La France a besoin d’un chef de l’État « jupitérien” déclarait Emmanuel Macron avant d’être élu. Plus récemment, sa cote de popularité chutant, le président Français tenta de se distancer de cette image. Quelques conseillers en communication furent écartés. Leçon tirée.

Cependant, une conversation téléphonique du Président avec le Premier ministre Israélien Benjamin Netanyahu en Novembre 2017 prouve que l’establishment Français se conduit encore comme si la France était une puissance maîtresse au Moyen-Orient, refusant obstinément d’ajuster trois paradigmes de politique étrangère à la réalité du Proche-Orient, mettant ainsi en péril ses propres intérêts et ceux d’amis et d’alliés.

Que se sont donc dit les deux dirigeants pendant ce coup de fil ? Avec la débâcle de l’État Islamique, Israël est préoccupée par l’influence du Hezbollah et de l’Iran en Syrie et au Liban ; si ces deux états échouaient à minimiser cette emprise, Israël serait prête à attaquer des objectifs Iraniens en Syrie s’ils menaçaient sa sécurité. 

Bien que Monsieur Macron ne dispute pas la griffe néfaste Irano-Hezbollah en Syrie et au Liban, il demanda à Monsieur Netanyahu de « préserver la stabilité du Liban et de ne pas hâter des opérations non réfléchies ».

Le reste de la conversation, en particulier en relation à l’accord Iranien pour le nucléaire, illustre l’esprit d’apaisement flottant au-dessus des capitales Européennes.

Cette vieille façon de lire la carte du Moyen-Orient et de faire la leçon à Israël est basée sur trois paradigmes que la France, dans ses ébats contre l’immobilisme, devrait envisager d’abandonner.

Premièrement, la politique d’apaisement avec des groupes agressifs ne marche pas. Vous pouvez discuter le « Brexit » avec un Royaume-Uni démocratique, pacifique et amical, par exemple. Mais en face d’un ennemi violent et obsessif, que ce soit un état ou une organisation – les douces mélodies échouent.

Sur le terrain, cette méthodologie de conciliation avec des factions pro-Iraniennes a sérieusement endommagé les intérêts occidentaux au Sud-Liban. La FINUL, à qui la France contribue environ 5% de ses 10,000 soldats, n’y a préservé ni la paix ni la stabilité.

Au lieu de confronter l’implantation illégale de forces pro-Iraniennes dans un Liban souverain, la FINUL a détourné son regard afin d’apaiser les fanatiques. C’est ainsi que le Sud-Liban est devenu un nid de guerriers du Hezbollah, une galerie de tunnels souterrains menaçant Israël, une région explosive.

Et pourtant, contre des preuves flagrantes, les officiels Français prétendent qu’il n’y a pas d’armes du Hezbollah sur le terrain. Allons, Messieurs, réveillez-vous ! L’apaisement a échoué. Hoc est bellum ! C’est la guerre !

Le second paradigme Français en application au « Levant » est le mythe de la stabilité Libanaise et des intérêts Français qui y seraient liés. C’est vrai que le maintien des relations historiques françaises avec le Liban est important.

Il n’y a pas si longtemps, cela a aidé la France à signer un contrat de vente d’armement pour 3 milliards de dollars aux Forces Armées Libanaises (FAL), grâce à un généreux chèque signé par l’Arabie Saoudite. Cependant, contrairement à sa mission officielle, les FAL ne préservent guère la stabilité entre les différentes factions Libanaises ; au contraire, les FAL sont devenues un outil aux mains de l’Iran.

D’après les informations d’Avigdor Liberman, le ministre Israélien de la défense, les FAL collaborent étroitement avec le Hezbollah, depuis ses bureaux de renseignement jusqu’aux officiers sur le terrain. Le symbole de la stabilité Libanaise a pourri dans l’étau des satellites Iraniens.

Les Chrétiens du Liban, officiellement sous la « protection » de la France, ne sont pas dupes. Aujourd’hui, d’après les calculs d’organismes gouvernementaux Américains et les statistiques d’ONG, ils constituent un tiers de la population – un flagrant déclin de la population des Chrétiens au Liban.

Leurs droits sont « constitutionnellement garantis » et ils peuvent prier dans des églises, mais c’est leur sentiment de liberté qui est érodé, et la jeunesse Chrétienne plie bagages vers les pays occidentaux.

Démographiquement, socialement, politiquement, les Chrétiens sont la cible de forces radicales Libanaises.

Peu de stabilité a demeuré au Liban, où les intérêts traditionnels Français sont en péril. Hoc est bellum !

Enfin, il y a le paradigme Français de considérer Israël comme un trublion paranoïaque.

Un intérêt national Israélien – un intérêt vital – est la protection de sa frontière septentrionale avec le Liban et la Syrie. Pour l’instant, l’armée Israélienne (IDF) a été relativement tolérante avec le Hezbollah, en raison surtout de la guerre contre l’État Islamique.

Tolérante, en effet, parce qu’il est très improbable que le Président Macron lui-même ne tolère qu’une entité à la puissance de feu égale à celle du Hezbollah, à quelques kilomètres des frontières de la France, puisse appeler à sa destruction, sans que ceci n’entraîne réaction de l’Armée Française.

En comparaison, admirez la retenue d’Israël ! Aujourd’hui, à partir de 200 villages civils transformés en bases militaires, 50,000 soldats d’Iran et du Hezbollah opèrent près de la frontière Israélienne : officiers de renseignement, combattants – nombre d’entre eux aguerris par les unités d’élite Iraniennes.

Au sein des territoires de la FINUL des FAL, les forces d’opérations spéciales du Hezbollah s’entraînent dans des missions d’infiltration, terrestres et maritimes.

150,000 roquettes et missiles à guidage électronique compromettent Israël.

Ceci n’est pas de la paranoïa. Indubitablement, Monsieur Netanyahu n’a guère besoin de conseils pour retenir ses troupes : Hoc est bellum !

Le président Macron, le chef d’un état ami avec l’état Hébreu, devrait agréer avec les dirigeants Israéliens : l’apaisement avec les extrémistes shiites a échoué ; la souveraineté du Liban a été violée et son équilibre broyé ; des Islamistes radicaux menacent très dangereusement Israël.

Sans ambages, la France devrait défendre le droit d’Israël à se défendre – à sa manière – pour sa survie ; ceci contribuerait aussi à la stabilité du Liban et aux intérêts nationaux de la France.

Hoc Est Bellum ! Par Jupiter, c’est la guerre !