ORANGE™ AMERE, ORANGE™ PRESSEE

Le mot juste serait hazukashi, « honte » en japonais, qui se traduit par l’aveu d’une faute associé à des excuses sincères et véritables. C’est triste à dire mais en français « avoir honte » signifie trop souvent nier la faute tout en y rajoutant de nouveaux mensonges.

Monsieur Stéphane Richard, pédégé d’Orange™, fleuron des télécommunications françaises, a fait son intéressant au Caire. Mauvais coucheur international, il confie à ses potes cairotes un besoin urgent de couper les liens avec ce satané « partenaire » israélien qui n’en est pas un.

Comme si la société en question, Partner, avait détourné le logo d’Orange™ comme un vulgaire contrefacteur chinois. Si Monsieur Orange n’a pas cité nommément les « colonies », tant mieux. Pour les boycotteurs, tout Israël est une colonie. Monsieur souhaiterait, paraît-il, entretenir de bons rapports avec l’Egypte, voire avec le monde arabe tout entier.

Bizarre. Un monsieur télécommunications du 21e siècle croirait qu’on peut cracher sur les Juifs au Caire et rentrer à Paris en bon hypocrite sans craindre des répercussions.

Certains diront qu’il n’a craché sur personne, qu’il ne parlait pas des Juifs mais d’un partenaire israélien encombrant, qu’il n’y a pas de raison de s’énerver et que de toutes les façons un communiqué lapidaire de la Direction suffirait à dissiper tout malentendu.

Si vous avez, comme moi, subi depuis de longues années les méfaits de l’espace client Orange™ vous ne serez pas étonné d’y trouver une deuxième couche de mensonge. Monsieur Richard ne parlait que des rapports commerciaux. Pas de politique pardi. Des affaires !

Justement, parlons-en. Peu après la signature d’une convention qui prolonge jusqu’en 2025 le contrat liant la société israélienne Partner et Orange™ dont l’Etat est actionnaire à 25%, le pédégé le dénonce sans préavis devant un parterre égyptien. S’il ne coupe pas les liens then & there d’un coup de sabre, c’est que la rupture du contrat coûtera des millions. Moi aussi, monsieur l’orange, je voudrais rompre hic e nunc. Mais ça me coûtera bonbon.

J’écris donc à titre de cliente Orange™ à jour de ses cotisations, saignée pendant des années où vos géniteurs France Telecom, jouissant d’un quasi-monopole, me faisaient payer les appels à prix d’or.

En bon businessman imbu d’humanisme vous donnez un coup de pied au Juif pardon à l’Israélien pour faire plaisir aux Egyptiens que vous croyez solidaires de l’antique politique arabe de la France, sans demander leur avis sur les manifs sauvages des Frères Musulmans qui brandissent leur drapeau jaune, frappé de la main en « Stop » à la puce repliée, sur le boulevard Beaumarchais.

Puis, rentré à Paris vous niez le sens de vos propos (maîtresse, maîtresse, je n’ai pas dit « sale juif » j’ai dit « salut le juif », juré, maîtresse, juré sur la tête de ma mère), en voulant faire croire qu’il s’agissait tout simplement d’annoncer, devant vos potes au Caire, la nouvelle politique orange qui consiste à terminer des partenariats de ce genre, c’est-à-dire avec des sociétés qui ne sont pas des filiales.

En fait il n’y a pas de genre car Partner, né Orange™ avant l’acquisition de la marque par France Telecom, est un cas unique. D’où l’intérêt de faire plaisir aux passionnés du BDS et autres Guigoungoles en annonçant la stratégie commerciale de l’entreprise ainsi, chez les misrahim. Sans rien leur dire de vos filiales authentiques en Israël: Orange Business Services et Viaccess-Orca. Hazukashi !

Quant à mes potes à moi ils sont tous chez free. Si je suis restée orange c’est que je suis de nature fidèle et certainement pas en raison de la satisfaction garantie. D’ailleurs on a beaucoup parlé des suicides chez le personnel sans se soucier des envies de suicide déclenchées chez le client en communication avec vos services !

Le livebox qui souffre des arrêts cardiaques, le préposé au service soi-disant technique qui vous fait ramper pendant une heure de prise en prise, débrancher, rebrancher, débrancher, rebrancher et ça repart et ça recommence, les chaînes qui disparaissent, l’image qui se fige toutes les trente secondes, surtout lors des élections, des prises d’otages, des tremblements de terre.

Une demoiselle qui gagne à peu près correctement sa vie chez vous a attribué les chocs thermiques à l’interférence éventuelle d’un appareil ménager, le lave-linge par exemple. Elle n’a pas osé suggérer que c’était la faute aux Israéliens qui colonisent les Arabes là-bas et même ici.

Je suis restée chez Orange™ car j’aime bien le contact avec des êtres intelligents capables de décrypter le charabia du site prétendument high-tech. Par contre, pour le désimlockage ça a été galère. Est-ce parce que je voulais glisser ma carte SIM israélienne, Orange™ de surcroît, dans mon ancien portable, acquis chez vous il y a deux ans ?

