Sur RTL, Marine Le Pen, présidente du Front National (FN), s’en est prise une nouvelle fois au Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF). A cette occasion, elle s’est crue autorisée à affirmer que la raison de l’opposition du CRIF à l’égard du FN correspond aux subventions reçues par cet organisme de la part des autorités publiques.

Démenties par le président du CRIF, Roger Cukierman, les allégations de Le Pen sont fausses et sans fondement. Elles résultent soient d’informations non-vérifiées, soient de mensonges avérés. Elles tentent de salir l’honorabilité de l’organisme déjà ciblé par le puissant lobby antisémite qui ravage, en France, la vie publique.

Créé en 1944 à la Libération, le CRIF s’active et s’exprime depuis lors sur la base de deux constances que constituent la probité et l’indépendance politique et financière.

Ces qualités manquent inexorablement au FN. Son histoire et son personnel politique sont émaillés depuis sa création de manquements divers. Manquements au Droit d’une part (condamnations pénales diverses et notamment au terme de la loi de 1972 relative à la répression de l’antisémitisme). Manquements à sa propre morale et à ses propres professions de foi d’autre part (sagas familiales).

Quels que soient les résultats des élections régionales dans le cadre desquelles s’est exprimée Le Pen, ces allégations révèlent une fois de plus la nature du FN et des propos qui sont tenus en son nom.

Pierre Saba

12. 12. 15