Presque 6 semaines de guerre à niveaux d’intensité différents et toujours pas de solution sûre pour la sécurité des citoyens israéliens. Y a t’il un responsable dans les instances dirigeantes ou sommes-nous face à un phénomène qui a surpris nos plus éminents stratèges ?

Il est très difficile de répondre de façon péremptoire à cette question pour la bonne et simple raison qu’aucun d’entre nous – simples mortels éloignés des cercles décisionnaires – n’ont les informations réelles qui permettraient d’avoir une opinion tranchée sur le sujet.

Pourtant, ne souhaitant en aucun cas mourir idiot ni passer le restant de mes jours à bêler face à la lune, j’essaie de faire le tri dans les informations que l’on veut bien nous donner et d’utiliser les quelques cellules grises qui composent le petit pois qui me sert de cerveau.

Les choses étant ainsi éclaircies, c’est donc sans prétention que je me risque à poser le problème de notre stratégie guerrière sans à aucun moment reprocher quoi que ce soit à nos dirigeants et autres responsables militaires.

Il n’est point de mise, ici, de revenir aux origines du conflit, même si cela pourrait justifier mes propos. Partons du moment où Israël a décidé d’accepter un cessez-le-feu et de négocier, via l’Egypte, avec les organisations terroristes qui sévissent dans la Bande de Gaza.

D’aucuns diront qu’Israël a négocié avec l’Autorité Palestinienne et non avec le Hamas, ce à quoi je répondrai que seul un esprit juvénile peut émettre ce type de réflexion. Dans ces négociations, l’Autorité palestinienne n’a jamais mené la barque et s’est efforcé de ne pas se voir écarté des discussions par le Hamas qui respecte les accords de réconciliation uniquement pour ne pas s’attirer l’opprobre de la Ligue Arabe.

Nous nous rappelons les déboires du Secrétaire d’état américain John Kerry qui s’était attiré les foudres d’Israël en allant faire des ronds de jambes en Turquie. Cette réunion en présence du haut représentant du Qatar n’a abouti à rien et pourtant, c’est là qu’Israël aurait dû avoir la puce à l’oreille.

Alors que le Hamas et les autres factions devaient se rendre en Egypte pour négocier un cessez-le-feu, Khaled Meshaal de son côté ouvrait une autre ligne avec les qatari et les turcs en espérant entraîner les américains dans l’aventure.

Cela n’a pas fonctionné, essentiellement parce qu’Israël a refusé ce canal de négociations et s’est rangé aux côtés de l’Egypte. Mahmoud Abbas, sentant que quelque chose risquait de lui échapper, a tenté de se rapprocher des qataris et a même rencontré Meshaal à Doha. Réunion de pure politesse qui a vu rentrer le pauvre Abbas la queue entre les jambes.

Au moment où tout le monde pensait que l’Egypte allait enfin faire plier le Hamas et que l’accord allait être signé dans les heures à venir : coup de théâtre ! Nouvelle violation du cessez-le-feu et retour à la case départ. Que s’est-il donc passé ?

Le Qatar, furieux de s’être vu ainsi écarté de toute mainmise sur les accords, a mis en quelque sorte son véto. Il a signifié à Meshaal qu’il serait expulsé du pays et que les robinets d’or vert seraient fermés si leurs exigences [du Qatar NDLR] n’étaient pas respectées.

Immédiatement le Hamas – ayant reçu des instructions de Meshaal – demande aux Egyptiens qu’un représentant du Qatar fasse partie des équipes de négociations.

Refus immédiat de a-Sissi qui a entraîné une rupture des discussions et un retour à l’escalade guerrière. On est quand même en droit de se demander ce qu’il s’est passé dans la tête du président égyptien à ce moment là…

La raison est toute simple. L’Egypte n’a pas appréciée l’ingérence qatarie lors du renversement de Mohamed Morsi. Les récriminations avaient fusées à l’époque et même si a-Sissi n’en n’avait cure il n’a pas aimé que l’on vienne prendre position sur ce qu’il considérait être une guerre contre le terrorisme. Le Qatar soutenait (et finançait) les Frères Musulmans et tout le monde sait que le Hamas était la branche gazaouite de l’organisation. Morsi au pouvoir en Egypte, s’était pour le Qatar l’occasion de régner en maître au sein de la Ligue Arabe. Avec a-Sissi au pouvoir, l’Egypte reprend ses droits et sa place de choix au sein de la Ligue Arabe puisqu’il est le pays charnière entre le monde Arabe et l’Occident.

Quant à Israël, au lieu de dénoncer auprès des instances internationales la prédominance qatarie dans le financement du terrorisme international, elle a laissé faire allant même jusqu’à laisser le Qatar proposer de financer la reconstruction de Gaza.

Il aura fallu attendre trois longues semaines pour qu’enfin, notre ambassadeur à l’ONU, Ron Prossor, accuse officiellement le Qatar de financer l’armement du Hamas et la construction des tunnels.

Trois semaines pendant lesquelles nous nous sommes laissés promener de cessez-le-feu en barrages de missiles. Trois semaines à subir le dictat du Hamas et l’opprobre international sans oser dire le mot qui fâche et pointer du doigt le réel instigateur de ce conflit sanglant. Trois semaines à attendre que les USA se lancent dans la bataille contre l’Etat Islamique et comprenne que l’Islam Sunnite avait déclaré la guerre à l’Occident.

Vous comprenez à présent pourquoi le Hezbollah et la Syrie ne bouge pas le petit doigt ? Parce qu’ils sont d’obédience shi’ite et que cette guerre n’est pas la leur…

Il est heureux qu’Israël ait enfin dévoilé qui sont les acteurs de ce nouveau plan machiavélique d’Islamisation de l’occident. Car n’oublions pas que la bête a deux têtes : une chi’ite avec pour maître l’Iran et une Sunnite avec pour maître le Qatar.

Pour le moment, ce qui les empêche de se dévorer c’est leur haine de l’Occident et leur volonté d’imposer leurs lois respectives sur le plus grand territoire possible. Quand ils auront fini de se séparer le monde, alors ils entameront la grande guerre de suprématie, l’un contre l’autre.

Bref, jusqu’ici seul Israël ose dire tout haut ce que les autres pensent tout bas et même si c’est un peu tard, il est de notre devoir d’alerter les Nations du monde des dangers qui menacent la planète.

Qatar, Da’ash, Hamas, Boko Haram… Tous sUNNItes !