Voici une nouvelle qui vient de faire le tour du monde : il est dangereux de se promener avec une kippa en France.

Oui en France, le pays des droits de l’homme pour ceux qui ont oublié ! Ah oui, nous sommes en 2016 …et non…vous ne rêvez pas.

Je dois avouer être partagé sur la question, j’ai surtout du mal à comprendre ce qui est nouveau. Quand je me suis inscrit à l’école juive, la première règle était de porter la kippa à l’intérieur de l’établissement, la seconde était de l’enlever une fois que nous quittions l’enceinte (qui était une forteresse il faut l’avouer). C’était une règle de sécurité élémentaire, une règle de survie dans le quartier peu propice dans lequel était située l’école, près de la gare du midi à Bruxelles.

Qu’y a-t-il de nouveau ?  Il y a  un juif qui s’est fait attaquer à la machette par un gamin inconscient aveuglé par la haine dans les rues de Marseille.

Ça n’était pas arrivé à Toulouse en 2012, ou à Bruxelles en 2014, ou à Paris en 2015 ?

Quoi de nouveau ? Pourquoi ce scandale ? C’est un acte ignoble je ne le discute pas mais pourquoi maintenant ce tollé ?

Les juifs pratiquants le savent très bien, il est dangereux de se promener avec une kippa en Belgique et en France. Cet acte, considéré comme une provocation attirera, regards désobligeants et insultes dans le meilleur des cas et ce que nous venons de voir dans les rues de Marseille dans le pire des cas.

Porter une kippa, c’est prendre un risque, le risque de porter son judaïsme comme une croix, dans cette vieille Europe où l’acceptation et l’intégration de l’autre à décider de faire une croix sur les juifs.

Il y a un an la France était Charlie mais n’était pas juive. Elle ne le deviendra pas. Je ne peux donc pas apporter mon soutien à cet élan hypocrite du port de la kippa massif en signe de solidarité avec la communauté juive. C’est un mensonge.

Porter la kippa est une démarche personnelle, qui indique qu’au delà de notre appartenance à un peuple nous avons fait le choix de marcher sur le chemin de nos pères,  celui de la tradition et de la sagesse. C’est un engagement et un travail de tous les jours. Porter la kippa c’est porter notre héritage.

Si vous souhaitez continuer sur cette voie, c’est une voie de garage qui vous attend en Europe.

Être juif et l’affirmer est la plus belle chose qui me soit arrivé.  Chaque matin je me lève et remercie le ciel. Je sors travailler avec ma kippa sur la tête mais ça ici, personne ne le voit… car je suis ici chez moi.