient massivement soutenus Hitler, comme nous le savons. Quant aux livres scolaires, non pas du seul Hamas, mais de l’Autorité Palestinienne – au sein de laquelle le Hamas siège à nouveau – ils font également preuve d’un antisémitisme primaire que n’eussent pas renié les manuels nazis des années trente, ceux de l’Etat d’Israël, en face, avec leur culte des droits de l’homme, se calquant systématiquement, eux, sur ceux des autres démocraties d’Occident, France comprise…

L’Etat juif est aujourd’hui la première cible de l’islamisme global, comme le peuple juif avait été, au XXème siècle, l’ennemi de prédilection du nazisme et du fascisme. Mais l’Occident tout entier, avec ses valeurs démocratiques, est visé, en second lieu, dans un parallélisme historique impressionnant et il suffit de ne pas se voiler les yeux pour le voir. Ceci pour des raisons métaphysiques profondes qui, malheureusement, n’ont’ pas fini de faire des dégâts.

Désolé, Monsieur le député maire, vous qui vous êtes toujours affiché comme un réel ami de la communauté juive du Val d’Yerres, de vous contredire sur tous ces points.

Israël G.

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Le 28 juillet 2014 11:37, Nicolas Dupont-Aignan <ndupont-aignan@assemblee-nationale.fr> a écrit :

Cher Monsieur,

J’ai pris connaissance avec attention de votre courriel du 27 juillet répliquant à mon communiqué de presse concernant le conflit israelo palestinien.

Je regrette si ce que j’ai pu écrire ait pu vous contrarier voire vous blesser. Ma position sur le Proche Orient a toujours été claire et juste.

Israël doit pouvoir vivre en sécurité mais les Palestiniens ont aussi droit à un Etat. François Mitterrand avait une phrase forte pour résumer la situation:  » deux peuples pour une même terre avec un Dieu de chaque côté ».

Comprenez qu’en qualité de responsable politique, je suis tenu de m’exprimer avec équilibre et de porter témoignage de ce respect des droits de l’homme qui a toujours incarné la France.

Je sais qu’Israël peut et doit se défendre des attaques terroristes du Hamas mais je sais aussi qu’une armée bien équipée et bien entraînée comme Tsahal est sans commune mesure avec les moyens dont dispose la population palestinienne surtout dans l’enclave de Gaza.

Je regrette que la diplomatie américaine et européenne n’ait pas pu convaincre M Netanyahou de l’urgence d’un cessez le feu.

Quant aux manifestations pro palestiniennes sur le territoire français, sachez que je considère qu’il est inadmissible que les manifestants exportent ainsi le conflit sur notre territoire et profèrent à l’encontre des Juifs des insultes inqualifiables.

Je suis par ailleurs scandalisé qu’en dépit des propos de fermeté du Premier Ministre la Justice soit si laxiste envers provocateurs, racistes, comme envers les casseurs.

Enfin, mon souci d’équilibre et de respect envers le peuple palestinien comme envers le peuple israélien ne m’enpêche pas, croyez le bien, de continuer à porter une profonde estime à la communauté juive dont nous avons un grand nombre de représentants dans notre ville d’Yerres.

Restant à votre disposition pour lever toute ambiguité quant à mes positions sur ce conflit, je vous prie de croire, Cher Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Nicolas DUPONT-AIGNAN

Le 6 août 2014

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Israël G., professeur,

à Nicolas Dupont Aignan, député maire du Val d’Yerres,

Cher Monsieur le député maire,

Je réponds à votre dernier courriel, où vous me faites part de votre regret de nous savoir « contrariés » ou « blessés ».

