Je vais faire court, il y a quelques mois je commentais que l’élection de Reuven Rivlin ne serait pas plus significative que celle de Simon Peres dont l’influence sur la Knesset était non existante, et dont le message oscillait entre la paix à tout prix et la responsabilité Israélienne, et blâmer les palestiniens pour leur propre victimisation.

Reuven Rivlin ne donne pas l’impression d’en avoir beaucoup plus, mais il sait influencer les coeurs et dans l’odieux débat raciste, maquillé en démocratie pour les uns et en résistance pour les autres, il est le seul de tous les dirigeants du Moyen Orient à prôner un message de paix et de rapprochement, d’amour et d’universalité, même lorsqu’il sait se montrer ferme dans sa condamnation de la violence.

J’ai appris récemment, à mon grand bonheur, que le Yémen il y a de cela 1 600 ans s’est converti au judaïsme, à l’instar du royaume Khazar quelques siècles plus tard, et s’est retrouvé soutenu par les Perses Sassanides contre les Chrétiens d’Ethiopie.

Il fut un temps où les Perses et les Juifs étaient unis, et il fut un temps où l’un des plus puissants royaumes juifs était arabe.

L’ambassadeur Israélien le plus populaire en ce moment est un Arabe. Le héros du massacre de la synagogue était un Druze, qui sont, au passage, des musulmans hétérodoxes, souvent regroupés sous le vocable Ismaéliens, qui à la lecture de leurs croyances, sont un peu les Protestants de l’islam pour caricaturer de manière large.

A méditer, quand on définit ses ennemis et son identité, et qu’on définit son identité par ses ennemis, parce que le plus puissant « royaume » juif contemporain est un patchwork de cultures et d’ethnicités.

A méditer quand on confond : religion, ethnicité, nationalité, identité, citoyenneté et démocratie.

Israël est inséparable du Moyen-Orient et de ses Arabes, autant qu’ils sont inséparables d’elle.

Hommage à Reuven Rivlin, et à Robin Williams.