Dans le récit biblique, faute à une famine en terre de Canaan, dix des douze fils de Jacob-Israël descendirent en Egypte à la demande de leur père, pour y acheter du blé. Le douzième fils, le plus jeune Benjamin, demeura auprès de celui-ci.

Benjamin est le seul vrai frère de Joseph (le onzième fils), issu de la même mère, Rachel, qui mourut en le mettant au monde. Et c’est la raison pour laquelle Jacob refuse de le laisser aller en Egypte.

Quant à Benjamin, frère de Joseph, Jacob ne le laissa pas aller avec ses frères, parce qu’il se disait: « II pourrait lui arriver malheur. » (Genèse 42-4). Il croit Joseph mort, et ne veut pas encourir le risque de perdre aussi le désormais unique survivant du côté de Rachel.

Joseph, quant à lui, après avoir été vendu comme esclave et annoncé comme mort par ses frères, vit désormais en Egypte. Egypte dans laquelle, après maintes épreuves, il est parvenu à devenir très influent pour avoir rendu de grands services, qui ont su trouver grâce aux yeux du pharaon.

Etant parvenu à interpréter les songes énigmatiques des sept vaches maigres qui mangent sept vaches grasses et des sept épis maigres qui mangent sept épis gras, il fut chargé par ce même pharaon (qui le nomma seigneur de toute l’Egypte) de gérer les conséquences pratiques qui découlent de la signification de ses rêves.

Pour avoir bien mené l’opération, sauvé l’Egypte et largement enrichi le pharaon, Joseph fut généreusement récompensé par le souverain, qui lui proposa d’accueillir sa famille afin qu’ils vivent en leur sein, en y occupant les meilleures terres :  » Le pays d’Egypte est devant toi; fais habiter ton père et tes frères dans la meilleure partie du pays » (Genèse 47-6)

Au début, les choses se passent bien, ils réussissent à s’y intégrer et même à s’y enrichir. Ils s’accoutument parfaitement, et y vivent des jours heureux. Joseph et Jacob sont même morts en Egypte, et y furent embaumés à la manière égyptienne, en signe de respect. 

Toutefois, bien que très imprégnés de la culture locale, ils ne renoncent pas à leurs propres traditions. Comme celle de se faire enterrer en terre de Canaan, auprès de leurs ancêtres, comme le souhaiteront et Joseph et Jacob : « Là on a enterré Abraham et Sarah, sa femme ; là on a enterré Isaac et Rebecca, sa femme ; et là j’ai enterré Leah ». (Genèse 49-31)

Tout se passe bien, jusqu’à ce que ce Pharaon finisse par mourir, et que d’autres viennent le remplacer. Dont un qui ne connaissait rien des raisons qui amenèrent ses prédécesseurs à se montrer si généreux avec ces étrangers qu’il trouve trop nombreux, trop influents et trop riches…

Comme il est écrit dans la Torah : « il s’éleva sur l’Egypte un nouveau roi, qui n’avait point connu Joseph. Il dit à son peuple: Voilà les enfants d’Israël qui forment un peuple plus nombreux et plus puissant que nous » (Exode 1- 8/9). 
Il décide donc, par souci de « préférence nationale », de les asservir et d’en faire des esclaves au service des égyptiens…

Esclavage qui durera plus de deux cent dix ans, jusqu’à Moïse et la sortie d’Égypte.

Et c’est ainsi que, comme une sorte d’avant-première de la suite de leur destin, commencent pour les enfants d’Israël l’étrange lien qui les unit aux non juifs, depuis les Pharaons d’Égypte jusqu’à nos jours .

Il est très curieux que ce récit augure parfaitement des relations que les juifs entretiendraient avec la plupart des nations (principalement en Europe et dans le monde arabo-musulman) durant toute leur histoire.
Comme si ce que raconte la Torah, écrite il y a plus de 3000 ans, imprègne leur destin sans qu’ils aient de possibilité d’y échapper.

