Comme chacun d’entre nous, en France, en Israël et dans le reste du monde, j’ai suivi minute par minute les évènements tragiques qui ont ensanglanté Paris ce vendredi 13 novembre 2015.

Je partage les mêmes sentiments que vous tous : horreur, consternation, compassion, tristesse, colère. Cependant, je me suis abstenu de “poster” ou de “tweeter”, dans les heures qui ont suivi ce drame. J’ai préféré rester silencieux.

Face à une telle tragédie, il eut été facile pour moi de dire “je vous l’avais bien dit“. C’est pourtant bien ce que j’avais envie de dire. En effet, depuis l’an passé, depuis l’attentat contre le musée juif de Bruxelles (mai 2014), depuis l’apparition du pseudo “état islamique” (sans majuscules) en juin-juillet 2014, depuis les attaques contre Charlie Hebdo et contre l’Hyper Casher (janvier 2015), depuis Villejuif et l’Isère (avril 2015), depuis l’affaire du Thalys (août 2015), je n’ai eu de cesse, dans mes articles, de tirer la sonnette d’alarme et de parler de “guerre”.

Certains de mes amis m’en ont d’ailleurs fait le reproche, disant que je “prêchais la haine”, dans mes articles. Non, je n’ai jamais prêché la haine, mais plutôt le réalisme.

Cette guerre non déclarée n’est pas contre l’islam ou contre les Musulmans. Elle est contre des individus lâches et sans scrupules qui utilisent l’islam à des fins politiques, à des fin de domination. Lâches, car il n’y a aucune bravoure à massacrer des femmes et des enfants, des prisonniers, comme en Syrie ou en Irak. Il n’y a aucune bravoure non plus à tirer sur de paisibles passants ou consommateurs, dans les rues de Paris, ou à mitrailler des innocents dans une salle de spectacle! Oui, je l’avoue, ce qui s’est passé vendredi soir à Paris ne m’a malheureusement pas surpris.

Nous partageons tous, dans toute la France et à travers le monde, le deuil des Parisiens, des familles et des proches des victimes de la lâcheté et de l’inhumanité de ces loups qui, vendredi soir, sont entrés dans Paris.

Il nous faut cependant avoir dans nos pensées, dans nos prières, les autres victimes, toutes les autres. Celles de l’attentat aveugle qui a ensanglanté et endeuillé Beyrouth, la veille de ceux qui ont frappé la capitale française.

Celles de l’airbus russe qui a explosé au-dessus du Sinaï peu de temps auparavant, tuant tous les passagers et l’équipage.

Les commanditaires de ces deux attentats ignobles sont les même que ceux qui ont ordonné les massacres de Paris. Il nous faut aussi penser aux touristes assassinés sur une belle plage de Tunisie, il y a quelques mois, ou aux visiteurs tués au musée du Bardo, dans ce même pays.

Et surtout, il ne nous faut pas oublier les dizaines de milliers de victimes innocentes qui, en Irak, en Syrie, en Israël, en Afghanistan, au Koweit, en Somalie, en Libye, au Kenya, au Nigéria, au Cameroun, au Tchad, au Niger et au Mali ont été massacrées, abattues, déchiquetées, brûlées, poignardées ou crucifiées au nom de la même idéologie mortifère. Ces victimes étaient des Yézidis, des Chrétiens, des Juifs et des Musulmans sunnites et chiites. En cette période de deuil national, nous devons également penser à elles.