Chers Amis,

Nous avons l’habitude d’associer la fête de Pessah à une aspiration portée par le judaïsme, et par toutes les nations, celle de la liberté.

La sortie d’Egypte est la preuve qu’une espérance forte trouve son accomplissement si les hommes lui offrent un contenu réel.

Le passage du statut d’esclave à celui d’homme libre est un rêve qui nous a accompagnés durant toute notre histoire.

Chacune des grandes fêtes du judaïsme se réfère explicitement à « la sortie d’Egypte », ce moment où nous nous sommes forgés une identité au-delà des souffrances partagées.

Comment se souvenir de cet événement fondateur ?

Depuis 3500 ans, nous avons une liturgie de la transmission autour de la table familiale qui nous donne la possibilité de faire revivre les évènements, de nous remémorer et non pas simplement de commémorer, notre asservissement et notre libération.

Nous sommes ainsi capables de nous échapper de tous nos asservissements contemporains car nous bénéficions de l’expérience de nos aïeux.

La célébration de Pessah autour de la table du Séder, avec en main la Haggadah de Pessah, est un symbole de la solidarité, comme nous y invite expressément la Haggadah : « Que celui qui a faim vienne et mange », induisant cette réflexion : comment célébrer la fête de la liberté, si nous n’en avons pas les moyens matériels ? Ou pire, si nous n’offrons pas cette liberté à ceux qui en sont privés ?

En cette fête de Pessah, puissions-nous tous sortir de nos Egyptes et vivre pleinement notre devise: liberté, égalité, fraternité !

Quel plus beau message après les douloureux événements survenus en France ! La société française s’est massivement mobilisée le 11 janvier dernier.

Elle doit aujourd’hui plus que jamais poursuivre ce formidable élan de tolérance et de réenchantement du vivre-ensemble.

Pessah cacher ve saméakh, joyeuses fêtes.

(Texte destiné au Centre Communautaire de Paris + dépêche AFP)