Je ne rapporterai là, qu’une infime partie des sources relatant l’importance d’habiter en Israël. Car si l’on voulait vraiment écrire un ouvrage sérieux à ce sujet, il faudrait y consacrer des mois de travail, vu la quantité impressionnante de sources à travers la Thora écrite et la Thora orale, qui relatent l’importance du retour d’Israël sur sa terre.

La Guémara dans le traité de Kétoubot (p 110 b) dit: « Toujours, l’homme doit habiter en Erets Israël même dans une ville à majorité idolâtre et ne pas habiter en dehors d’Israël même dans une ville à majorité juive. Car tout celui qui habite en Israël est considéré comme ayant un DIEU et par contre, celui qui habite en dehors d’Israël est considéré comme n’ayant pas de DIEU, comme il en ressort du verset dans le livre de Vayikra (chapitre 25):  » Pour vous donner le pays de Canaan afin d’être pour vous un Dieu »  et alors la Guémara, pour souligner la gravité de cette affirmation, questionne: « Est-ce que vraiment celui qui n’habite pas en terre d’Israël n’a pas de DIEU?

« Non » répond la Guémara, « c’est seulement pour te dire que celui qui habite en dehors d’Israël est considéré comme s’il était idolâtre et cela nous l’apprenons du roi David qui, parlant de lui-même, dit: « Car on m’a chassé aujourd’hui de l’héritage Divin (=de la terre d’Israël) en me disant vas et adore d’autre Dieu » et la Guémara demande: « Mais qui a donc demandé à David d’aller adorer des idoles  ?  C’est pour te dire que tout celui qui habite en dehors d’Israël est considéré comme s’il était idolâtre. (Nb: les paroles du roi David sont relatives à la période où il avait été obligé de fuir hors des frontières D’Israël).

C’est dans ce sens que le Rambam tranche la halakha dans son ouvrage, Yad Hahazaka, hilkhot melakhim (chapitre 5 halakha 12).  Fait  étonnant, c’est aussi Rambam qui tranche dans le même ouvrage, Yad Hahazaka,  hilkot déot (chapitre 6 halakha 1), que l’homme, ayant tendance à être influencé par la société dans laquelle il vit, il est donc astreint à se rapprocher des justes et de s’écarter des impies. Et pourtant, il est évident qu’habiter dans un environnement à majorité idolâtre n’est pas l’endroit idéal pour éduquer ses enfants.

Mais alors pourquoi la Guémara et le Rambam tranchent – ils : « Toujours, l’homme doit habiter en Erets Israël même dans une ville à majorité idolâtre et ne pas habiter en dehors d’Israël, même dans une ville à majorité juive? »

Car il s’avère que l’influence néfaste d’un environnement idolâtre est minime, relativement à l’influence bénéfique de la Kedoucha telle qu’elle apparaît à son plus haut degré en terre d’Israël, comme il en ressort aussi de l’étude du chapitre 30 du livre de Devarim, stipulant que c’est le retour à Sion qui engendrera la Téchouva assurée pour la collectivité du peuple d’Israël. La même conclusion se dégage de l’étude du chapitre  36 du livre d’Ezéchiel.

Aussi,  n’oublions pas que les mitsvot n’ont de véritable impact qu’en Erets Israël et qu’en dehors d’Israël, elles n’ont qu’une valeur éducative, afin que nous ne les oubliions point pendant notre exil et que nous  puissions les pratiquer à nouveau dans toute leur splendeur et vigueur, dans leur environnement naturel, en Erets Israël. C’est ce qui  ressort de l’étude de Rashi (sur le verset 18, chapitre 11 du livre de Devarim), conformément au sifri (11 – 43).

Ceci ne vient en aucun cas (à DIEU ne plaise) affaiblir notre accomplissement scrupuleux des mistvot en dehors d’Israël qui nous sont ordonnées « midéorayta », (= par la Thora elle-même) bien que dans un but éducatif et non pas seulement « derabanan » (=par nos sages). Nous pouvons imaginer quelle aurait été l’ampleur de la catastrophe, si nous avions abandoné les mitsvot durant notre exil. Tout simplement, nous aurions perdu notre identité nationale à jamais.