Il ne s’agit guère de cela et je ne mets pas en doute la sincérité de votre respect et de votre bienveillance envers la communauté juive du Val d’Yerres et au-delà. Mais il s’agit plutôt d’une réflexion sur une cohérence politique quant au conflit israélo-arabe – et non pas seulement israélo-palestinien, selon un plan de vue singulièrement réductionniste- qui, malheureusement, exerce ses ravages en France avec les affaires Merah, ou plus récemment en Belgique et les agressions physiques répétées contre les synagogues et autres lieux communautaires.  Dans l’un de vos twitt, si je ne m’abuse, vous avez dénoncé la lâcheté européenne face à la récente guerre de Gaza qui, selon vous, aurait dû être stoppée par un cessez le feu imposé, en l’occurrence, à Israël.

Je vous signale que trois cessez le feu consécutifs ont été acceptés par Israël et refusés par le Hamas dès les premiers jours du conflit.

D’autre part, alors que vous avez pris clairement parti contre toute intervention française en Libye – ce en quoi vous aviez raison – et, à ma connaissance, n’avez jamais déploré la « lâcheté » européenne face aux massacres de Syrie, du Darfour etc., votre capacité d’indignation ne s’adresse qu’aux rétorsions « disproportionnées » du gouvernement israélien… Je ne vois rien d' »équilibré » dans une telle attitude. Est-ce parce qu’il est plus facile de se faire entendre, ou d’exercer des pressions, sur  la seule démocratie du Moyen-Orient, ou parce que l’on exige davantage d’elle, justement? Mais dans ce cas, accuser l’Europe de lâcheté alors qu’on reste silencieux sur des atrocités, à l’échelle humaine, d’une ampleur quantitative, malheureusement, cent fois plus importante, me parait néanmoins défier la logique, y compris la logique politique.

Pour le reste, le conflit du Moyen Orient, encore plus que d’autres, reste incompréhensible si on ne parvient pas, ou si on ne cherche même pas, à l’insérer dans une perspective historique plus large, sur le long et le moyen terme.

Depuis 1967, deux analyses géopolitiques s’affrontent :

o    La première  estime que seule une politique de compromis peut amener Israël à être accepté un jour par ses voisins dans le cadre d’un Proche Orient modernisé et démocratique.

o    L’autre, diamétralement opposée, insère le conflit dans une perspective plus large et tente de prendre en compte les leçons du XXème siècle: la politique d’apaisement prônée par les démocraties face aux  totalitarismes, dans l’entre-deux guerres et au delà, n’avait fait que fortifier ceux-ci et  permis, au contraire, la seconde guerre mondiale puis, plus tard, les coups de force soviétiques sur l’Europe centrale, Cuba, le Mozambique, l’Angola, l’Ethiopie,le Nicaragua et l’Afghanistan jusqu’à ce que la politique de fermeté du redéploiement nucléaire américain en Europe, (à la demande, en France, de Mitterrand) et du projet de guerre des étoiles de Reagan, n’en vienne à bout. Que ce soit dans l’entre-deux-guerre ou lors de la guerre froide, la politique de compromis des démocraties s’est avérée catastrophique. Je fais partie de ceux qui tentent de prendre en compte les douloureux acquis de l’Histoire pour tenter de mieux cerner les crises du Moyen Orient.

Je vous pose une simple question: 

Comment se fait-il que ceux qui avaient prédit  – j’en fais, à mon grand regret, partie et j’eusse sincèrement préféré que l’Histoire me démentisse –  que la politique de compromis israélienne, à savoir les accords d’Oslo, l’évacuation unilatérale du sud Liban puis de Gaza aboutirait à des catastrophes, au renforcement des extrémismes  et à l’intensification du conflit, à ceux-là l’Histoire de ces quarante dernières années a donné raison: avant les accords d’Oslo et la mise en place subséquente d’un autonomie palestinienne sur la bande de Gaza, il n’y avait jamais eu, ou alors exceptionnellement, d’attentat en provenance de Gaza, depuis sa prise de contrôle par Israël en juin 1967.

En 1992, encore, cent mille gazaouis entraient tous les jours en Israël pour y travailler, réintégraient le soir leur domicile tandis que les israéliens  se rendaient quotidiennement dans cette même Gaza pour y effectuer leurs emplettes.

