« Le jour où le crime se pare des dépouilles de l’innocence, par un curieux renversement de tendance qui est propre à notre temps, c’est l’innocence qui est sommée de fournir ses justifications »

L’homme révoltés, Albert Camus

Réaction au sujet de l’article publié le 4 Octobre 2017 dans Libération, au sujet d’un livre qui ne vaut pas l’honneur d’être cité.

Paris, le 9 Octobre 2017 – A force de vouloir faire des parallèles dans l’histoire, la relire, puis la réécrire à la sauce XXIème siècle, à vouloir trouver des références là où il n’y en a pas, en paraphrasant la parole de grands penseurs…l’on assiste à un vol.

C’est un viol de la pensée au profit d’une génération qui ne fait que se conforter dans l’idée du monde qu’elle s’est faite, abreuver par des contenus rédigés par une classe d’intellectuelles ou par de la fausse information trouvée en ligne.

Comparer un officier de la grande guerre, le sociologue et socialiste Robert Herz, à un terroriste, délinquant multirécidiviste, tueurs d’enfants et de militaires, pour ce qu’ils sont et représentent, est non seulement une insulte, c’est innommable, c’est abjecte. A lire cette thèse, il n’y a qu’un pas pour mettre dos à dos le jeune Albert Cohen, dans Ô vous, frères humains et un jeune lionceau du Khalifa!

Oui la guerre est horrible, est terrible, injuste aussi, violente, puante, irresponsable, égoïste, mené par des hommes d’états, qui le plus souvent ne connaissent ni le de goût de la boue mêlée à celui du sang, ni le son du canon qui tonne.

Mais voilà, la guerre est là, elle fait partie de nos sociétés, pourrait-on dire de notre quotidien… Elle reste aussi nécessaire par le biais du principe d’ingérence, qui permet l’intervention sous la forme de mission de maintien de la Paix (offensive ou d’observation), de protection, ou d’opération anti-terroriste comme actuellement au Sahel.

Les idées défendues dans le contenu de l’article dont il est ici question sont telles une insulte, aux Français de touts bords et origines qui sont mort sous l’uniforme pour défendre la France pendant la grande guerre, mais aussi ceux tués au Liban, au Mali ou à Montauban dans des attaques terroristes…

C’est enfin une injure aux Français de confessions juives et aux Juifs étrangers qui se sont battus pour elle sans se poser une seule question, quand il s’agissait de s’engager en 1914 ou en 1939.

On a la droit de s’interroger, nous avons le devoir de nous poser de vrais questions sur le monde dans lequel on veut vivre, afin de réparer les erreurs du passé, rejeter le nationalisme exacerbé nourriture des extrémistes, revoir la copie du patriotisme dans le contexte de la mondialisation, tout en continuant à chérir l’amour d’une ou plusieurs patries.

Cette relecture nauséabonde de l’histoire, à laquelle on assiste aujourd’hui, et que l’on cherche à faire accepter, n’est autre qu’un révisionnisme d’un nouveau genre qu’il faut combattre.