Depuis quelques jours la presse ne parle que du « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » signé par 250 élus de tous bords, d’intellectuels et de personnalités religieuses.

Il est intéressant que les imams signataires sont presque tous de la mouvance « Chalghoumiste » et nous ne voyons aucun membre du CFCM. J’espère que les journalistes demanderont au CFCM pourquoi personne de chez eux n’a signé ce manifeste.

Je ne vais pas disséquer sur ce manifeste mais le terme « épuration ethnique » employé dans ce texte me semble exagéré. En effet, la définition d’une épuration ethnique est : « élimination systématique et violente d’un groupe ethnique par un autre groupe ». En employant ce vocable, les signataires stigmatisent un groupe en le généralisant. C’est exactement ce que veulent les extrémistes de l’Etat islamique ou de Daesh.

Ecrire des manifestes, c’est bien mais il est temps de passer à autre chose, c’est-à-dire à agir.

Ceux qui doivent agir sur les dérives de l’Islam sont les musulmans eux-mêmes et la République a le devoir de les aider.

Ente 1806 et 1807, Napoléon demanda aux notables juifs de répondre à 12 questions. Suite aux réponses, les Juifs furent intégrés à part entière dans la communauté française.

La loi de 1905 fut un combat entre la religion catholique et l’Etat Français. Grace à cette loi, les ecclésiastiques perdirent de leur pouvoir et tout Chrétien comprît quelle est la place de l’Eglise dans la Nation.

Depuis déjà quatre générations, une nouvelle communauté avec ses us et coutumes s’est implantée en France : la communauté musulmane. L’Etat doit, comme elle l’a fait avec le Judaïsme et la Chrétienté, établir des règles avec la religion musulmane.

L’Etat doit modifier la loi de 1905

Le culte musulman, doit être inséré dans la loi de 1905 afin qu’il respecte toutes les règles de la République

Le statut de l’Imam

Tout d’abord le statut de l’imam doit être clair. Comme le rabbin ou le prêtre, il doit obéir aux mêmes règles.

Le mariage religieux

Ainsi l’article 433-21 du Code pénal dispose que « Tout ministre d’un culte qui procédera, de manière habituelle, aux cérémonies religieuses de mariage sans que ne lui ait été justifié l’acte de mariage préalablement reçu par les officiers de l’état civil sera puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. » Ainsi tous les imams devront refuser de célébrer un mariage religieux avant d’être sûrs que les époux se soient mariés à la mairie.

Le régime d’assurance chômage

Les ministres du culte ne sont pas liés par un contrat de travail et, en conséquence, ne bénéficient pas du régime d’assurance chômage (Circulaire UNEDIC 67-28 du 27-11-1967). Ils ne doivent donc pas y cotiser. Tout comme les rabbins et prêtres, les imams ne devraient pas recevoir d’indemnité chômage en cas de licenciement

L’interdiction de l’islam politique

La loi de 1905 en son article 26 est claire : « Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l’exercice d’un culte. »

Les imams doivent faire respecter les lois de la République

Toujours dans la loi de 1905, son article 35 est très clair à ce sujet :

« Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile.

L’Islam doit se modifier

Une école des Imams digne de ce nom. De nos jours, presque tous les imams reçoivent une formation à l’étranger. Cette situation est inexplicable 4 générations après les premières migrations vers la France. L’imam du 21eme siècle doit se trouver parmi les enfants de la République et doit être formé dans un institut français ou européen car nous observons que :

– L’ingérence étrangère gangrène notre paysage religieux. On assiste d’une part à une concurrence entre les mosquées de diverses origines et d’autre part à une récupération politique de la foi musulmane.

– La laïcité est l’un des principes fondamentaux de notre République. C’est un principe auquel les Français sont attachés et c’est une particularité Française qui permet à chacun de garantir sa liberté de conscience et de religion. Mais c’est bien parce que la France est une exception dans ce domaine que les leaders religieux doivent être formés en France pour comprendre ce qu’implique la laïcité.

– Les cours de cet Institut devront être en langue française, sauf pour l’étude des textes religieux afin que les futurs imams puissent dans le futur puissent prêcher en français.

– La communauté Musulmane a par tradition l’habitude d’aménager sa vie et ses pratiques sociales à travers des « directives » (Fatwas) émises par des « Docteurs de la Loi » (Savants) qui interprètent les textes et leurs applications dans le Monde Moderne. Aujourd’hui les médias importent des jurisprudences issues des cultures et de civilisations totalement différentes et qui mettent en opposition conduite religieuse et citoyenneté. L’Islam de France doit donc être capable de produire des recommandations permettant au Musulmans de France de pratiquer leur foi dans le respect des règles de la République.

Les futurs imams devront :

– Décrypter les sites Internet de Daesh

– Expliquer que les écrits des sites incriminés sont contraires à la loi musulmane

– Répondre aux questions de jeunes sur le djihad

Les Musulmans doivent avoir le courage de critiquer certains pans de l’Islam

Exiger des Fatwas des dirigeants musulmans français

La majorité musulmane silencieuse condamne les extrémistes.  Condamner les actes terroristes est bien mais ce n’est pas assez.  Cette majorité doit exiger des Institutions musulmanes de France qu’elles lancent des fatwas contre le terrorisme car sinon il sera trop tard

Nous devons aussi tous ensemble redessiner les contours du dialogue inter religieux

Beaucoup parmi nous essaient de faire avancer le vivre ensemble mais nous constatons que cela ne marche pas toujours.

Depuis maintenant une vingtaine d’années nous observons que le dialogue inter religieux passe par les instances religieuses, c’est-à-dire par les rabbins, imams ou prêtres.

Les dignitaires religieux oublient dans leurs différents dialogues que plus de 55% des européens ne se reconnaissent pas dans les religions révélées.

Ils discutent des heures ensemble, philosophent, comparent les textes, se disent des amabilités mais…c’est un échec.

Echec, car aucun de ces dignitaires religieux n’a de lecture critique de sa religion. Pour eux la religion est un dogme.

Le dogme religieux est dangereux car il impose, n’admet pas la vérité de l’autre et pense avoir raison sur tout.

Tel qu’il est enseigné de nos jours, le dogme religieux ne permet pas aux fidèles d’arriver à une spiritualité. Ainsi, si nous mettons une assiette de jambon devant des jeunes juifs et musulmans, ils nous diront que ce plat n’est pas cachère ou halal. Mais lorsqu’on leur demandera pourquoi le jambon n’est pas cachère ou halal, il n’y aura pas de réponse à part : « C’est écrit dans le texte ». Ne pas manger du jambon, c’est la religion ; savoir pourquoi, c’est la spiritualité.

Le but de la religion est justement d’être le codex pour arriver à une spiritualité. C’est pour cela que Rabbins, prêtres, imams doivent changer leur logiciel pédagogique.

Je sais que changer n’est pas chose facile ne devenons pas le serpent mourant de Nietzsche « Le serpent qui ne peut changer de peau, meurt. Il en va de même des esprits que l’on empêche de changer d’opinion : ils cessent d’être esprit. »