L’évacuation de Gaza par Tsahal, en 1994 a donné lieu, d’un coup, à une transformation de cette enclave en centre de fabrication  de ceintures explosives et d’armes en tous genres qui ont contraint Israël, à la suite d’un cycle de terrifiants attentats, à clore ses portes hermétiquement, au grand dam, d’ailleurs, des entrepreneurs israéliens, et d’y instaurer un »blocus » –  en fait, il ne s’exerce que sur les livraisons d’armes, car le ravitaillement de Gaza en eau, nourriture, matériaux, électricité etc. vient uniquement d’Israël, et non pas de l’Egypte, pourtant associée à ce soi-disant « blocus. » Ceci pour protéger la population israélienne alors que, d’un seul coup, des autobus s’étaient mis à exploser dans le pays… l’évacuation totale de Gaza, après un bref retour de Tsahal, pour endiguer la seconde Intifada, en 2004, a ensuite provoqué la victoire électorale du Hamas, la population palestinienne, soumise à un système culturel, médiatique et éducatif antisémite qui reprend en gros les arguments du nazisme assaisonnés à l’islamisme le plus radical, ayant conceptualisé ce retrait d’Israël comme la preuve de la victoire de ses armes sur Israël, et non pas comme une tentative d’un compromis de celui-ci.

Exactement comme, dans l’entre-deux-guerres, les généraux allemands modérés qui étaient prêts à renverser Hitler dès 1935,  en étaient dissuadés  chaque fois par les incroyables succès du Führer face à une diplomatie occidentale se retranchant dans « l’apaisement. » De même, les compromis d’Israël ont amené la mainmise de l’extrémisme islamisme sur le gouvernement libanais, 40% de son armée s’inféodant  au Hezbollah, classé terroriste en Occident mais dont les ministres siègent officiellement à Beyrouth, et sur le nouveau gouvernement d’union nationale palestinien.

On peut rester sourd à l’histoire, oblitérer qu' »un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre » mais il y a une limite à la cécité absolue et à l’incohérence extrême.

Où l’Occident démocratique, auquel s’intègre, qu’on le veuille ou non, Israël, situe-t-il aujourd’hui cette limite? Au jour où, les passerelles étant innombrables, l’éventuelle bombe iranienne sera passée entre les mains des terroristes du Moyen Orient et où Paris sera à leur portée ?

Vous devriez relire la préface, Monsieur le Député-Maire, de « Hitler m’a dit », de Hermann Rauschning: il s’explique sur la parution tardive de son livre, la meilleure analyse du nazisme, probablement, qui ait été faite jusqu’à nos jours, puisqu’il ne s’était décidé à le publier qu’à l’automne 1939: « avant, personne ne m’aurait cru. » Il y avait pourtant Mein Kampf, paru dès 1925…

Or, les chartes constitutionnelles du Hamas, du Hezbollah, de l’Islamisme en général, notamment iranien, ont peu à envier, sur ce plan, à Mein Kampf…

Dans cette perspective civilisationnelle, où une vague de fond islamiste menace aujourd’hui la paix mondiale et dans laquelle, le peuple et l’Etat juif sont, comme d’habitude, l’arbre qui cache la forêt, la voix des armes seule est certes insuffisante. Il faut également une force spirituelle. Le monde arabo-musulman est actuellement sourd, dans ses profondeurs, à l’argument des droits de l’homme, de la démocratie ou des bienfaits de la laïcité, à de rares exceptions près. Par contre, il reste réceptif à celui de la religion. Pour Israël, s’il veut se faire respecter dans cette région du monde, et ailleurs, un langage  authentique est indispensable: celui qui consistera à dire que cette Terre promise lui a été rendue et que tout le reste n’est que commentaire.

Cher monsieur le député maire, bonnes vacances et, je l’espère, à bientôt.

Cordialement vôtre,

Israël G.