Alors que l’Europe affronte la menace récente du terrorisme Islamique, sur le front Israélo-arabe la tension, bien plus ancienne, monte d’un cran. Jamais disparu, le risque d’affrontement au nord d’Israël connaissait de temps en temps des accalmies. Or, cette semaine ce risque revient.

Le premier signe a été donné par Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, qui s’était tenu tranquille depuis un certain temps. Mais il y’a quelques jours il a tenu un discours belliqueux, menaçant Israël avec des nouveaux missiles iraniens perfectionnés, Fateh 110, pouvant atteindre tout le territoire israélien. Il est allé plus loin, envisageant des attaques, soit par tunnels soit en traversant la ligne de défense de Tsahal, afin de conquérir des habitations en Galilée “et au-delà“. Si un tel projet se réalisait ce serait un succès certes local et provisoire, mais une réussite de prestige, nécessaire pour son image de marque affaiblie par les déboires dans les conflits de Syrie au côté du gouvernement Assad

Or ce dimanche on s’est trouvé devant un premier signe concret de l’intention de mettre à exécution la menace de Nasrallah. Un groupe de chefs militaires haut placés de l’organisation terroriste a fait apparition dans le Golan Syrien, région non fréquentée d’habitude par le Hezbollah, puisque pratiquement occupée par les rebelles.

Cette apparition a été connue grâce à la mise à mort par raid aérien de douze passagers, dont des officiers supérieurs de Hezbollah, faisant route dans la région de Quneitra, en bordure de la frontière israélienne. Cette attaque par hélicoptère est attribuée à Tsahal, admettant par sous-entendus sa responsabilité.

L’identification des victimes de l’attaque est révélatrice: Il s’agit de Mohammad Issa, commandant militaire chargé du dossier Irak-Syrie, ainsi que d’un général Iranien faisant partie du commandement du Hezbollah, et lequel n’etait pas prevu dans le convoi.. Mais c’est surtout Jihad – prénom symbolique -Moughniyeh qui est significatif, car il était chargé tout particulièrement du projet d’occupation d’habitations civiles en territoire Israélien, selon le scenario avancé par Nasrallah.

Ce jeune terroriste est le fils d’Imad Moughniyeh, ancien stratège et chef légendaire des opérations du Hezbollah, tue dans un attentat commis à Damas en 2008. Sa mort a porté un coup à l’organisation, et son fils cadet, âgé à peine de 20 ans et adolescent à l’époque, avait rapidement repris l’action et le rang de son père.

Ayant reconnu avoir subi un coup le Hezbollah chercherait probablement à riposter. D’où les renforts envoyés par Tsahal vers le nord du pays. Les milieux militaires israéliens ignorent encore l’ampleur et l’emplacement de la riposte du Hezbollah. S’il se met à lancer des missiles vers Israël ce serait sans doute une nouvelle guerre. Selon Tsahal, il ne prendra pas ce risque, mais ce jugement ne serait-il pas une nouvelle appréciation erronée concernant les intentions de l’ennemi, à l’exemple de ce qui s’était produit par le passé?

On estime en revanche que le Hezbollah va entreprendre des ripostes limitées et locales, et surtout des tentatives d’attentats contre des objectifs israéliens à l’étranger, mais pas dans l’immédiat.

Bizarrement, ce regain de tension ne préoccupe pas outre mesure l’opinion publique, plongée dans une campagne électorale plus irritante que d’habitude, ne représentant guère une belle image de la classe politique d’Israël.