C’est aujourd’hui que le mouvement BDS-Turquie (Boycott Désinvestissement Sanctions, la réponse citoyenne et non-violente à l’impunité de la Turquie) a été porté sur les fonts baptismaux.

L’invasion de la région syrienne du Kurdistan par l’armée d’Erdogan est la énième manifestation sanglante de l’oppression du peuple kurde par le régime de plus en plus totalitaire d’Ankara, qui ne cesse de qualifier de terroristes tous ceux qui lui résistent et que tous les démocrates appellent, au contraire, combattants de la liberté.

Un régime qui refuse d’envisager la moindre évolution vers l’indépendance kurde, d’ailleurs appuyé en cela par les régimes syrien et irakien et indirectement par le régime de Vladimir Poutine.

L’intervention des chars turcs sur le territoire kurde, qui rappelle notamment les heures les plus sombres du stalinisme et du post-stalinisme soviétiques, représente un nouvel épisode d’une politique que l’opinion mondiale ne peut continuer à entériner.

D’où cet appel à un vaste mouvement de boycott de la Turquie, déjà coupable de la négation radicale du génocide arménien en vigueur depuis l’époque d’Attaturk, sans oublier l’annexion de la moitié de Chypre, ce territoire occupé au sein même de l’Union européenne, même s’il n’est jamais qualifié de tel.

Les pionniers du mouvement BDS, ne visant naguère qu’Israël, ont décidé de mettre sur pied diverses autre branches de celui-ci. Le boycott de la Russie, coupable de crimes de guerre en Syrie, mais aussi en Crimée et en Ukraine, serait, selon certaines sources bien informées, à l’étude.