Le récent périple d’Etat effectué pendant cinq jours par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en Afrique est l’un des plus importants succès diplomatiques d’Israël depuis de nombreuses années. Le chef du gouvernement israélien s’est rendu en Ouganda, au Rwanda, au Kenya et en Ethiopie.

La demande israélienne de statut d’observateur à l’Union-Africaine constitue, à cet égard, un indicateur du réchauffement des relations entre l’Etat hébreu et le contient africain voisin.

A l’issue de ce fructueux déplacement, Jérusalem espère une vague africaine de rétablissement et de rapprochements diplomatiques.

Israël et l’Afrique renouent encore un peu plus les liens étroits entretenus jusqu’au conflit israélo-arabe de 1967 et l’acharnement victorieux des puissances financières membres de la Ligue des Etats arabes et de ceux de la Conférence islamique. Les Etats africains qui, alors, optèrent pour la rupture avec Israël, se rangeaient sous la bannière stratégique du camp arabe, bénéficiaient de ses sirènes financières des puissances pétrolières et consacraient la victoire de la finance arabe sur l’aide technique apportée par Jérusalem.

Géographiquement proches, le rapprochement progressif de l’ Etat d’Israël et du continent africain brise pan par pan l’isolement géopolitique régional imposé par les ennemis d’Israël dans sa seconde périphérie.

Ce déplacement est un succès diplomatique, économique, marchand, militaire et général. Reste à savoir s’il constitue un pic isolé favorable à Israël ou s’il sera suivi d’autres initiatives de même nature.

La popularité de l’Etat hébreu dans le monde et l’efficacité de ses méthodes de gestions des difficultés ne demande qu’à s’exprimer. L’ouverture actuelle des Etats européens aux méthodes de lutte anti-terroristes en sont l’une de ses diverses illustrations. Le voyage africain de Netanyahu prouve la faiblesse sinon l’inanité de l’argument financier pourtant illimité des ennemis d’Israël.

La diplomatie a horreur du vide. L’absence d’initiative d’un Etat, en conflit de surcroit, comme l’est Israël conduit celui-ci à réagir au lieu d’agir et à se défendre dos au mur. Au contraire, les initiatives diplomatiques placent l’Etat hébreu en position d’attaquant pacifique et réaliste.

En dépit des vicissitudes régionales, d’un conflit vieux de soixante-huit ans, des difficultés endurées par sa population, la solidité et l’énergie du petit Etat d’Israël ne cesse de se confirmer depuis sa créations par les Nations-Unies en 1948.

L’initiative israélienne récente est un pas supplémentaire vers la paix.

Pierre Saba
22 juillet 2016