La plaque commémorant le meurtre d’Ilan Halimi à Bagneux (Hauts-de-Seine) a été profanée et brisée dimanche 3 Mai 2015

Depuis 2006, le « Gang des barbares » est en prison, mais le nom « Barbare » est un titre de gloire et une marque tribale dont s’affublent avec orgueil les caïdats des banlieues et des lotissements français où résonnent les échos des épopées vidéos et autres jeux en ligne reproduisent et exaltent cette culture de la bande, de la tribu, de la razzia et du « petit reste » désespéré.

Aucun syndicat enseignant n’a défilé pour proclamer sa solidarité avec les familles et les enfants victimes des actes antisémites. Aucun organe de presse n’a fait la promotion ni le buzz autour du très beau film d’Alexandre Arcady, « 24 Jours », ni du livre de Ruth halimi qui l’a inspiré. Pourquoi? Télérama, magazine catholique laïc de gauche appelle dans sa critique du film, les auteurs de cest tortures et de ce crime des « petits déinquants ». Pourquoi?

Le terme lui-même « d’antisémitisme », fondu avec le concept de « racisme » est dissout dans l’idée qu’il y aurait une intolérance minoritaire et agressive contre un certain type de minorités que le monde politique lui-même continue de qualifier de « visibles ».

Déjà s’expriment des projets de « fusion » entre tous les génocides dans une sorte de fosse commune memorielle qui réparerait, au nom de l’égalité devant la mort, une « concurrence mémorielle » qui n’existe que parce que la Shoah est remise en cause, le Génocide des arméniens pas unanimement reconnu et celui des chrétiens du Pont et d’Assyrie il y a 100 ans titalement ignoré et jugé sans intérêt idéologique. C’est la négation raciste qui crée le négationisme et l’oubli et l’oubli, et non le negationisme qui crée d’abord le racisme.

La France, qui est la nation la plus métissée au monde, celle où les têtes ont au m2 les teintes, les contenus et les couleurs les plus divers, ne peut pas nier aujourd’hui , dans une désastreuse et lénifiante pensée unique et abrasive pserufo humaniste, ce qu’elle a exalté hier et qui a combattu pour elle.

Contre l’horreur : l’honneur

Juifs, africains de l’ouest musulmans, chrétiens et animistes, spahis, berbères et maures, créoles des îles indiennes et antillaises et slaves de Pologne et de Russie, ont combattu dans ses rangs, ont jailli de ses tranchées, ont bâti ses logements, sa République, sa liberté. Qui pour leur rendre hommage aujourd’hui? Ilan, par leur oubli, est sali. Ilan est mort une fois et nous hante toujours.

Nous n’évoquons déjà plus les noms de Monsonégo, Sandler, Hattab, Il y en a tant..! Pourquoi ceux-là? Non seulement parce qu’ils sont juifs et non parce qu’ils étaient meilleurs, mais parce qu’après eux, avec eux, viennent tous les autres.

Je n’oublierai jamais le regard, la voix, les mots et l’enseignement de « miséricorde » de Fatima Ibn Ziaten mère de Imad, militaire sous-officier francais, marocain, musulman, assassiné par Mohamed Merah en 2012. Les blogs de Times of Israel lui a rendu hommage de nombreuses fois. Je le renouvelle.

Elle est la parfaite contradiction à l’horreur,  l’honneur de la France, l’honneur d’Israël, l’honneur promis à Adam dès sa conception : « L’Eternel Dieu dit: Il n’est pas bon que l’homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui. » (Bereshit ch. 2 :18)

Latifa, comme toutes les âmes et les consciences qui travaillent à relever Adam de sa torpeur, est cette aide qui fait de l’Homme le géniteur de ses semblables, l’épandeur sur le monde du souffle créateur de Dieu, le marcheur de la liberté. Il n’est pas bon que l’Adam soit seul. Il est bon que la Vie soit tirée de sa hanche et qu’ainsi elle le relève.

« Pluralisme et diversité : honneur de la France », grande cause nationale avant 2017?

En 1940, la minorité « visible » était celle des juifs forcés de porter une étoile jaune pour la rendre « visible » aux forces de terreur.

Nommer les minorités « ethniques » ou « de couleur » comme « visibles », comme d’ailleurs de banaliser l’expression « épuration ethnique », inventée par les milices nationalistes serbes dans les années 80-90 pendant les massacres en Yougoslavie, c’est donc intrinsèquement désigner des « minorités » par une implicite accusation.

