Nos Maîtres ont enseigné :
« ...Abraham, notre père, avait une fille. Son nom ? Esther. »
« ...Esther, c’était ‘Fille d’Abraham notre père’, qu’elle était. »

Les Maîtres veulent nous faire comprendre que tous les attributs qu’Abraham aurait souhaité voir en sa fille, les attributs de la femme Abrahamique idéale, se retrouvent dans Esther.

Pourim

La fête dédiée à Esther le 15 du mois de Adar. Pourim est une fête de joie, qui nous demande de célébrer le Divin renversement, du Mal en Bien, par le récit de la rédemption miraculeuse de toute une communauté qui, le Texte nous dit, s’étendait « … de l’Inde jusqu’à l’Afrique… ». Esther est l’héroïne de cette histoire. Son vrai nom est Hadassa. Comme de nombreuses femmes en exil, elle est appelée par un nom étranger.

Ce nouveau nom, Esther est Perse. Il provient du mythe Perse de
Ishtar et Marduk, qui est une version du principe Isis-Osiris égyptien.
Aïcha est la version arabe du même nom égyptien « Aishet ». Hadassa Esther Ishtar avait préservé sa culture et son identité au milieu de la Perse antique. Le peuple de Esther sont appelés Juifs, Yehoudim, depuis l’Inde jusqu’en Afrique.

C’est un peuple disperse qui déjà à l’époque d’Esther utilise de nombreuses langues, dont les variantes de l’Araméen, comme la langue Haoussa, les langues Amazigh, parlées de Djerba au fleuve Niger, le Tigray et le G’ez en Ethiopie, et même déjà la langue arabe au Yémen. Dans ce peuple il y a des gens de toutes couleurs de peau.

C’est une femme de ce peuple provenant d’Abraham le nomade, le Grand berger de troupeaux, qui devient Reine de Perse et parvient à épargner des millions d’innocents d’un complot mondial conçu contre eux. C’est par ses attributs de femme qu’Esther sauve son peuple, comme Sarah sauva autrefois son ancêtre Abraham de Pharaon et de Abimelek : en se sacrifiant.

Car comme le récit de Pourim nous le fait voir, ainsi que Sarah et Abraham ont dit être frère et sœur pour se sauver et préserver les générations futures, Esther et Mordechaï firent de même, et gardèrent leur lien familial secret pour sauver les générations présentes. Donc fille d’Abraham, dans le sens où Esther dut traverser les mêmes épreuves que ses ancêtres à son échelle. Mais aussi fille d’Abraham, dans sa mission au monde, qui manifeste le message du D.ieu Unique à l’humanité entière.

Ceci est témoigné par l’unité entre humains reflétant l’Unité du Créateur Divin quand ceux qui croient en son Unicité s’unissent, se joignent en prières. Par intervention miraculeuse ils voient comment les décrets contre eux sont renversés, l’obscurité devenir lumière, les jours de pleurs changer en jours de joie.

Esther aujourd’hui

La femme en exil est sujette à des attaques permanentes, elle est prise de force, contre son gré en otage, par la mentalité de l’exil. Elle doit changer son nom, évoluer dans un espace qui ne prête aucune attention aux nuances de sa culture originale.

Pour cet environnement, qu’elle vienne de la tribu de Benjamin ou de Judah n’a aucune importance. Pour eux, ils sont tous appelé Juifs. Pour une femme, qu’elle soit Peule ou Mossi, Malinke ou Yorouba n’a aucune importance aux yeux du milieu européen, elle est pour eux une Noire comme les autres Africaines.

Lutter pour préserver toutes ses nuances, est pour la femme en exil, une bataille de tous les jours. Ne pas être comprise et acceptée, selon ses propres termes, c’est sa réalité quotidienne. Cependant, elle doit se souvenir des signes qui sont en elle et autour d’elle, car elle a une mission, celle de sauver sa nation de l’oubli, et de la destruction que l’oubli annonce.

La femme est un être responsable et conscient, qui sait qu’aussi haut qu’elle parvienne dans le système de l’exil, elle doit toujours se rappeler que c’est pour cette mission de sauver les siens que le Ciel l’a faite parvenir à ce point, et non pas pour sa gloire personnelle. En ce titre elle mérite d’être appelée Reine.