Lundi soir se déroulera le traditionnel et incontournable dîner de CRIF.

Ce rendez-vous, parfois incompris par certains, reste et demeure un moment fort de la vie communautaire citoyenne juive de France.

C’est un moment d’échange et de rencontre entre les porte-parole officiels de la communauté juive organisée et le gouvernement de notre pays. Pas un ministre, pas une personnalité politique ou médiatique ne manque ce rendez-vous où il faut être et être vu.

C’est l’occasion de parler vrai et de dire les choses. Celles que l’on apprécie mais aussi celles qui peuvent déranger. Avec diplomatie et courtoisie, les messages doivent passer et à chaque table des échanges directs doivent avoir lieu.

Cette année, c’est dans un contexte une fois de plus bien particulier que ce dîner va se dérouler.

Chaque année nous espérons pouvoir dire « Etre heureux comme Juif en France », mais l’actualité est là et nous oblige à constater que cet adage ne peut être confirmé.

La recrudescence des actes antisémites, les attentats terroristes, le développement inquiétant de l’idéologie fascislamiste et la poussée de l’extrême droite, ne peuvent nous laisser insensibles.

Cette année encore, la France et l’Europe ont été le théâtre de la guerre que nous livrent les djihadistes.

Des juifs ont encore été assassinés parce qu’ils étaient juifs !

Partout la liberté est menacée et le juif mort ou vivant a été une fois de plus la cible des ennemis de la démocratie. En ces temps difficiles, nous devons une fois de plus rappeler cette évidence si souvent répétée par nos dirigeants: lorsqu’on attaque les juifs, c’est la France et la démocratie que l’on attaque !

Ces déclarations sont sans nul doute sincères mais les juifs restent et demeurent inquiets. Ils s’interrogent légitimement sur leur avenir.

La présence policière et militaire est une réponse symbolique et forte mais combien de temps encore pourra-t-elle être maintenue et combien de temps encore les juifs devront-ils supporter de voir leurs enfants passer devant des hommes armés jusqu’aux dents ? La sécurité est vitale mais le traumatisme s’installe et isole le juif du reste de la population française.

Sur Internet, les djihadistes diffusent leur poison et les antisémites laissent libre court à leur haine.
Sur les antennes de radio, un lamentable vieux ministre, libéré de tous filtres, n’hésite pas à exprimer ses fantasmes antisémites.

Au dîner du CRIF, nous serons là pour entendre et pour nous exprimer, chacun à notre place et des messages passeront.

Il y aura bien ce qui s’entendra et se verra mais aussi ce qui doit être su. Aucun sujet ne doit être oublié.
Les juifs de France sont des citoyens exemplaires et fidèles. Ils ont toute leur place dans la société française. Ils n’ont pas de complexe à avoir quant à leur fidélité aux valeurs républicaines.

Ils ont toujours milité pour le vivre ensemble, ils ont toujours été à la pointe de tous les combats pour la liberté et contre toutes les formes de racisme. Ils sont respectueux des droits et devoirs qu’implique l’appartenance à la Nation Française.

Nul ne doit les empêcher ou leur reprocher d’être fidèles et de soutenir Israël.

Ils ont également celui de choisir librement de s’y rendre sans complexe.

 » La France ne serait pas la France, sans les juifs de France  » ! Nous en sommes conscients et n’avons aucune attention de fuir !

Par contre, nous n’avons aucun complexe à avoir vis-à-vis de ceux qui décident librement de réaliser le vieux rêve sioniste. Nous pouvons même les comprendre.

L’antisionisme et l’antisémitisme sont des facteurs déclenchants ou accélérateurs de ces départs. Le peuple juif a de la mémoire et doit rester vigilant. Les temps ont effectivement changé, mais le racisme, l’antisémitisme et la haine des juifs sont toujours présents.

Une chose est certaine, le juif ne sera plus jamais abandonné !

Au diner du CRIF et à chacune de nos interventions, nous serons là pour le dire ! C’est le rôle des dirigeants de porter la parole de tous ceux qui nous font confiance.

Gil Taieb