Ceci est d’autant plus paradoxal que la France ne « reconnaît » aucune minorités qui, dans le laïcisme tendu d’aujourd’hui (à l’image de toutes les autres représentations d’opinions, d’ailleurs) n’est plus de l’indifférenciation, mais de l’aveuglement.

Les projets de nouvelle législation contre l’antisémitisme et le racisme sont d’ores-et-déjà inopérants et inutiles. Ils renverront le vocabulaire en cours sous le tapis pour en faire émerger un autre encore plus insidieux (faudra-t-il que le législateur dresse une liste des mots interdits et dimensionne la « quenelle » avec précision?.. Absurde!), il stigmatiseront les juifs en particulier, en visant le but contraire, et marginaliseront toutes les communauté confessionnelles avec un risque de réclusion sécuritaire et aussi d’appauvrissement culturel et social contraire au principe républicain de subsidiarité des échanges et d’égalité des droits qui ne vaut pas permission de tuer, d’insulter, de profaner, de souiller.

Plus d’une dizaine d’actes de vandalisme et de profanation de lieux de cultes chrétiens ont eu lieu ces 4 dernières semaines en France sans que personne n’en ait publiquement rien su. Le silence des uns tue la parole des autres.

Les rivalités entre communautés, confessionnelles ou non, leurs divisions politiques, l’indifférence des médias qui ne diffusent que ce qui rapporte de l’audience publicitaire ou ne les expose pas à une chambre judiciaire correctionnelle participent en France à la montée du crime et de l’injure racistes et crapuleux comme méthode pour se faire entendre et reconnaitre.

Moïse, Jeanne, Ilan, même combat…

Nous sommes encore dans une société où la démocratie est vivace et où dominent les classes moyennes qui garantissent l’équilibre social et la pluralité culturelle. C’est un équilibre fragile au moment où les risques d’appauvrissement général par la crise économique, la culture idéologique du chomage, la démobilisation éducative et la banalisation matérialiste des croyances sont grands.

Il menace la démocratie, comme c’est le cas en Grèce, et dans tous les pays où les minorités rongées par les crises et l’endettement s’épuisent, où la trame sociale apparait nue sous le tissu usé des diversité et des différences qui en font la substance et la richesse.

La « grande cause nationale » ne doit pas être « la lutte contre l’antisémitisme et le racisme » ce qui est une proclamation négative et dangereuse, mais elle doit être « la promotion de la diversité et du pluralisme français ». J’aurais aimé d’ailleurs, que la fierté et l’honneur d’être français passent avant ceux d’être « Charlie », « juif », « policier », « musulman » ou « chrétien ».. J’aurais aimé que Madame le Pen n’ait pas le champ libre pour en récupérer le symbole.

J’aurais aimé que Jeanne d’Arc ne soit pas laissée par l’Eglise catholique française bégayante aux mains de ses persécuteurs qui n’étaient pas que les anglois, mais qui étaient les mêmes questionneurs harassants qui demandent sans cesse des comptes sanglants aux saints en refusant d’en donner eux-mêmes à leur propre Juge et leur ultime conscience.

Moïse, Jeanne la bergère (comme David), et Ilan Halimi, enfant et maintenant frère des deux : même combat. Même supplice. Même honneur de figurer parmi les vivants.

Dans le fracas des « 30 glorieuses »…

L’autre cause de l’intolérance culturelle en France est la honte et la culpabilité consciencieusement entretenues d’être français. Même les officiers recruteurs de l’Armée de terre, la seule Institution à honorer quotidiennement net courament le drapeau et à connaître la Marseillaise, avouent parfois leur impuissance à faire appliquer les valeurs républicaines auprès d’un nombre grandissant de jeunes recrues. il y a une acculturation de la France qui s’est mise à avoir honte d’elle-même depuis la dernière grande crise pétrolière de 1973-74. C’est aussi la grande guerre israëlienne de Kippour.

C’est le début de l’internationalisation du conflit avec l’OLP, les premiers attentats palestiniens en France, qui sont venus heurter de plein fouet notre dépendance au pétrole et au gaz algérien, laquelle Algérie s’est rappelée à notre bon souvenir avec ses premières poussées islamistes et le développement du banditisme politico-crapuleux dans le sud de la France.

Tout cela est venu percuter le dormeur béat des 30 glorieuses, des années Pompidou, où la France imaginait Beaubourg, achevait le périphérique et le RER, recevait les sommités du monde à Versailles, avait encore pour quelques années un excédent commercial. Le monde lui était en dette et elle vivait davantage de son épargne que de son emprunt. Moins de 300,000 chômeurs… La France s’aimait alors. Elle n’avait que son nombril heureux et replet à regarder. Qui s’en souvient?

