Nous assistons avec cette section au dernier jour de la vie de Moïse. Ce dernier donne ses derniers enseignements au peuple. Enseignements qui fondent une partie de l’éthique juive.

Chap. 29, V. 9 à 14 : « Vous vous tenez aujourd’hui, vous tous, devant Hachem votre Dieu : les chefs de vos tribus, vos anciens et vos officiers, tout homme en Israël ; vos jeunes enfants, vos femmes et ton prosélyte qui est au sein de ton camp, depuis le coupeur de ton bois jusqu’au puiseur de ton eau, afin de te faire passer dans l’alliance de Hachem ton Dieu et dans Son serment que Hachem ton Dieu tranche avec toi aujourd’hui, afin de te constituer aujourd’hui pour Lui comme peuple et que Lui soit Dieu pour toi, comme Il te l’a dit et comme Il l’a juré à tes ancêtres, à Abraham, à Isaac et à Jacob. Et ce n’est pas avec vous seuls que je conclus cette alliance et ce serment, mais avec celui qui est ici, présent avec nous aujourd’hui devant Hachem notre Dieu et avec celui qui n’est pas ici avec nous aujourd’hui. »

Nous observons que Moïse réunit tout le peuple pour le faire entrer une fois encore dans l’alliance de Dieu. Pour le Or Ha’Haim « Moïse évoque séparément chaque catégorie de personnes pour souligner que chacun est responsable des autres selon ses capacités. Les dirigeants peuvent avoir une influence sur un grand nombre de personnes tandis que le commun du peuple n’en aura que sur un cercle très restreint. Dieu ne nous demande pas l’impossible mais nous avons l’obligation de faire ce qui est en notre pouvoir. »

Ce commentaire nous enseigne qu’il existe une responsabilité collective entre les membres du peuple juif. Un peu plus loin, dans cette section, Moïse nous explique au verset 28 que « Les fautes cachées sont pour Hachem notre Dieu, mais les fautes révélées sont pour nous et pour nos enfants pour toujours, pour accomplir toutes les paroles de cette Thora. ».

Le Rav Munk commente ce verset en écrivant que « la responsabilité collective est une base sur laquelle Moïse entend établir fermement la conscience nationale, mais responsabilité collective n’exclut pas responsabilité individuelle. »

Cette alliance est conclue avec ceux qui étaient présents et ceux qui n’étaient pas présents, c’est-à-dire les générations futures. Les enfants avaient déjà été désignés comme garants par les parents lors de la promulgation de la Thora comme il est écrit dans les Psaumes chap. 8, V.3 « Par la bouche des enfants et des nourrissons Tu as fondé ta puissance. ».

Cette alliance avec les générations futures peut nous faire réfléchir à la délicate question de savoir qui est juif. Est juif celui qui est né de mère juive ou qui s’est converti au judaïsme.

Pour les autorités orthodoxes en France, seule la conversion consistoriale est valable. Raisonnement contredit par les autorités israéliennes qui font bénéficier les convertis « libéraux » de la loi du retour.

En lisant le verset de la Thora et les psaumes, je me demande si être juif n’est pas celui qui fait que ses enfants soient juifs.

Tout juif souhaite que ses enfants se marient avec un ou une juive et considérera qu’il a raté son éducation si cela ne se passe pas donc chacun d’entre nous fait un pari sur l’avenir.

Je m’explique. Même une personne non religieuse célébrera certaines fêtes, ira quelquefois à la synagogue pour donner une identité à ses enfants et elle se dira qu’elle a accompli sa mission lorsque ses enfants auront une identité juive.

D’ailleurs le Rav Feinstein engage les parents à donner à leurs enfants une identité juive en écrivant que « l’avenir du peuple d’Israël dépend de l’éducation de ses enfants et la halakha stipule que la construction d’une synagogue elle-même passe après l’éducation juive des enfants, une obligation sous-entendue par la présence des plus jeunes lors de la conclusion de l’alliance »

Nous allons bientôt terminer cette année hébraïque et cette section nous rappelle certains principes de l’éthique juive : une responsabilité collective et l’importance de l’éducation.

Je profite de ce commentaire pour vous souhaiter à toutes et à tous une très belle année, année de paix et de dialogue, année de tolérance et d’union au sein de la communauté.

Chana tova vemetouka

Eric Gozlan