Alors que les élections approchent à grands pas, Benyamin Netanyahou n’en finit pas d’accumuler les critiques. « Va-t’en-guerre », « arrogant », « extrémiste », « néfaste pour Israel » … On aura tout entendu.

Que ce soit des experts auto-proclamés ou encore d’anciens politiciens ou militaires, il semble faire l’objet d’un mépris, d’un dénigrement assez hors du commun.

On l’accuse de détruire l’image d’Israël dans le monde, d’isoler l’Etat hébreu, de négliger la résolution de la question palestinienne ou encore d’accorder une place démesurée au dossier iranien.

Ni ses initiatives, ni ses mises en gardes, ni ses efforts pour assurer la sécurité d’Israël ne trouvent grâce aux yeux de ses détracteurs.

Pourtant, à y regarder de plus près l’action du Premier ministre apparaît, dans la politique étrangère du moins, nettement plus efficace, cohérente et surtout réussie que les critiques ne veulent bien le croire.

Pour démontrer cela, sur la question iranienne où tant la droite que la gauche n’hésitent pas à blâmer l’action de Netanyahou. Nous verrons en quoi, après une analyse plus poussée, ces critiques n’ont qu’une très faible pertinence.

Cet article n’a pas pour objet de faire l’éloge du Premier ministre encore en exercice, ni de faire son hagiographie. Il a simplement la prétention de lui rendre justice et de rétablir une vérité factuelle qui passe trop souvent au second plan.

On a beaucoup accusé Netanyahou de ne pas assumer ses décisions, d’etre ambigu et de ne pas avoir de convictions marquées. Avec son discours au Congrès, il vient tout simplement de démonter ces affirmations.

Face à l’Amérique, face au monde, il a livré un discours fort qui marquera surement l’histoire. Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.

Lorsque l’Iran aura la bombe, demain ou dans dix ans, et qu’il menacera la stabilité du globe, on se rappellera des mots du Premier ministre israélien :  « Mieux vaut pas d’accord qu’un mauvais accord ». C’est vrai. Au nom de quoi les Etats-Unis et les européens s’arrogent ils le droit de mettre en danger la stabilité régionale et l’existence d’un Etat, Israel ? N’ont ils pas appris de l’histoire, de Munich, de Churchill ?

Je n’aime pas faire appel à des comparaisons parfois non-pertinentes, mais ici elles semblent bien adaptées. L’Iran veut la bombe nucléaire et n’y renoncera pas.

Le Guide Suprême l’a dit, plusieurs généraux l’ont dit et surtout, ils ont sur ce point tout le soutien de la rue iranienne.

Comme l’a expliqué le politologue Mathieu Anquez dans son dernier livre consacré aux ambitions iraniennes, ce souci d’acquérir la bombe se nourrit d’un complexe d’encerclement qui n’est pas récent mais également d’une volonté de l’Iran retrouver la place, le rang plus élevé qui lui est dû parmi les nations.

Cependant, il ne faut pas oublier qui sont les dirigeants de ce pays. Ce sont des mollahs, des partisans d’un islam chiite radical et militant. Ils plaident pour le djihad et ne cachent pas leur haine de l’Occident et des Juifs à travers la détestation d’Israël.

Nul doute que pour défendre ses intérêts et accroitre sa puissance régionale l’Iran semble prêt à se doter et à se servir de l’arme nucléaire s’il le faut.

Avec le régime en place, personne ne peut assurer, ne peut garantir que la bombe ne sera que « dissuasive » et ne sera en aucun cas utilisée.

Netanyahou est un pragmatique. Il sait pertinemment qu’une solution diplomatique serait préférable à l’option militaire. Toutefois, il est conscient de la nécessité pour Israël de s’assurer que Téhéran ne se dote pas de la bombe.

Dans le cas contraire, les rapports de force au Moyen-Orient seraient totalement rebattus et l’Iran aurait tout le pouvoir d’étendre son influence sur la région.

Alors que Damas, Beyrouth, Bagdad et désormais Sanaa sont acquis aux intérêts iraniens, nul doute qu’un pas supplémentaire vers le nucléaire provoquerait une course aux armements néfaste à la stabilité déjà réduite de cette zone. Cela fournirait aussi un nouvel atout à la République Islamique pour peser largement tant sur des problématiques locales (conflit israélo-arabe) que sur des enjeux globaux, notamment sur les cours du pétrole.

Par ailleurs, on a également beaucoup accusé Netanyahou de ruiner la relation israélo-américaine.

Tout cela à cause d’un simple discours ? Tout cela parce qu’il exprime honnêtement et publiquement un désaccord avec le président Obama ?

Excusons-le d’essayer de sauver son pays du fondamentalisme islamique, qu’il soit sunnite ou chiite. La relation israélo-américaine est forte.

Les liens entre les deux pays sont inébranlables et ce n’est pas le récent incident diplomatique qui les bouleversera. Il faut rappeler que l’administration s’est ingérée dans la politique israélienne en soutenant le Camp sioniste de Herzog et Livni à travers le groupe V15. Ca n’est par conséquent qu’un juste retour du bâton pour l’administration américaine.

Ainsi, la portée du discours du Premier ministre israélien sera surement historique. Non sur le fond, mais surtout sur la forme car c’est bien un véritable avertissement aux grandes puissances qu’Israel ne se laissera pas faire comme la Tchécoslovaquie en 1938.

Malgré ce qu’a affirmé Meir Dagan, l’ancien chef du Mossad, Netanyahou agit. En coulisse, car c’est son rôle qui l’oblige mais aussi parallèlement sur le terrain grâce aux services de renseignement.

Et lancer cet avertissement par des mots plutôt que des armes, demeure tout à l’honneur de Netanyahou.

Sauf qu’il y a un moment où les mises en garde ne suffiront plus et où l’action sera peut-être indispensable.

Espérons qu’Obama et le monde comprennent cela rapidement.