L’éditorial du dernier numéro de Marie-Claire ne connait que le 7 janvier 2015 (Charlie) et le 11 janvier (la manifestation). Policière de Montrouge et Juifs assassinés à Vincennes sont des « autres ». Maladresse, banalisation, bêtise ou révélateur de la réduction du Mal au seul monde journalistique ?

Un éditorial qui va de Charlie à la République, sans passer par Montrouge ou Vincennes

Dans sa dernière édition, Marianne Mairesse, rédactrice en chef, signe un éditorial sur la liberté d’expression et le terrorisme. Voici sa conclusion.

« 7 JANVIER 2015 Une partie de l’équipe de « Charlie Hebdo » est assassinée, ainsi que d’autres hommes et femmes, brigadier ou agent de maintenance. Et d’autres. Plus tard. Sidération. Colère. Désolation. Impossibilité d’accepter ces morts qui ont pensé, dessiné, défendu la liberté et son pouvoir jusque quelques minutes plus tôt.

AUJOURD’HUI . DIMANCHE 11 JANVIER 2015 Je rentre de la manifestation, indécemment forte de ressentir l’humanité dans ce qu’elle a de plus touchant et de plus vénérable : le rassemblement, la fraternité. La liberté est profonde, ontologique à la France et à son histoire. Implacable. Beaucoup en ont pleuré.

Liberté. Je la vis, je l’éprouve, je la défendrai, nous la défendrons toujours à Marie-Claire »

Les « Et d’autres » sont morts pour leur liberté d’exprimer leur judaïsme

Je suis moi aussi choqué par cette phrase « Et d’autres ».

Les 4 otages assassinés venaient simplement faire leurs courses dans un magasin casher. Ils étaient nés juifs. Leur liberté était celle de vivre Juifs et de manger casher.

Pas de stylo, pas de crayon, pas d’article à l’humour décapant.  Simplement des halots, du vin, quelques aliments pour fêter le shabat.

Ne méritent-ils que l’oubli d’un amalgame dans les «autres » ? La policière de Montrouge est-elle aussi une « autre » victime ?

Où alors est-ce « normal » de mourir quand on est un juif ou un policier ?

Ce qui choque Mme Mairesse est l’atteinte à la liberté d’expression.

L’atteinte à la liberté de vivre sa foi n’est-elle pas aussi une atteinte à la liberté d’expression ?

Mais peut-être ne faut-il pas heurter la liberté d’expression des lectrices de Marie-Claire ? Ces juifs n’ont pas publié dans la presse. Ils n’étaient connus que de leurs familles et de leurs amis.

Mais depuis ce 9 janvier que Mme Mairesse oublie, leurs photos et leurs funérailles à Jérusalem sont dans nos esprits.

edito marie claire

Un forum interactif bien muet

Les Juifs de Vincennes, ces autres anonymes pour Marie-Claire, n’ont même pas droit à une réponse aux interpellations des lectrices dans le forum.

Ce forum est à votre disposition ici.

La tartufferie de Mme Mairesse voudrait au minimum des excuses, un mot de solidarité avec les victimes.Cachez ce Juif que je ne saurais
voir ?

Les familles viennent à peine de sortir de la période des 30 jours de deuil, elles sont encore dans leur douleur et dans l’incompréhension.

Ces « autres » sont des martyrs de l’indifférence des médias et des politiques à l’égard de l’islamisme radical et de l’antisémitisme banalisé.

Un organe de presse comme Marie-Claire, si connu et si vendu, a sa part de responsabilité dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Ces « autres » morts du seul fait d’être Juifs à Toulouse ou Vincennes ne méritent-ils pas une ligne dans un éditorial ? Un dossier dans une édition de Marie-Claire ?

 

Allons Mme Mairesse, entre deux publicités pour des sacs de luxe et des cosmétiques, quelques mots pour dénoncer l’assassinat de ces « autres », les nommer et nommer le mal qui les a tués, le terrorisme islamiste ?

Un petit effort si simple, relisez votre phrase avec l’ajout de quelques « autres » mots  :

Sidération. Colère. Désolation. Impossibilité d’accepter ces morts qui ont prié pour Dieu et pour l’Humanité, acheté des aliments casher, parlé d’Israël et de la France, défendu la liberté de vivre Juif en France  jusque quelques minutes plus tôt…