J’ai lu Charlotte. Comment peut-on lire un prénom, un nom, une anonyme sans pseudonyme.

Il suffit de lire Foenkinos, l’homme-auteur qu’on adapte sans cesse sur grand-écran.

Toute en délicatesse, il évoque les souvenirs, d’un passé noirci par une époque révolue, bien que nazie. Il plante le décor dans une Allemagne qui ne connaît pas l’âge d’or et s’éprend de la déprime d’une famille juive.

C’est un roman absolument pas confidentiel, il s’arrache comme des petits pains, et se dévore comme un trésor.

Comme des milliers de francophones, je me suis précipitée sur cet ouvrage bien écrit, à l’allure biographique, tout découpé comme une frise chronologique. L’intrigue n’est pas comique, tout est destiné à écouler un liquide lacrymal à tendance nostalgique.

C’est pesant, c’est couvert de névroses, sur une histoire mortifère. Ce livre n’agit tout de même pas comme un somnifère, il prend au cœur et au corps et délivre une odeur nauséabonde, de suicidés en masse.

L’écriture survole les pages, elle est brève, sans fioriture et a fière allure. Ce livre se lit d’une traite, un lendemain de fête, ou pour faire oublier un mal de tête.

Cette histoire reprend notre Histoire, l’histoire de l’art, l’histoire d’un peuple, l’histoire d’une démence toute en souffrance.