Durant l’opération  » Bordure Protectrice  » (Juillet – Août 2014), ont été divulgués à l’opinion publique israélienne, les rapports des médias sur les nombreux cas de tirs du Hamas depuis les infrastructures de  l’UNRWA – l’office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Moyen-Orient –, autant de lieux qui étaient censés être neutres au conflit : écoles, cliniques, bureaux, abris et refuges humanitaires.

Il a également été découvert dans les bureaux de l’Agence, un véritable arsenal, des bombes et des roquettes du Hamas, des armes qui cyniquement mettaient en périls la vie des Palestiniens tributaires des services de l’Agence.

Au sujet du lien existant entre l’Agence et les activités anti-israéliennes en général et terroristes en particulier, les services de sécurité israéliens ont accumulé un grand nombre d’informations au cours des années, y compris durant les opérations précédentes, « Colonne de Nuée » et « Plomb durci ». Particulièrement dans la bande de Gaza,  depuis que le Hamas a pris le contrôle en 2006, l’agence est devenue un bras du Hamas qui emploie un grand nombre de membres de l’organisation terroriste.

Il est fort probable qu’avec l’établissement du nouveau gouvernement à Jérusalem, le cycle des  discussions sous la médiation des États-Unis, de l’Europe et de l’Egypte reprendra avec au programme les revendications  « à long terme » du Hamas, celles des plus difficiles à réaliser.

Elles seront renvoyées, comme une noix trop difficile à casser à une date ultérieure, comme à titre d’exemple la création d’un port maritime, la libération supplémentaire de prisonniers palestiniens ou l’ouverture complète des points de passage ;  Israël répondra en exigeant la démilitarisation totale de Gaza et un contrôle étroit et effectif sur l’entrée des marchandises et des dons.

Toutefois, il semble que ce soit le moment et le lieu pour Israël d’émettre une exigence des plus importantes, et qui n’est pas totalement nouvelle: au regard des preuves décisives détenues par les services de sécurité israéliens et portant sur la corruption morale de l’Agence des réfugiés palestiniens et sur son existence entachée par une activité terroriste significative, il convient de mettre fin aux activités de l’UNRWA en Cisjordanie et à Gaza.

On peut  voir dans la détermination de cette exigence et à cette occasion, un encouragement considérable  de relance du processus entamé suite aux Accords d’Oslo (et arrêté) : processus visant à mettre fin aux opérations de l’UNRWA en Cisjordanie et à Gaza, et à transférer sa direction à l’Autorité Palestinienne.

Une telle revendication d’Israël a de grandes chances d’être entendue à l’heure actuelle, dans la mesure où elle constitue un intérêt commun pour Israël, l’Autorité Palestinienne mais aussi pour  les pays médiateurs, l’Egypte, l’Europe et les États-Unis.

Avec en toile de fond la volonté des médiateurs d’affaiblir le Hamas et leur détermination principale (déjà exprimée dans le passé) de transférer une partie des dons faits annuellement à l’UNRWA à l’Autorité Palestinienne, tout en renforçant son leader Mahmoud Abbas (Abou Mazen), perçu aux yeux du monde politique international comme un pragmatique modéré. Il n’est pas à exclure qu’il puisse résulter de cette initiative un affaiblissement du Hamas tel qu’il permettrait à l’Autorité palestinienne de reprendre le pouvoir sur la bande de Gaza.

La mise en œuvre d’un tel processus représenterait un pas des plus significatifs au sein de la tendance à long terme d’Israël et des autres autorités de politique internationale, à mettre fin au mandat spécial et irrégulier donné à l’UNRWA pour le traitement des réfugiés palestiniens de 1948 – mission dans laquelle elle échoue depuis plus de 65 ans.

Comme nous le savons, l’UNRWA a préféré au fil des ans provoquer Israël – par des activités  politiques et des actions de soutien au terrorisme – plutôt que d’œuvrer à solutionner la détresse des réfugiés, leur établissement et leur naturalisation dans leurs pays d’origine et à contribuer ainsi à la résolution du conflit.

Par conséquent, il faut voir dans la situation générée par l’opération « Rocher puissant »  l’opportunité d’une reprise de l’initiative de révocation de l’activité de l’UNRWA à Gaza et en Cisjordanie, et il se peut, une étape sur la voie de sa révocation dans les autres pays dans laquelle elle opère.