Tenir un blog est finalement une tâche bien plus ardue qu’il ne me semblait auparavant.

Ce n’est pas tant que les sujets manquent ou que l’envie d’écrire n’est pas présente. Bien au contraire. Mais justement la foule de sujets qui me passionnent connaissent des développements si rapides qu’il faudrait être en permanence sur son écran et surtout dépasser en célérité le mouvement hystérique imposé par tous les moyens de communication.

Finalement il n’est plus possible de s’arrêter sur une nouvelle et de prendre le temps de s’y attarder pour la décrypter et l’analyser que déjà le centre d’attention médiatique est déjà porté sur une autre nouvelle.

Et le degré d’importance importe peu. Ce qui compte c’est le scoop. Et de passer à la prochaine nouvelle.

Non pas que je déplore le système actuel et que je fasse preuve de nostalgie passéiste, loin de là. Mais je me questionne sur le bien-fondé des opinions de chacun dans un monde ou l’accès à l’information est devenu si rapide et si varié. Également sur la maîtrise des informations et des conséquences à long terme qu’elles portent en elle. Or lorsqu’il s’agit de se dépêcher de passer à la prochaine nouvelle, le questionnement et la réflexion n’ont plus leur place.

Prenez aujourd’hui par exemple.

Israël a accordé le statut de réfugié à des orphelins syriens avec placement dans des familles arabes israéliennes et promesse de statut de résident permanent dans 4 ans.

Les pro-Israël voient dans cette démarche une preuve supplémentaire du caractère libéral de cet État mais ils sont les seuls à en parler dans les médias occidentaux.

Pourtant cette nouvelle mérite de s’y attarder. D’y réfléchir. Et de se pencher sur les conséquences à long terme.

Il s’agit tout de même d’un précédent inédit dans l’Histoire de l’Humanité. Un pays en état de guerre avec son voisin décide de recueillir des orphelins originaires du pays ennemi et à terme de les intégrer dans sa société. Donc des enfants qui nécessiteront un soutien important et une attention particulière, des enfants qui ont grandi dans l’idée que les Juifs et Israël ont pactisé avec le Diable et sont responsables des malheurs du monde. À commencer par celui de leur pays.

Ce geste, qu’on le salue ou le condamne, est inédit et démontre en effet l’ouverture d’Israël.

Mais au-delà de cette ouverture, quelles sont les conséquences à long terme ?

Cet exemple illustre à merveille mon propos car de façon inhérente à la nouvelle elle-même, les conséquences à long terme méritent une minute de réflexion car il s’agit d’enfants. Des individus en devenir. Des individus qui portent en eux le futur.

Or Israël est un pays qui a toujours misé sur le futur et sur les générations à venir. Ces enfants en seraient-ils une énième démonstration ?

Il est permis de pencher pour cette explication car aujourd’hui, n’en déplaise aux chancelleries occidentales et aux bien-pensants, le véritable obstacle à la paix entre Israël et les palestiniens ne réside pas dans la construction d’extension des territoires acquis lors de la guerre de 1967 (territoires occupés), mais bien dans l’éducation à la haine.

Et cette éducation n’est pas le résultat d’une quelconque colonisation puisqu’elle trouve son origine bien avant 1967.

Lorsque des auteurs d’attentats suicide sont élevés au rang de héros nationaux, que les cartes d’Israël sont inexistantes dans les manuels scolaires, que des programmes jeunesse à la télévision glorifient les martyrs du djihad et vilipendent régulièrement les Juifs, l’arrêt de toute construction dans les colonies ne changerait rien au fait que des générations de Palestiniens grandissent avec la haine de leur voisin.

Alors peut-être que ces jeunes Syriens élevés eux aussi aux poncifs antisémites se montreront reconnaissant aux citoyens du pays qui leur a octroyé une seconde chance, une seconde vie.

Peut-être que ces enfants devenus adultes sauront être des ambassadeurs de paix dans le monde arabe et lui faire accepter l’inévitable : les Juifs sont retournés sur leur terre ancestrale et ils n’en repartiront pas.

Souhaitons alors que les autorités israéliennes aient pris la mesure de leur responsabilité et que ces enfants soient bien encadrés, bien traités par leurs familles d’accueil et surtout tenus à l’écart de toute propagande haineuse.

Élever un enfant est la plus grande des responsabilités. À l’échelle d’un État et a fortiori dans ces conditions, élever un enfant est un devoir.

Mais je suis consciente qu’à l’heure où je publie ces lignes, une autre nouvelle est sortie qui éclipse celle qui m’invitait à y réfléchir.