Sur sa page Facebook, Dominique Vidal menacerait Francis Kalifat, président du CRIF, de procès dans un texte intitulé : « Jusqu’où ira Francis Kalifat ? »

Le journaliste et historien revient, dans une tribune au « Monde » où avait écrit : « Non, l’antisionisme n’est pas un délit », sur ce qu’il appelle « amalgame du président Emmanuel Macron » lors de la cérémonie du 75e anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv de 2017 et explique pourquoi antisionisme et antisémitisme ne peuvent pas être assimilés.

L’antisionisme est le nouvel habit de l’antisémitisme

Pour Francis Kalifat : Dominique Vidal, dans sa tribune publiée dans « Le Monde », ce dernier affirme que l’antisionisme n’est porteur d’aucun antisémitisme et qu’il serait même un courant de pensée, je veux dire combien sa lecture des débats du
monde juif du début du XXème siècle est non seulement un anachronisme dangereux mais aussi une naïveté coupable !

« L’antisionisme et le complotisme sont aujourd’hui indissociables de la haine des Juifs à travers l’Europe. Ces deux dimensions structurant l’imaginaire antisémite contemporain qui ne doivent être négligées, surtout s’il s’agit de comprendre comment s’opère le passage à l’acte violent, comme ce fut le cas dans les affaires Halimi et Mireille Knoll ».

Arguments appuyés par le Président de la République Emmanuel Macron qui avait estimé devant le premier ministre israélien que l’antisionisme était le « nouvel antisémitisme » : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » avait-t-il ajouté.

Historique

Au 6e sommet islamique (Djeddah juillet 1975), la Syrie et OLP sont parvenues faire adopter une résolution appelant les
membres de l’ONU et autres organisations internationales à agir pour exclure Israël des organisations internationales pour avoir transgressé la charte des Nations Unies et manqué d’appliquer ses résolutions.

Se rendant compte de la menace que cette démarche faisait peser sur les chances d’aboutissement de sa nouvelle politique de rapprochement avec Israël, l’Egypte qui avait dû s’associer à cette résolution s’employa en empêcher cette adoption dans d’autres forums internationaux notamment devant le sommet de l’OUA de Kampala 28 juillet-août 1975 et à l’Organisation des Etats non alignés de Lima en août 1975.

C’est cet échec qui conduisit URSS et les pays arabes à mettre en oeuvre une stratégie alternative à défaut pour exclure Israël des organisations internationales. Sa légitimité même serait la mise en cause par une condamnation du sionisme qui en constituerait le fondement et la raison d’être.

Le terrain avait d’ailleurs déjà été préparé pour l’application de cette stratégie par la résolution adoptée la Conférence
internationale de la femme tenue à Mexico sous les auspices des Nations Unies pour inaugurer la décennie de la femme en juillet 1975.

L’extrême-gauche et depuis quelque temps l’extrême-droite constituent des foyers supplémentaires d’antisionisme dont
l’activité se manifeste surtout dans le domaine du Boycott. Ils reprennent, renchérissent et diffusent les thèmes et slogans
émis par les deux foyers principaux. Cette propagande a non seulement contribué à déblayer le terrain des inhibiteurs
antisémitismes mais elle a aussi contribué à mettre en place et à diffuser une nouvelle idéologie anti-juive.

Donc, l’antisionisme contemporain est égal à l’idéologie antisémite du passé avec la même tendance à généraliser, à englober les Juifs dans une même catégorie, à les juger et les condamner sur des mêmes schémas et stéréotypes.

Et depuis cette résolution de 1975, la condamnation du sionisme est devenue un véritable rituel de nombreuses organisations internationales accaparant une bonne partie de leur temps au point de parfois même en paralyser les activités.

Mais l’affirmation selon laquelle l’antisionisme est distinct de l’antisémitisme est souvent partagée par certains Juifs et que par conséquent, elle ne saurait être antisémite selon Dominique Vidal.

Vérité historique et courage politique

Le nouvel antisémitisme » qu’est l’antisionisme, est devenu l’un des piliers idéologiques non seulement des islamistes à l’offensive, mais aussi de la gauche radicale : des pro-palestiniens maoïstes arborant le keffieh, aux justiciers de Nuit debout faisant une large place au stand anti-Israël BDS (« Boycott, Désinvestissement, Sanctions ») et aux élus d’extrême-gauche défendant les islamistes comme autant de « nouveaux damnés de la terre ».

Les néo-féministes puritaines ne sont pas en reste quant à elles, contre le « mâle blanc » harceleur et violeur par définition, allant parfois jusqu’à défendre le port du voile au motif que la libération des femmes aurait été promue par des occidentales de puissances colonialistes.

L’anti-judaïsme, puis l’antisémitisme traversent l’histoire de l’Europe comme celle du monde arabe. Ils s’y sont traduits, des siècles durant, par des discriminations, des expulsions et des massacres.

La critique d’Israël et de sa politique n’est pas une expression d’antisémitisme, pour autant qu’il soit jugé à la même aune que les autres Etats. Or, il arrive assez souvent que la critique des actions du gouvernement israélien prenne la forme d’une condamnation globale et définitive d’Israël.

Ci-joint le discours intégral du Président du CRIF.