Je cours comme un rat de laboratoire de la boutique à l’agence. Il faut voir ça avec le service technique. En fait, non, ce n’est pas de leur ressort, mais le jeune homme à l’accueil croit savoir. Il s’affaire pendant trois quarts d’heure dans un flou artistique avant d’annoncer, par pure gentillesse je suppose, que le téléphone est, parait-il, désimlocké.

Pas convaincue je retourne à la boutique où on me dit de téléphoner au service technique. A quoi bon ? Le message d’accueil, à rendre fou un bonze, me dirige vers le service désimlockage sur le site. On m’explique qu’il faut rester en ligne, un conseiller répondra. En effet. Je fais le récit de mes malheurs : Je tape le code transmis par courriel et reçois pour toute réponse « erreur code ». Mon interlocutrice confirme : le téléphone reste résolument simlocké. Elle me demande si l’IEMI repris dans le mèl correspond bien au téléphone concerné. Je crois que oui mais je suis dans une boutique Orange™, pas devant mon ordinateur. Il sera bientôt 19 heures. Alors, déjà munie de mon adresse email elle me demande le mot de passe. Elle ira vérifier pour moi.

On comprend mieux le pauvre innocent qui avoue un crime au bout de 24 heures de garde à vue. Mais je n’ai pas craqué.
Je ne peux pas vous donner mon mot de passe.
Elle est vexée. Dans ce cas je ne peux rien pour vous.

Laissons de côté les divers rebondissements de ce cauchemar à dormir debout. En fin de parcours il a fallu expédier le téléphone à une entreprise en province pour le faire désimlocker. La faute au fabricant (Nokia) ? Peut-être. Mais c’est vous, monsieur Richard, le revendeur. Le fabricant serait-il mécontent de traiter commercialement avec vous, fournisseur de service en France et dans ses colonies ? DOM-TOM, dites-vous, mais qu’en pense la communauté internationale ? Et vos banlieues d’apartheid ?

Ce n’est pas tout. Renseignements pris auprès des sources dignes de confiance, je suis loin d’être la seule victime des opérations frauduleuses qui consistent à permettre à des officines douteux de reporter sur la facture réglée obligatoirement par prélèvement bancaire le paiement des services bidons jamais ou accidentellement souscrits. On rechigne à regarder la facture en détail car naviguer sur le site donne le mal de mer.

Un jour, exaspéré, on se penche enfin sur cette note mystérieusement gonflée pour y trouver des sommes factures à titre d’internet +.
Alors là, monsieur Richard, après ce que vous venez de faire, je vous tiens pour personnellement responsable. Qui d’autre aurait pu donner consigne aux agents de m’expliquer que j’ai dû régler sur mon compte Orange™ des dépenses du genre billets de train, vêtements, restaurant. Faux, archi-faux.

Encore des semaines de recherches pour découvrir qu’on avait cliqué un jour sur un site où Monsieur pensait suivre un match de rugby. Pas de match, pas d’images, que du commentaire et encore plus débile que celui des journalistes sportifs sur nos chaînes nationales. Non merci, donc. Et quelques centaines d’euros plus loin on arrive, avec toutes les difficultés au monde, à se désabonner. Quant à se faire rembourser les sommes frauduleusement facturées, les oranges s’en lavent les mains.

Arrêtons-nous là. La liste de vos turpitudes est trop longue. Je vous quitterai, Orange™, je vous quitterai quand ça m’arrangera et avant que vous n’essayiez de me soutirer de quoi payer vos frais d’avocat le jour où Partner vous assignera en justice. Ne comptez pas sur moi, ne comptez pas sur Partner, ne comptez pas sur Israël pour se suicider. Ce n’est pas dans notre culture.

Somme tout, c’était une expérience salutaire. Le public comme le privé israélien a réagi dignement. Pas d’excuses, pas de moi je suis pour la solution à deux Etats, même pas de plaidoyer du genre mais les Palestiniens eux aussi profitent du service dans les colonies.

Du côté français, le ministre des affaires étrangères lui-même a rappelé que le gouvernement rejette fermement le boycott. Stéphane Richard, envoyé dans les cordes, vient pleurer sur l’épaule de Ruth Elkrief, la lèvre inférieure tremblante, l’œil larmoyant. Qu’on puisse s’imaginer, l’idée même, comment croire, moi, antisémite, pitié, je suis meurtri, blessé au plus profond de mon être.

Le voici enfin sur le chemin de la repentance. A-t-il prié devant le kotel ? Lachon hara au Caire, salamalekoums à Jérusalem et, cela va sans dire, indifférence des médias du monde entier. Pas de background, pas de suite. L’essentiel a été dit : les colonies sont illégales aux yeux de la loi internationale.

Et pas de rapprochement quand on apprend par le hasard d’un procès contre les affreux de Forsane Alizza, qu’un dénommé Dawoud, employé chez Orange™, a fourni aux djihadistes une abondance d’informations sur des cibles potentiels, un véritable fichier juif & infidèles prêt à servir le jour où les « cavaliers de la fierté » décideront de frapper.
Hazukashi !