Le récit sur Joseph parabole la place d’Israël parmi les nations… 

Le scénario peut se résumer ainsi : Les Juifs arrivent dans un pays, souvent démunis après en avoir quitté un autre, et s’installent parmi la population indigène.
Dans les premiers temps, ils ne dérangent pas trop, même si leurs coutumes sont étranges, car ils sont peu nombreux.

Mais plus ou moins rapidement, leur différence, leur singularité, leur refus d’adopter d’autres croyances que les leurs, et aussi leurs capacités à comprendre un système et à en tirer des avantages, finissent par les rendre indésirables auprès des autochtones.

Un crescendo dramatique qui se déroule comme suit :
1. Juifs, vous ne pouvez pas vivre avec nous dans ces conditions ( Trop riches, trop influents, trop dominants). On baisse leur statut. Esclaves en Egypte, privés de certains droits et interdits de certains métiers dans l’Europe moyenâgeuse, et dhimmis en Terre d’Islam..
2. Juifs, vous ne pouvez pas vivre avec nous.  On les fait partir. Expulsions provoquées ou imposées, dépossessions de leurs biens. Et enfin…
3. Juifs, vous ne pouvez pas vivre. On les accuse de tous les maux avant de les condamner, de les assassiner, voire tenter de les exterminer, surtout en Europe et aujourd’hui dans l’Iran actuel.

Le bouc émissaire parfait… Il en va ainsi depuis le séjour en Egypte.
La volonté finale (au début, il ne voulait pas laisser sortir les Juifs, mais il fut forcé de le faire) qu’avait eue un Pharaon de détruire ce peuple, s’est adaptée, au fil des siècles, jusqu’à devenir la solution finale voulue par Hitler…

Aujourd’hui, après la Shoah, les Juifs sont moins en danger dans les démocraties modernes, voire dans les quelques dictatures ou régimes théocratiques dans lesquels ils vivent encore, comme l’Iran, le Maroc ou Cuba.
Il n’est plus très bien vu d’être antisémite et des lois punissent les violences physiques… Alors,en aurait on fini avec l’antisémitisme ?

Ce serait oublier la re-naissance d’Israël…
L’antisionisme remplace l’antisémitisme ! Antisionisme qui est parmi les peuples démocrates ce que l’antisémitisme est parmi les peuples fascisants.

Sous couvert de désaccord politique, on porte au pays Israël la même haine que l’on vouait à son peuple. Et le même schéma se retrouve, avec les mêmes accusations :
1. Israel ne peut pas vivre avec nous dans ces conditions. Trop puissant, trop influent, il domine grâce aux américains, etc…

2. Israël ne peut pas vivre avec nous. Il n’est pas légitime, il a volé la terre des palestiniens (peuple sans passé, inventé pour la circonstance), il ne respecte pas les lois internationales…

3. Israël ne peut pas vivre. Il doit être rayé de la carte, pour régler les problèmes du Moyen-Orient, voire du monde.

Et nous revoilà, plus de 3 000 ans plus tard, revivant le sempiternel scénario, si bien illustré dans la Torah par le récit de Joseph…

Je ne dis évidemment pas que tous les états du monde pensent cela, ni tous les peuples qui les habitent, mais si l’on s’en tient aux dernières enquêtes menées sur le sujet, une majorité plus ou moins importante selon les pays, le pense.

Même parmi ceux qui s’honorent d’être des démocraties, ou le soi-disant « antisionisme » peut s’exprimer publiquement, sous couvert de liberté d’expression…

Alors, qui est responsable de cet étrange état de fait ? Pourquoi les Juifs ne se fondent ils pas dans les nations ? Est-ce eux qui cherchent les ennuis et sèment la haine partout où ils vont ? Est-ce les autres peuples qui ne les comprennent pas, ou les jalousent ?

Ce sont ces questions sur les quelles je donnerai mon point de vue dans les deux articles suivants de : Pourquoi Israël ?