C’est justement notre attache acharnée aux mitsvot qui nous a ramené à Tsion. Plus encore, c’est ce besoin ardent et vitale de réaccomplir les mitsvot dans leur véritable dimension et action de revivification de notre entité collective, réalisable qu’en Erets Israël, qui a réveillé en nous notre amour envers Tsion et notre activisme militant qui a finalement engendré le processus du rassemblement de nos exilés en terre d’Israël. Orot (p 12, paragraphe 8)

Les sages de Babel,  dans leur sagesse, étaient conscients du fait que le développement gigantesque du talmud en Babylonie, relativement à ce qu’il aurait pu être s’il avait été développé en Erets Israël, était considéré comme du « Bitoul Thora », comme uneannulation de la Thora (traite Haguiga p5 b).

Dans la même optique, le traité de Sanhédrin (p 24 a), affirme à propos du verset « dans les ténèbres, il m’a fait demeurer » (Meguilat Ekha chapitre 3), « C’est le talmud de Babel ». Donc, même l’étude de la Thora en dehors d’Israël est précaire.

Dans le traité de Yoma (p 9 b), Rech-Lakish disait que DIEU déteste les habitants de Babel car ils n’avaient pas répondu à l’appel de Ezra à monter en Israël et, de ce fait, ont empêché la Chekhina de réapparaître dans ce monde.

Rashi dans le traité de Berakot (p 57 a) lui aussi,  bien qu’il habitât malheureusement la France, dans sa grande sagesse et modestie, n’hésita pas à écrire: « Car en dehors d’Israël, il n’y a aucun mérite, il n’y a que faute à y habiter ».

D’une manière plus virulente encore, dans le traité de Ketoubot (p 11 a) on raconte qu’un juif d’Erets Israël posa la question suivante à rabbi Hanina: « Mon frère qui habitait en dehors d’Israël est mort sans laisser de descendance, pourrai-je descendre  et épouser sa femme afin d’accomplir la Mitsva du « yiboum » pour donner descendance à mon frère ?  Voici quelle fut la réponse de rabbi Hanina:  » Ton frère a épousé une goya, puis il est mort. DIEU soit loué qui l’a tué et toi, tu veux descendre après lui ? !!!

Sa réponse, mis à part son coté virulent, demeure incompréhensible aussi par son fond. Car s’il s’agissait vraiment d’une goya, la question ne se poserait même pas ?

Il s’agissait donc bien d’une juive, mais cette femme habitant en dehors d’Israël, Rabbi Haninane pouvait la considérer comme juive à part entière et c’est pourquoi il la traita de goya !

Par contre dans le traité de kétoubot (p 11 a), Rabbi Elazar dit:  » Tout celui qui habite en Israël se trouve sans aucune faute et Rabbi Abahou rajoute que même une servante cananéenne habitant Israël a droit au monde futur et tout celui qui ne marcherait, ne serait-ce que 4 coudées en Erets Israël, aurait droit au monde futur.

Pour conclure ces quelques sources, nous rapporterons le Choulhan Aroukh (Even Haezer 75 – 4) qui tranche que lorsqu’il y a discordance dans le couple, concernant la Alyah, alors celui qui veut monter a le dessus et doit monter même s’il devait briser ce mariage. Cela pourrait paraître aberrant, sachant que DIEU est prêt à effacer son saint nom pour rétablir le « chalom bayit », la bonne entente dans un couple. Pourquoi la Thora provoquerait-elle un divorce pour ne pas entraver la Mitsva de monter en Israël ?

Il faut comprendre que dans le peuple d’Israël, le mariage n’est pas fondé uniquement sur un plaisir réciproque d’être ensemble, mais essentiellement sur une alliance entre deux êtres, afin d’assurer la pérennité d’Israël. Il s’avère que l’éternité de la nation est dépendante de son attachement à sa terre et lorsque l’un des conjoints méprise la terre d’Israël, il se dégage de sa responsabilité envers le collectif éternel d’Israël de telle sorte que le mariage lui-même perd sa finalité.

