Le 22 Mars 2012, j’avais publié une tribune dans ActuJ après les massacres de Merah à Montauban et Toulouse. Nous étions des milliers dans les rues de France… Déjà.

Je n’espérais pas écrire une suite à cette tribune. Plus Jamais ça ? Et si, hélas, CA s’est renouvelé, à Paris contre Charlie, à Montrouge contre une policière, à Vincennes contre un HyperCasher.

Et maintenant ? Se dire que c’est fini ? Que ça ne se reproduira plus ?

Je n’y crois plus, je disais hier à des amis qu’à 52 ans, j’ai déjà trop pleuré et trop manifesté dans les rues de Paris ou de Toulouse : Copernic, Goldenberg, Ilan Halimi, Sandler et Monsonégo, et maintenant Hyper Casher. 11 janvier 2015, encore une manifestation, la dernière ?

Il y a quelques mois à peine, même lieu, même type de cérémonie à la Synagogue de la Victoire, 3 bougies allumées pour Eyal, Gilad et Naftali.

Hier, 17 bougies, alors ? Plus jamais ça ?

Tribune parue dans ActuJ le 22 Mars 2012

Plus jamais ça ? Et pourtant …

Je suis malade de voir en boucle ces images sur ces enfants et ce professeur lâchement assassinés par un tueur méthodique à Toulouse.

Je suis malade de voir à la TV mes amis d’enfance et mes rabbins pleurer et prier à la mémoire des 4 âmes de 4 à 30 ans.

Plus jamais ça ?

Et pourtant, mon père soldat de l’Armée Rouge Russe puis soldat de la Haganah s’est battu pour « plus jamais ça ». Ma mère a passé son adolescence de ghetto en cache dans les campagnes de Pologne et me répète « plus jamais ça ».

A 50 ans bientôt, j’ai vu et manifesté pour Copernic, la rue des Rosiers, Carpentras, Ilan Halimi et maintenant Toulouse.

Et je me suis dit bêtement « plus jamais ça », pour moi, pour ma famille, pour mes enfants et futurs petits-enfants.

Et voilà que ce 19 mars 2012, « ça » recommence, une fois encore. Un tueur en série, froid et professionnel dans son délire d’exécuteur, abat un homme et ses enfants, tue d’une balle dans la tempe une fillette qu’il a attrapée par les cheveux. Comme un Nazi dans le Ghetto, « ça » recommence.

Et ce 19 mars en soirée, j’ai prié à la synagogue de Nazareth et marché dans les rues de Paris, pour que « plus jamais ça ».

Mais je n’étais pas seul, j’étais avec mes enfants pour qui je prie que  « plus jamais ça », et quel leurs futurs enfants n’aient pas aussi à crier « plus jamais ça ».

Et pourtant, « ça » a recommencé, et « ça » peut revenir, car Amalek est toujours vivant…

 

Soyons vigilants, soyons dignes, soyons rassemblés, soyons forts.

Baroukh Dayan Haemeth.