Quand les religieux prennent le pouvoir, ils déclarent parler au nom de l’absolu et s’octroient un droit absolu. Le plus souvent du temps, ils n’ont ni la compétence ni même l’appui populaire, car une fois au pouvoir, les théocraties balisent la pseudo-démocratie de façon à filtrer les élus – lorsqu’élections il y a. Le cas de l’Iran est significatif.

La prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979 a été clamée être une grande victoire contre Satan. Elle a représenté cependant un désastre total pour l’économie iranienne et une caverne d’Ali Baba pour les mollahs iraniens.

Le fait que les mollahs s’octroient les biens de personnes dont le comportement est jugé « non islamique » leur permet de ce faire sans avoir à rendre compte au parlement. C’est ainsi que le consortium Setad dont les avoirs dépassent 100 milliards de dollars a été formé.

Les Gardiens de la révolution possèdent des compagnies qui bénéficient de l’octroi de contrats gouvernementaux tout comme la compagnie de construction Ghorb qui emploie 25 000 personnes ou encore la part du lion du projet de développement du complexe gazier de South Pars estimé à 21 milliards de dollars.

Selon Transparency international, l’Iran occupe la 130e place sur 175 du point de vue de la perception de corruption pour l’année 2015. Qui plus est, les Mollahs ont à leur disposition l’armée privée des Gardiens de la Révolution de près de 125 000 personnes qui est indépendante de l’armée iranienne…

En Iran même, le régime continue de célébrer des victoires qui n’en sont pas. La fin de la guerre irano-irakienne qui fit un million de morts sans gain quelconque ; par dépit et pour détourner l’attention du peuple, le régime des mollahs a exécuté des milliers de prisonniers irakiens. L’accord des 5 + 1 a été conclu après qu’un embargo international implacable ait été imposé à l’Iran.

Le ministre des Affaires étrangères Zarif s’est rendu au Laos pour demander l’adhésion de l’Iran à l’Association des nations du Sud-est asiatique (ASEAN) et s’est vanté à son retour d’une grande victoire diplomatique de l’islam. Dans les faits, sa demande a été reportée à l’an prochain alors que celles du Chili et du Maroc, pays non asiatiques, ont été approuvées.

Le même Zarif a été porté au pinacle en Iran pour avoir fondé l’infrastructure d’une prospérité globale après avoir visité Cuba, la Bolivie, le Nicaragua et le Venezuela et financé une nouvelle institution pour enseigner… l’anti-américanisme.

Depuis 2012, l’Iran attend la réponse à sa demande d’adhésion au groupe de Shanghai créé par la Russie et qui inclut la Chine et les républiques de l’Asie centrale. Enfin, l’Iran qui a organisé des manifestations durant le pèlerinage de La Mecque durant les années passées, manifestations qui ont dégénéré en bousculades faisant des centaines de morts, s’est vu contraint d’accepter des conditions d’isolement des pèlerins iraniens tels qu’il a préféré annuler le pèlerinage cette année.

Mais derrière le gouvernement des mullahs iraniens se trouve un autre organisme auquel ces mullahs sont redevables et qui dicte dans les faits la politique étrangère iranienne. Aussitôt que les islamistes ont assuré leur pouvoir en Iran, le président Banisadr a été démis et les Gardes révolutionnaires iraniens ont pris de plus en plus d’importance.

En 1989, Ils ont soutenu la présidence de Khamenei, l’actuel guide suprême, contre Rafsanjani. Ils ont orchestré l’envoi de dizaines de milliers d’enfants-suicides au front durant la guerre irano-irakienne entre 2000 et 2008. Ils ont organisé des manifestations contre le président Khatami et ont durement réprimé la révolte civile de 2009.

Les Gardiens de la Révolution dictent souvent la politique étrangère de l’Iran : l’armement du Hezbollah qui a dans les faits virtualisé l’autorité du gouvernement libanais, l’armement du Hamas à Gaza et des Houtis au Yémen, sans parler de l’appui inconditionnel au dictateur syrien Bachar Al-Assad. Cet appui a été supervisé par Qassem Soleimani, chef des Gardiens de la Révolution. Ce dernier a envoyé en Syrie des milices chiites, des réfugiés afghans et des chiites du Pakistan.

Et pendant ce temps-là, le peuple iranien souffre des sanctions économiques qui lui sont imposées. Toutes les sanctions n’ont pas été levées après l’accord des 5+1 sur les technologies nucléaires, car celles qui touchent à l’encouragement aux organisations terroristes persistent.

Bien des institutions internationales hésitent à se mouiller en commerçant avec l’Iran de peur que les sanctions ne soient réimposées. La Russie continue à vendre à l’Iran des centrales nucléaires et la Chine a envahi le marché iranien au grand désarroi des artisans et boutiquiers iraniens.

Et pendant ce temps-là, le peuple iranien souffre du manque de liberté ; des centaines de condamnations à mort chaque année sans compter les dizaines de journalistes emprisonnés et intimidés. La population modérée n’a pas droit à la parole.

Et pendant ce temps-là, le peuple iranien souffre de l’indifférence du président Obama lors de la révolte populaire de 2009, contrastant avec les appuis verbaux quasi quotidiens du même aux manifestations du printemps arabe.

Le peuple iranien souffre de la légitimation d’un régime par des accords internationaux, régime qui a fait de l’acquisition de centrales nucléaires sa priorité et son obsession premières alors que l’Iran dispose de 9 % des réserves mondiales de pétrole et de 16% des réserves mondiales de gaz.