Nuits blanches pour les uns, nuits agitées pour les autres et tout simplement nuits invivables pour les familles Yifrach, Frenkel et Shaer, le peuple juif s’est levé avec le masque du deuil. Malheureusement, ces dernières années ne nous ont pas épargné et ce masque, que les peuples du monde revêtent de temps à autres, est devenu comme une seconde peau chez nous. Quelles leçons tirer, quel recul avoir quand la haine devient la sœur jumelle de l’inexplicable, quand la barbarie s’auto-justifie et que la mort d’Eyal, Naftali et Gilad suscite scènes de joie et propos provocants sur, ce que j’appelle, les réseaux de désocialisation (twittosphere et Facebook). Je pleure en silence et bouillonne de colère à mesure que mes flashback remontent et que j’ai en vision l’insolente prétention de ce Abou Mazen, la libération de ces 1026 criminelles, le fait que Tsahal n’entre pas dans Gaza durant l’opération « Piliers de défense », mais surtout j’entends en boucle les affirmations du porte-parole du Hamas (Sami Abou Zouhri): « Toute escalade d’Israël ouvrira les portes de l’enfer ».

La haine ancestrale frappe encore

Deux tentations, répondre du tac-au-tac à ce Sami Abou ou lui réciter la liste interminable de ceux qui ont pensé qu’ils pouvaient mettre un point final à l’existence du peuple juif et à ses idéaux. Mais je souris doucement, quand je me rend compte, qu’en ce jour, le seul argument de cette organisation terroriste n’est pas de nous promettre encore plus de qassam en représaille ou de lancer une nouvelle campagne appelant au rapt de nos soldats, mais de murmurer à nos oreilles une imprécation, une malédiction quasi incantatoire annonçant la déchéance physique et spirituelle du peuple d’Israël. Pourquoi je souris? Parce que « madame » coïncidence est une grande humoriste. La section hebdomadaire de notre Torah parle de Balak, roi de Moav, qui s’attache assez facilement les services d’un Bilaam (prophète des nations et grand ennemi d’Israel) pour que ce dernier prononçât une malédiction sur le peuple juif et ainsi l’empêcher de continuer sa série de victoires militaires depuis sa sortie d’Egypte.

Bamidbar (Nombres) 22: 5-6 : « 5 Il envoya des messagers à Balaam, fils de Beor, à Pethor qui est sur le fleuve, dans le pays de ses concitoyens, pour le mander, en ces termes: « Un peuple est sorti d’Egypte; déjà il couvre la face du pays, et il est campé vis-à-vis de moi. 6 Viens donc, je te prie, et maudis-moi ce peuple, car il est plus puissant que moi: peut-être parviendrai-je à le vaincre et le repousserai-je du pays. Car, je le sais, celui que tu bénis est béni, et celui que tu maudis est maudit. » 

La force de Bilaam résidait dans son élocution et ses allocutions, alors, que Sami Abou Zouhri soit le porte-parole du Hamas, n’est pour moi qu’une blague de plus faite par « madame coïncidence ». Il est clair que quand 70 vierges sont censées l’attendre au paradis, monsieur Zouhri est convaincu que ce n’est sûrement pas lui, ni les siens, qui franchiront les portes de l’enfer. Mais de même que les malédictions de Bilaam sont restées inefficaces parce que transformées en bénédictions par D. lui-même, de même les menaces politico-militaro-spirituelles de ce porte-parole de mauvais augure resteront sans effet et sans conséquence, mais à une condition.

La probité morale contre la violence suintante

La clé de voûte, sur laquelle nos « mérites » reposent, réside toujours dans nos valeurs de paix, de justice, de vérité et de bonnes mœurs. Nos trois enfants ont été retrouvés dans ce village nommé HalHoul (signifiant « suintement »), bastion du mouvement terroriste Hamas (signifiant « violence »), ce sont donc les suintements de la violence qui auront eu raison de Eyal, Guilad et Naftali. Suintements auxquels on ne prête pas attention parce que quasi invisibles, et même quand nous les percevons suffisamment tôt, nous restons faussement convaincus d’avoir largement le temps de les dominer. J’ai vécu cet événement depuis Israël, en tant qu’israélien et c’est peu dire qu’un sentiment de dévastation domine sur tout le pays. Nous devons apprendre et agir de manière adéquate et collective:
– Nos autorités doivent être intransigeantes avec la sécurité de chaque israélien et veiller jalousement sur cette Terre que D. nous a donné. Ne pas agir ainsi est perçu pour beaucoup, dont je fais partie, comme une « violence suintante » faites à nos convictions.
– Nous ne devons pas tomber dans une bassesse morale, appelant à la haine du non juif, à la vengeance aveugle ou à la stigmatisation grossière. Nous sommes un peuple noble, la part de D., et savons que rien ne se déroule ici bas sans qu’ IL ne le veuille ou le permette. Ne pas agir ainsi sera perçu par les nations, aussi créées par D., comme une « violence suintante » faites à leur droit d’exister.
– Nous nous devons de rester solidaires, unis comme un seul corps. Évitons les guerres intestines, les attaques inutiles cherchant la responsabilisation et la déculpabilisation de surface. Car notre tradition nous apprend que nos fautes sont toujours à l’origine de la disparition prématurée des meilleures d’entre nous. Ne pas agir ainsi, c’est définitivement faire preuve d’une « violence suintante » les uns envers les autres étant donné que nous nous devons d’aimer l’autre comme nous-mêmes.

L’attitude à avoir

Ils sont entrés à 3 dans cette voiture, et c’est côte-à-côte que je les vois cheminer, accompagnés par leurs familles, vers leurs lieux de sépulture, unis comme des remparts qu’ils seront éternellement pour notre peuple, notre Terre. La Providence divine aura choisi la ville de Modiin Illit (signifiant « la haute intelligence »), pour que tout Israël vienne pleurer ses enfants, mais quelle haute intelligence me diriez-vous? Ma réponse est simple, la ville de Modiin est aussi appelée Kiriat Sefer (signifiant « la ville du Livre »). Le peuple du Livre dans la ville du Livre ou si vous préférer le peuple de la Haute Intelligence dans la ville de la Haute Intelligence, adoptez la formule qui vous sciera, mais sachez que les seuls suintements que notre Torah, notre Livre, notre Haute Intelligence, nous autorise, doivent découler de la Paix, de la Vérité, de la Justice, de la Kedoucha (sainteté) et de l’amour, tout en veillant jalousement à l’honneur de notre D., car Il est notre protecteur, même quand nous ne le voyons ni ne le comprenons: « Il ne dort ni ne sommeil celui qui garde Israël ». M. Zouhri, vous avez bien vu, les portes de l’enfer vont effectivement s’ouvrir mais sachez qu’elles se refermeront sur vous et tous les vôtres. Que le souvenir de nos enfants vivent dans nos vis, non par simplement le fait de prononcer leurs prénoms de temps à autre, mais que chacun de nous prenne sur lui une bonne action, caractérisant sa volonté de vouloir s’améliorer et de participer positivement au renforcement collectif. Ce n’est ni un donneur de leçons qui a écrit cet article, ni un révolté, ni un érudit, mais simple un juif israélien désemparé et frustré de n’avoir pu faire plus pour ramener ses frères. Rien ne vaut la vie, alors AM ISRAEL HAI,  vivons et réagissons Intelligemment.