Le Pithé Téchouva (remarque 6), dont l’usage est de faire la synthèse des différentes opinions énoncées, conclue que tous les décisionnaires anciens et nouveaux ont tranché que cette Mitsva est en vigueur de tous temps, conformément à la décision halakhique du Ramban (Mitsva positive 4, ajout au sefer hamitsvot du Rambam)

De plus, il faut qu’il soit bien clair pour tous, qu’il n’y a aucun avenir pour le peuple juif en galout. Seuls ceux qui rejoindront le peuple d’Israël sur sa terre continueront d’exister (ne serait-ce qu’à cause de l’assimilation dont le taux en galout varie entre 65% à 85% et  s’empire de jour en jour). C’est par amour pour nos frères juifs en galout  que nous les encourageons à nous rejoindre le plus vite possible. Chaque année, quelques centaines de milliers de juifs résidant en dehors d’Israël disparaissent par le biais des mariages mixtes, environ 1000 par jour. Nous ne pouvons nous payer le luxe d’être patients !

C’est  véritablement une situation de « Pikuah Nefesh », danger fatal pour notre peuple. Plus de six millions de juifs ont disparu par l’assimilation depuis la Shoah. A l’époque on nous exterminait dans les chambres à gaz et aujourd’hui on en fait de même dans les salles de mariage en musique et de plus, accompagné des applaudissements des autres membres de la famille juifs qui sont aussi invités au mariage du cousin avec une goya !

Tout celui qui veut être associé au sauvetage de notre peuple doit agir nuit et jour pour les diriger vers la terre d’Israël. Le bateau coule et le rôle des dirigeants du bateau (rabbins, présidents de communauté, cadres éducatifs etc…) est d’envoyer des barques de sauvetage vers la seule rive sure, en Erets Israël. Sans quoi, s’ils s’entêtaient à vouloir d’abord les ramener au judaïsme et seulement après, les diriger vers Erets Israël, ils seraient complices inconsciemment, à DIEU ne plaise, de l’assassinat systématique de notre peuple. Il nous faut apprendre de l’histoire. Ceux, qui avant la Shoa prônaient qu’il fallait d’abord faire « Techouva » et seulement après, monter en Israël, se sont mordu les lèvres en voyant leur communautés déportées dans les camps de la mort, sachant qu’ils auraient pu éviter cela en les encourageant à rejoindre Erets Israël. La situation est bien plus grave aujourd’hui, car il manque la prise de conscience que les camps de la mort sont à notre porte en galout, du fait qu’ils sont camouflés par la « Simha du Hatan et de la kalah » des mariages mixtes qui nous tuent plus que tous les fléaux que notre peuple n’ait jamais subis.

Nous terminerons enfin par la Guémara du traite de Baba Metsia (p 85 a, b) qui pose la question: « Qu’est-ce qui a entraîné la perte de notre terre ?  » Et la Guémara de répondre : « car ils ne prononçaient pas la bénédiction précédant l’étude ». On peut se demander ce qu’il y a de si catastrophique à cela pour que DIEU nous afflige d’un châtiment  tel qu’un exil bimillénaire?

Le Maharal explique (dans la préface de son livre Tipheret Israël) que chaque évènement a une cause (relation de cause à effet).  Etudier la Thora sans bénédiction préalable revenait à détacher la Thora de sa cause divine et par conséquent, la Thora n’exerçant plus son action bénéfique sur l’homme, celui ci sombra dans une immoralité dont le seul remède efficace mais combien douloureux fut l’exil. Mais ceci reste énigmatique. Comment les Hakhamim de l’époque qui étaient érudits et justes pouvaient-ils avoir une approche de la Thora dépourvue de sa source première, à savoir, le divin ? De même, pourquoi la Guémara précise t-elle qu’ils ne prononçaient pas la bénédiction avant l’étude ou la lecture de la Thora ? Car  il y a aussi une bénédiction après la lecture de la Thora. C’est donc que le problème était spécifiquement focalisé sur la bénédiction « avant ».

Traduisons la bénédiction : Source de bénédiction es-tu l’Eternel, roi du monde, qui nous a choisi d’entre tous les peuples et nous a octroyé sa Thora.

