J’assiste, impuissante, à la quasi-impossibilité de voir la paix se profiler dans cette partie du monde, cette région qui m’est si chère et fait couler tant de sang et d’encre.

Je me suis mise à rêver, à penser, puis à être pratiquement sûre qu’il existe une voie, toute en nuances et en rêves qui peut et a vocation de relayer le politique: la culture, l’art sous toutes ses formes qui amène des gens que leurs gouvernants empêchent (quel budget pour la culture dans tous les régimes, même les plus démocratiques !) face à celui des armes ?

L’ego super-dimensionné toutes époques confondues ne s’y trompe jamais: autodafés en tout genre, auteurs mis au pilori et brûlés…) à se rapprocher les uns des autres et à créer les uns avec les autres.

Il y a quelques semaines, je suis allée voir « Bethleem » film réalisé par l’israélien Yuval Adler sur une écriture du palestinien Ali Waked.

Ce n’est pas le plus grand film israélien réalisé à ce jour mais l’un des premiers où sans effort, je me suis mise à la place de chacun des protagonistes, des deux côtés.

Ce n’est pas rien, quelque chose a bougé en moi. Certes ce sont des sensations fugitives. Il faut y revenir encore et encore.

Toujours au cinéma, “Dancing in Jaffa », ce documentaire de Hila medalia, orchestré par Pierre Dulaine, palestinien-britannique, qui tient le pari de faire danser des enfants issus des trois communautés (juive-chrétienne et musulmane).

Un de mes chanteurs préférés en Israël, David Broza, oeuvre inlassablement, avec son art au rassemblement des deux peuples par sa musique.

Il a composé des chansons en ce sens qu’il a chanté avec des palestiniens (« Belibi », avec Wisam Murad). Son action se poursuit avec une très belle initiative que je vous invite à regarder:

En France aussi, des initiatives généreuses voient le jour : à Paris, deux jeunes femmes talentueuses, par exemple, Ines et Kenza sont les créatrices d’un festival israélo-palestinien : « Pèlerinage en décalage », au mois de mai.

Je parle de ce que je connais mais il existe partout des projets, des idées réunissant des gens de bonne volonté qui veulent tenter le pari de réunir les peuples par ce qu’ils ont de meilleur et qui est à la portée de tout un chacun.

Quel risque à agrandir leur nombre, si ce n’est celui de rendre le monde un peu plus fréquentable ? Certes, ce n’est pas la panacée et il n’est guère utile de me taxer de douce rêveuse ou d’utopiste.

Je ne cherche pas à remplacer le politique ou la légitime défense par l’art.

Je vois simplement que des gens existent des deux côtés d’un mur qu’on cherche à nous rendre infranchissable qui veulent tout simplement la même chose et qui l’expriment par les seules armes qui soient réellement utiles.