Les juifs, comme toujours, sont les premières victimes de cette honte, parce qu’ils sont les premiers porteurs bibliques et initiateurs des valeurs d’Egalité, Liberté, Fraternité. c’est cela, et ce sont ceux-là qui sont en cause aujourd’hui.

Le meurtre d’Ilan Halimi est toujours considéré en France par l’Autorité judiciaire (et donc politique) comme un fait divers raciste et non comme un attentat antijuif qui vise la France, Israël, les juifs, et les français, et donc la culture juive et chrétienne sur laquelle ils sont fondés.

Un trop grand nombre de journalistes français, notamment confessionnel non-juifs, de sommités universitaires et des leaders d’opinion associatifs ou politiques (tous peu ou prou subventionnées par l’Etat via la fiscalité ou les subventions directes), considèrent Israël comme un pays colonisateur, une puissance d’oppression et une tyrannie qui joue sur sa condition de victime du passé pour abuser d’un peuple vulnérable, pauvre et opprimé.

Cette position n’est pas cohérente avec une pseudo lutte « contre » l’antisémitisme, et n’est pas tenable dans la doctrine humaniste rationaliste qui anime la plupart des élites intellectuelles qui ont pignon sur rue. La presse ne relève pas à l’heure qu’il est cet attentat contre la mémoire juive d’Ilan et de la France, et n’a pas non plus relevé les agressions qui ont eu lieu vendredi dans le quartier de la Roquette (Paris XI) par une quarantaine de jeunes salafistes colleurs d’affiches du NPA (extrême-gauche) contre deux juifs du quartier.

Le manque de désignation des cibles terroristes intérieures à atteindre par l’interdit constitutionnel (positif) de reconnaissance des communautés vivant en France, la peur de nommer le mal « ses pompes et ses oeuvres », l’incapacité de nommer et de qualifier les victimes, l’ostracisme dont Israël est l’objet, n’en parlant que dans les tristes jours ou lors de tragédies et jours de guerre, et la pénétration dans l’économie populaire française de puissances arabes ouvertement antisémites et anti-sionistes ouvre une porte à sens unique.

L’application rigoureuse des lois existantes sans en créer d’autres plus sélectives et dangereuses, la suppression du sursis pour les faits d’agression antisémite et racistes et l’obligation de réparation matérielle, et la détection des pages fb et tweets émis depuis le Maghreb (et partant non répréhensibles en France), région dans laquelle le discours haineux public anti-juif n’est ni réprimé ni prévenu, sont les premières mesures à prendre.

Les cartes sont dans les mains des juges, des associations et des journalistes chargés de réécrire l’histoire pour la rendre lisible, intelligible et informante et d’interpréter la loi en la rendant juste, applicable et inaliénable.

Une poignée de trafiquants de stupéfiants caparaçonnés d’islam arriéré, aidés par des politiciens « compréhensifs » adeptes du shoot en salle et du joint légal (qui financent les massacres du Nigeria et d’Irak en les trafics d’êtres humains via la Turquie, l’Afrique de l’Est et la Syrie), d’agitateurs subversifs qui ont leur relais complaisants sur tous les écrans et dans tous les esprits dominés par la cupidité n’auront pas le pouvoir contre la vérité.

C’est elle, et non son masque cynique et ironique qui doit être manifestée boulevard Voltaire, place du Panthéon ou Avenue de la République.

Et la Vérité c’est qu’Israël doit être promu et défendu et la France encouragée à se retrouver dans un effort économique libéré et ouvert aux jeunes, une vie culturelle qui ne soit plus basée sur la construction de Musées et l’exaltation des nostalgies, et la garantie que la pluralité des confessions sera la qualité de leurs représentants, et la probité des autorités chargées d’en garantir l’épanouissement et l’existence.

Dire « Vive la France! », ce devrait être une espérance, un honneur, une déclaration d’amour pour ce qu’Israël reçoit de sa sœur-semblable atlantique et pour ce qu’il lui donne, et pour tous les hommes de bonne volonté et de conscience qui ne se laissent briser ni par la colère ni par la haine ni par la solitude menaçante d’un paradis où Adam n’a ni aide, ni soutien de ses os, ni chair de sa chair.

Que reste vaillante la chair de notre chair et unis les os de nos os!