« La justice française ne se sera plus une justice qui tue » ; ces mots ont été prononcés par Robert Badinter alors Garde des Sceaux.

Cet enfant de la République, fils d’un juif Moldave déporté par les nazis, naturalisé français par décret, prononça, en ce 17 septembre 1981, le plus beau des discours que ce triste XIXe eu la chance d’entendre.

Ce cri, celui de l’Abolition universelle, raisonne dans le coeur des abolitionnistes car nous sommes convaincus que le « Rasoir-National » n’est et ne sera jamais une solution. Ce cri, pour l’Abolition universelle, raisonne dans mon coeur de croyant, car je ne cherche toujours qu’à m’incliner devant la grandeur du Pardon.

Dans un monde où le combat abolitionniste tient la main du combat pour le triomphe de l’Humanité face à la Loi du Talion ; Israël, terre d’espoirs et de modernités, ne peut que détonner en remettant au goût du jour le débat sur la peine de mort.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est dit favorable à réactiver l’applicabilité de la peine de mort dans l’arsenal juridique israélien en l’étendant aux actes terroristes ; une telle proposition, au-delà de nous faire horreur, doit nous faire réfléchir sur les terribles conséquences de son application.

Avec la peine de mort vous ferez des terroristes palestiniens des « Martyres sur Ordonnance de Justice » ; chaque peine capitale prononcée par Ordonnance de Justice Israélienne sera une graine lancée dans le ciel qui fera éclore demain, l’espoir d’un nouveau martyr.

Avec la peine de mort c’est tout Israël qui sera condamnée par la communauté internationale. Un tel recul ne peut être sans conséquence pour un pays démocratique qui n’aspire qu’à s’inscrire pleinement dans le concert des nations civilisées.

Avec la peine de mort c’est la faillite morale d’un peuple qui est mis à jour ; c’est la victoire de la Loi du Talion, c’est la victoire du « toujours plus », c’est la victoire du « demain je me vengerai ».

La peine capitale n’est là que pour assouvir les plus bas instincts de l’Homme. Cette terrible pulsion, que même les animaux n’ont pas, doit nous faire horreur. Souvenons-nous des mots du Général de Gaulle lors des terribles épurations sauvages de la Libération ; « Ne faisons pas comme eux, car nous deviendrions comme eux. »

La peine de mort est une faute politique car elle est contre-productive. Jamais la peur de la mort n’empêchera un terroriste déterminé à tuer des innocents de passer à l’acte.

La Justice est cette femme aux yeux bandés ; elle ne voit pas les crimes ni les passions humaines mais tranche au nom de son peuple et de l’Interet Général.

Chaque mort israélien nous emplit de tristesse et de colère mais peut-on répondre au sang d’une victime par le sang de son bourreau. La peine de mort offrira, si le terroriste survit à son arrestation, la tribune d’un procès et la décision des juges deviendra un tract politique qui sera distribué dans les rue de la Bande de Gaza.