Dans les deux premiers articles de cette trilogie, j’ai tenté d’expliquer la naissance du peuple d’Israël, et cette particularité qu’il a de vivre le même scénario, tragico-glorieux, à travers l’histoire et la géographie…

L’explication « horizontale », purement « mécaniquement humaine » de l’article précédent, peut suffire pour certains à comprendre la notion d’ « indissolubilité » du peuple juif parmi les nations, qui est assurément une des bases de l’antisémitisme.

Mais une explication plus « verticale », présente dans le monde spirituel, immatériel, est aussi un élément déterminant à prendre en compte. Si l’on veut traiter cette question de façon la plus exhaustive possible.

Alors, pourquoi Israël et pourquoi l’antisémito-sionisme ?

Dans la Kabbalah, il existe la thèse que l’antisémitisme est parfaitement indissociable de l’existence d’Israël, et que tant qu’Israël existera il y aura de l’antisémitisme/sionisme… Jusqu’à la venue du Messie!

Et cela pour deux raisons principales :

1) L’antisémitisme participe à la démonstration du caractère unique de ce peuple. Les antisémites sont obnubilés par Israël, au point d’en faire un peuple à part. En le rendant responsable de tous les maux du monde, ils le distinguent de fait des autres peuples et nations, même si c’est sous une forme de singularité négative.

Participant en cela, à l’insu de leur propre volonté au dessein Divin, à « l’élire » et à reconnaître son influence (pour eux néfaste) au sein de l’Humanité….

2) L’antisémitisme pousse Israël à demeurer toujours vigilant, sur le qui-vive. Et en cela, il le force à se renouveler sans cesse, à toujours s’améliorer et à ne jamais s’endormir sur ses acquis….

Ce manque de tranquillité, autant physique que moral, serait un aiguillon, un éperon pour obtenir la meilleure expression de la vitalité du peuple d’Israël…

Entendons nous bien ! Je ne cherche pas à enjoliver l’antisémitisme. Mais puisqu’il semble être partie insécable de l’identité juive, je cherche à  façonner ses tristes démonstrations afin d’en tirer profit, et à utiliser son énergie macabre contre lui-même.

Un peu comme l’on tire profit d’un manque lorsque l’on parvient à le sublimer, ou comme un défaut bien maîtrisé qui peut se révéler aussi utile qu’une qualité.

Donc, si comme le dit la Kabbalah l’antisémitisme est inséparable de l’existence même d’Israël, on aura beau dire ou faire, il ne disparaitra pas.

Et toutes les tentatives d’explications, de justifications ou de « mise en conformité » d’Israël ne serviront à rien d’autre qu’à convaincre ceux qui sont déjà convaincus, mais certainement pas à changer l’avis de ceux qui font de l’antisémitisme leur priorité.

Alors, doit-on s’en accommoder ? Doit-on essayer de le combattre, ou bien s’en désintéresser ?

Pour dire franchement, en tant que juif, je me fiche de savoir si je suis aimé ou détesté, craint ou respecté…. 

Tant que l’on ne s’en prenne pas à moi, à nous, de façon violente ou destructrice. Et je suis même pour attaquer le premier en cas de danger imminent.

J’ai tendance à penser qu’il vaut mieux focaliser nos efforts à être forts, bien armés et toujours prêts à se défendre contre ses démonstrations violentes, voire à les anticiper, pour les éradiquer.

Et plutôt que d’inutilement tenter de donner une bonne image de nous-mêmes, nous concentrer sur le sempiternel combat qui nous oppose à lui, sans coup férir et sans états d’âme culpabilisants…

A mes yeux, une chose est sûre. Depuis que le peuple d’Israël a retrouvé sa terre ancestrale, les juifs à travers le monde entier, sont plus en sécurité. Et l’on peut dire que même si l’antisémitisme ne baisse pas en importance et en intensité, sa violence est de mieux en mieux contenue.

C’est donc que nous sommes dans la bonne direction… Ce dont je ne peux que me réjouir….

Bien sûr, cette explication spirituelle ne peut séduire que ceux qui croient en Dieu, à l’élection d’Israël et à son destin de Le servir sur terre.

Pour les autres, ceux qui se posent honnêtement la question de « Pourquoi Israël », aidés en cela par les philosophes qui ont parfois apporté des réponses convaincantes, ils peuvent évidemment la récuser et refuser l’idée même de l’élection d’un peuple… Quel qu’il soit!

Tout de même, il reste deux énigmes qui ne trouvent pas d’explications rationnelles, et cela même si on ne croit pas en Dieu ou si l’on croit en plusieurs dieux. Ces énigmes sont les suivantes :

1) Pourquoi est-ce le peuple qui a apporte au monde le monothéisme, qui est justement le seul qui conserve la même foi depuis l’antiquité ?

2) Pourquoi après avoir plusieurs fois frôlé l’anéantissement est-il revenu à chaque fois plus fort qu’auparavant ?

Je serai très reconnaissant à ceux qui ont une explication (a part celle de l’élection de ce peuple) de me la faire partager. Je serai heureux de confronter mes idées avec tous ceux qui voudront bien le faire, et serai tout autant heureux d’apprendre quoi que ce soit sur ce sujet…

Je suis non seulement preneur, mais demandeur. Et je me tiens au service de ceux qui, comme moi, sont curieux de cette question et de ses possibles réponses…