C’est là qu’était le problème. Une incompréhension fondamentale du fait que  « qui nous a choisi d’entre tous les peuples » est une condition essentielle à la réception de la Thora. En d’autres termes, la Thora n’a pas été donnée à des individus, mais à un peuple afin qu’il ait une influence bénéfique en tant que nation sur toutes les autres nations. Ce projet Divin avait commencé par Abraham avinou, quand DIEU lui dit:  » Vas pour toi, de ta terre, de ta patrie et de la maison de ton père vers la terre que je t’indiquerai et je ferais de toi une grande nation afin que soient bénies par toi toutes les familles du monde. DIEU Ordonne et promet à avraham notre père, d’édifier à partir de lui une nation normale sur sa terre une nation qui soit capable de mener une vie nationale en accord avec la morale divine et exercer son influence sur l’humanité entière.

Ceci n’avait pas été compris par les juifs de l’époque. Ils avaient développé une approche individuelle envers le Divin qui est totalement virtuelle, car l’itinéraire de dévoilement du Divin est fixé par lui et non pas par l’homme, sans quoi on risquerait de tomber dans l’idolâtrie. Il s’avère que de son infinité, DIEU se dévoile d’abord à travers la collectivité du peuple d’Israël (knesset Israel ou Chekhina) et ensuite à travers l’individu. Et donc, toute tentative de s’approcher de DIEU de bas en haut, de l’individu directement vers DIEU est vouée à l’échec, ce lien  étant strictement virtuel et inexistant. Ils  étaient donc déconnectés de DIEU malgré leurs bonnes intentions.

C’est probablement ce que le Maharal veut dire en expliquant qu’ils avaient pris la Thora sans sa cause qui est le Divin.

Deux mille ans d’exil pendant lequel nous avons goûté à toutes les amertumes de l’individualisme, ont finalement réussi à nous faire arriver à une maturité d’esprit nous permettant de nous hisser à une conception de collectivisme qui est indispensable à la compréhension profonde de la bénédiction avant l’étude et en fin de compte à la compréhension du but ultime de la Thora dans sa  véritable dimension. Elle seule pouvant amener la nation israélienne à réaliser son rôle universel d’être lumière pour les autres peuples.

En d’autres termes, la galoute est un état anormal conséquent à la maladie de la haine gratuite qui n’est autre que l’indifférence de l’individu envers la collectivité du peuple d’Israël qui, elle, a provoqué le douloureux remède de la galoute. Etant dispersés, pourchassés et assassinés à travers toute l’histoire, le peuple d’Israël a finalement accédé à une maturité d’esprit collectif national, il y a environ une centaine d’années.  Cette métamorphose psychique de l’individualisme au nationalisme n’est autre que la réparation de notre faute ultime – la haine gratuite. Elle nous donne l’accès à un niveau élevé d’amour gratuit : désormais chaque individu est prêt à lutter pour le bien du peuple d’Israël et même à sacrifier ce qui lui est le plus cher – sa propre vie – pour la continuité éternelle de la nation.

Cette conception du nouveau juif a permis à notre ère de faire éclore le mouvement sioniste qui ramène les exilés sur leur terre afin qu’ils retrouvent leur véritable nature et qu’ils puissent prendre part active à la mission-vocation du peuple d’Israël qui est d’être la lumière de tous les autres peuples, ce qui aura pour conséquence d’engendrer la renaissance de la civilisation humaine.

Je tiens à préciser que si parfois la forme de ma réponse est un peu choquante, il n’y en cela aucune intention d’offenser qui que ce soit, mais simplement de susciter une prise de conscience sur la gravité de la situation et sur la nécessité de faire entendre la voix de la Thora authentique de Sion qui elle seule pourra délivrer nos frères de ce drame.

D’autant plus que dans plusieurs pays, et particulièrement en France, l’antisémitisme se réveille comme un oiseau de mauvaise augure et vient se rajouter à la catastrophe des mariages mixtes. Ensembles, ces deux fléaux menacent les juifs en exil de destruction totale (à DIEU ne plaise).

C’est pourquoi nous lançons cet appel à tous nos frères résidant en dehors Israël: « Epargnez vos corps et vos âmes et accomplissez cette merveilleuse Mitsva, levez-vous et montez en Israël, notre terre sainte ! »

Et pour terminer, ci-dessous le lien vers notre film, qui est un appel des plus grands d’Israël à l’alyah des juifs de France:

A tous mes frères en exil, avec toute mon affection,