Le vote de cette résolution est très symbolique mais très attendu au palais Bourbon ce mardi. Il s’agit d’une résolution non contraignante invitant la France à reconnaître un Etat Palestinien.

Cette idée de deux Etats est conforme au droit international et à une résolution des Nations Unies de 1947.

Un vote positif du Parlement enverrait un signal fort aux Israéliens et aux Palestiniens de bonne volonté qui souhaitent deux Etats vivant côte à côte et dans la sécurité.

En Israël, le « camp de la paix » ne trouve plus de débouchées politiques face à un Netanyahu sous pression d’un électorat nationaliste et/ou religieux. Ce camp de la paix, composé de citoyens, d’ONG, d’universitaires, de diplomates, de politiques, de militaires et de responsables des services secrets se sent abandonné. Abandonné à l’intérieur par la gauche israélienne, abandonné à l’extérieur par les Etats-Unis et par l’Europe qui n’ont jamais pu relancer le processus de paix initié dans les années 90.

Côté palestinien, il faut consolider l’autorité de Mahmoud Abbas. A cause de la colonisation, le président palestinien ne contrôle qu’un quart de la Cisjordanie, le Hamas contrôle Gaza et l’OLP est toujours sous la pression des groupes terroristes, Hamas ou Djihad islamique.

En France, les adversaires cette résolution expliquent que ce n’est pas le moment. C’est le cas de Nicolas Sarkozy, relayé au Parlement par Christian Jacob, c’est le cas aussi du député socialiste Armand Jung, président du groupe d’amitié France-Israël pour lui, « il ne faut pas jeter de l’huile sur le feu » après les attentats barbares qui ont visé des juifs à Jérusalem. Monsieur Jung craint que cette résolution ne soit contre-productive mais cette logique cela donne alors un rôle-clé aux terroristes. Tant que vous frapperez il n’y aura pas d’initiative, il n’y aura pas d’initiative politique, voilà le message subliminal.

Autre argument, porté par certains opposants à droite : la résolution serait dangereuse pour la séparation des pouvoirs, ce n’est pas au législatif de dicter sa conduite à l’exécutif. Etrange raisonnement quand l’on se souvient que les résolutions parlementaires sont issues de la réforme constitutionnelle de 2008 initiée par Nicolas Sarkozy.

Tout à l’heure, au moment de voter, les députés seraient bien inspirés de ne pas penser à leur électorat, ni même à leurs concitoyens : il ne s’agit pas d’envoyer un message aux juifs et aux Musulmans qui vivent en France, de nationalité française ou pas ! Il s’agit d’un message de la représentation nationale aux responsables israéliens et palestiniens et aux partisans de la paix.

Ce serait aussi l’amorce d’une offensive diplomatique européenne après que les Parlements de Suède, du Royaume Uni et d’Espagne ont voté des textes similaires.