Marine Le Pen est aux portes du pouvoir. Son parti, le Front National conduirait la France à la catastrophe : sortie de l’Union européenne, retour au franc, fermeture des frontières, repli, division. Le programme de Marine Le Pen appauvrirait les Français et confisquerait leurs libertés.

En tant que Français juifs, notre devoir est de nous mobiliser à notre niveau : voter et convaincre. Au-delà du front républicain, citoyens de gauche, de droite et du centre, nous devons prendre conscience que voter Emmanuel Macron, c’est voter pour la liberté et pour la protection.

Le débat du 3 mai a bien montré les divergences fondamentales entre les candidats. Alors que Marine Le Pen veut se présenter comme une protectrice de la communauté juive, il serait irresponsable de ne pas rappeler les faits et déconstruire son discours.

Le programme de Marine Le Pen est liberticide. Cette dernière prône une vision dénaturée de la laïcité, proposant ainsi d’interdire l’abattage rituel et s’opposant aux menus alternatifs dans les cantines.

Interrogé par la chaîne i24 news, Gilbert Collard déclarait à ce sujet : « Le principe de laïcité devra s’appliquer pour avoir une laïcité apaisée pendant un temps ». Devrions-nous en déduire que la consommation de viande cacher est contraire à un objectif d’apaisement de la société française ?

Marine Le Pen entend également interdire le port de tous les signes religieux dans l’espace public, et par là même le port de la kippa dans la rue.

Pourtant, la laïcité, telle que définie par la loi du 9 décembre 1905 est avant tout une liberté : celle de croire ou de ne pas croire. La loi organise le libre exercice des cultes tout en prévenant les atteintes à l’ordre public. Jamais le port de la kippa ni l’abattage rituel n’ont constitué un trouble à l’ordre public.

L’exigence de neutralité ne concerne que l’Etat et les services publics, et non les citoyens dans leur sphère privée. En cela le programme du FN contredit et tord le sens de la loi de 1905.

Le Front national est l’héritier d’une idéologie opposée à la tradition des Lumières françaises en mettant fin au droit du sol, pourtant inscrit dans le Code civil depuis le XIXe siècle. Cette vision étroite de la nation, reposant sur le droit du sang est omniprésente dans le programme de la candidate Le Pen.

Cette dernière, refusant toute forme d’identité plurielle, souhaite interdire la bi-nationalité extra-européenne. En février dernier, interrogée sur France 2, elle déclarait vouloir « demander aux Juifs français de renoncer à leur double nationalité israélienne » car « Israël n’est pas un pays européen ».

Une fois élue, Marine Le Pen interdirait ainsi l’alya. Rien de tout cela dans le programme d’Emmanuel Macron, qui n’essentialise pas les Juifs de France et tient une position mesurée sur la situation d’Israël. Ce dernier inscrit la diplomatie Française dans la continuité du dialogue entre les parties et de la recherche d’une solution à deux états.

Sa position est loin d’être immobiliste, il a même affirmé sa détermination de « revenir sur le vote de l’UNESCO » sur Jérusalem, qualifiant avec justesse la résolution d’octobre 2016 niant le lien historique entre les Juifs et le mont du Temple de « faute historique ».

Parce qu’Emmanuel Macron préservera les libertés, et que la première des libertés est la sécurité, ce dernier garantira avec fermeté la protection des Français.

Alors que Marine Le Pen prétend protéger le territoire national en engageant 5 000 gardes-frontières pour garder les zones frontalières françaises, Emmanuel Macron propose un véritable plan de lutte contre le terrorisme. Le renseignement français verra ses moyens renforcés et s’inscrira dans une coopération européenne et internationale.

Le candidat d’En Marche s’est également engagé à préserver le dispositif Sentinelle, indispensable à la protection des lieux de culte, mais également à la pérennité de la vie juive en France.

Le grand rabbin Haïm Korsia a appelé à voter Emmanuel Macron, car c’est l’unique option nous permettant de préserver nos libertés et notre mémoire en tant que citoyens, et en tant que juifs.

Face au parti de Marine Le Pen dont les cadres sont ouvertement négationnistes, il importe de perpétuer le devoir de mémoire. Jean-Marie Le Pen affirmait que les chambres à gaz étaient un « détail de l’histoire ». Dans la droite ligne de cet héritage, Marine Le Pen prétend aujourd’hui que la France « n’est pas responsable de la rafle du Vél’ d’Hiv’ ».

Que voulons-nous transmettre ? Le FN n’a pas changé, et continue de bafouer l’histoire et la mémoire. Demain au pouvoir, le FN bafouerait nos libertés et faillirait à nous protéger.

Alors mobilisons-nous ! Dimanche 7 mai, votons Emmanuel Macron.