Bien qu’il ait toujours été à contre-courant des idées consensuelles, la disparition prématurée d’Ouri Elitzour, rédacteur en chef du journal Makor Rishon a laissé le sionisme religieux en deuil.

Elitzour, l’un des fondateurs du Gush Emounim, le mouvement ayant  lancé dans les années 70 la construction juive en Judée-Samarie, est resté toute sa vie un électron libre.

Editorialiste au quotidien Hadashot puis à Yediot Aharonot, il avait été le directeur du mensuel Nekouda, le journal des habitants juifs de Judée-Samarie puis rédacteur en chef de Makor Rishon, devenu sous sa houlette, une référence journalistique en Israël.

Activiste de droite au sein du Gush Emounim puis du Conseil de Yesha, l’organisme représentant les habitants juifs de la région,  Ouri Elitzour s’était rapproché de Binyamin Netanyahou endevenant son chef de cabinet en 1998. Lorsque celui-ci entama les négociations avec les Palestiniens dès 1999, Elizour refusa de démissionner, continuant à rédiger ses discours y compris lors de son actuel mandat de Premier ministre.

Convaincu que les Palestiniens ne renonceraient jamais au droit du retour des réfugiés de 1948, il affirmait que la seule solution pour arriver à la paix était d’imposer la souveraineté israélienne sur l’ensemble des territoires occupés tout en octroyant la nationalité israélienne à tous les Palestiniens qui le désireraient.

Cet homme idéaliste et humaniste ne pouvait supporter les injustices et se battait, plume à la main, pour dénoncer ce qu’il considérait comme immoral au sein de la société israélienne.

Souvent critiqué à droite comme à gauche, il poursuivait son chemin intellectuel, souvent en dehors des sentiers battus mais toujours avec le respect d’autrui.

Il ne cachait pas sa sensibilité face à un cynisme présent chez beaucoup de ses collègues car il croyait qu’il pouvait changer les choses en écrivant et expliquant sans relâche le bien fondé de ses idées.

A nous, journalistes, il laisse un message clair : on peut changer les choses dans les esprits et au sein de la société mais à condition de rester honnêtes et justes.