Au lieu de la représentante d’une dynastie politique d’extrême droite, c’est un Président jeune, déterminé, et au profil hors norme qui a été élu, déjouant ainsi tout les pronostics. Une recomposition politique est désormais à l’œuvre, elle peut être la réponse aux nombreux défis auxquels notre pays et l’Europe sont confrontés.

En ne voulant pas s’engager, les électeurs qui ont opté pour l’abstention, le vote blanc ou nul ont accepté le principe que d’autres décident pour eux. Désormais, pour être en adéquation avec leur choix, ils n’ont d’autre alternative que de se soumettre au verdict des urnes : Emmanuel Macron Président.

Que penser alors de certains de nos concitoyens qui dès le lendemain de l’annonce des résultats, contestent déjà une politique qui n’a pas encore été mise en œuvre, sous le prétexte fallacieux que ce n’est pas leur candidat qui a été élu. Etrange conception de la démocratie !

Que penser également des leaders politiques qui ne se sont pas clairement déterminés pour le seul choix républicain possible, Emmanuel Macron. Ils ont grandement entamé leur crédibilité politique et leur légitimité dans la lutte contre le FN.

Il n’y avait aucune grandeur à attendre, lors du deuxième tour des élections présidentielles, dans l’appel au Ni Ni – Ni Le Pen, Ni Macron. Il n’y a pas d’avantage de programme, ni de perspective d’avenir dans un slogan vide de sens. Si ces élus restent sur cette position, l’histoire de la France risque désormais de s’écrire sans eux.

En cette période de grands troubles, une large majorité de français est en attente d’un renouvellement profond de la vie politique, avec la fin des affrontements stériles entre la droite et la gauche et une ouverture à la société civile.

Il semble que le message ait été entendu par deux anciens Premiers Ministres, à droite, avec Jean-Pierre Raffarin, et à gauche, avec Manuel Valls, et bien d’autres qui appellent à donner une majorité présidentielle à Emmanuel Macron pour conduire les réformes attendues et lutter de manière unie et concertée contre le terrorisme. Car sans sécurité, la croissance économique est illusoire.

Quant au FN, en suivant le dernier débat des présidentielles avec les gesticulations théâtrales, les effets de voix et le manque de professionnalisme de Marine Le Pen, on était en droit de s’interroger sur sa volonté réelle d’accéder à la magistrature suprême.

Mais au-delà, en n’ayant atteint aucun de ses objectifs, dépasser la barre des 40% ou se donner une stature présidentielle, comment peut-elle être crédible désormais en principale représentante de l’opposition, faisant en cela concurrence à Jean-Luc Mélenchon, même en réformant le parti d’extrême droite ?

Si l’on a à cœur l’avenir de la France, il ne suffit pas de se référer à un héritage historique ou de souhaiter de manière polie le succès du prochain quinquennat, mais de tout faire pour y contribuer. Et ce n’est trahir personne que de l’affirmer. En ces temps incertains, il n’y a plus de place pour les querelles de politique politicienne qui minent le pays.

Le raz de marée bleu marine n’a pas eu lieu. Cela ne tient qu’à nous, française et français, élus, comme électeurs que cela ne se produise jamais !