On peut encore aujourd’hui se faire tatouer à Jérusalem par la même famille qui tatouait les pèlerins chrétiens en 1750.

Je ne plaisante pas, on va y revenir.

Le musée du Quai Branly à Paris présente une exposition fascinante sur la multiplicité des cultures liées au tatouage, et parmi elles, une tradition souvent ignorée au profit des tatouages polynésiens, certainement plus machos, celle du tatouage Nord-Africain berbère et du Proche Orient.

Tatouages Berbères :

Le tatouage berbère ressort d’une tradition préislamique, et se retrouve de l’Algérie au Niger, il est ancré dans les croyances traditionnelles, la protection des esprits malins, et comme dans toute société, à des fins esthétiques et décoratives.

BERBERE

Tatouages du Levant :

La tradition proche orientale du tatouage puise en partie ses origines dans la tradition Chrétienne Copte Egyptienne.

Et c’est là que l’exposition lie le passé et le présent merveilleusement. En effet, le cliché ci-dessous fait référence à l’ouverture d’un salon de tatouage a Jérusalem en 1750, par la famille Razzouk, qui a l’époque tatouait les pèlerins chrétiens en terre sainte, et dont le salon est ouvert aujourd’hui dans la vieille ville a Jérusalem, continuant une tradition familiale vieille de 700 ans. Voyez vous-même :

RAZZOUK

Les tatoueurs Coptes étaient, a l’instar des Razzouk, des tatoueurs ambulants, dont les motifs étaient présentés sur des planches.

Le tatouage punitif :

L’exposition nous rappel également comment le tatouage a été criminalisé et utilisé à des fins politiques discriminatoires.

Sous le régime soviétique, les tatouages identitaires étaient considérés comme « antisociaux » et passable de peine de mort, et de condamnation au Goulag.

Ci-dessous les images d’une femme Arménienne en Syrie, et les tatouages imposés à celles ayant fui les massacres dans l’Empire Ottoman, à des fins d’exploitation et de prostitution, et l’image plus familière, mais non moins terrifiante d’un jeune rescapé de camp de concentration dont le tatouage, le vouait a l’extermination.

FEMME

ENFANT

Le seul inconvénient, c’est qu’il y a deux heures de queue pour rentrer, mais vous avez jusqu’à 2015 pour y aller, ou non.