Après six ans d’exercice du Premier Ministre d’Israël, il est permis, il convient et il est nécessaire de dresser un bilan complet de son fonctionnement, ses décisions et les résultats de la politique qu’il a menée dans tous les domaines de la vie.

Tout citoyen et toute citoyenne devra faire un examen de conscience quand il (elle) ira voter le 17 mars. Et c’est exactement ce que le Parti au pouvoir ne veut pas qu’on fasse.

Il veut continuer à semer la peur, la menace et la paranoïa. Il continue de rejeter la responsabilité de ses échecs et ceux de son leader sur les autres membres de la coalition, sur le monde qui est tout entier contre nous et sur nos traitres voisins.

Seul le Parti au pouvoir est déchargé de toute responsabilité.

Nous allons essayer d’examiner ensemble le bilan dans trois domaines essentiels de notre vie: le social et l’économie, la sécurité et le processus de paix, la position d’Israël auprès des nations amies et de toute la communauté internationale.

Ce n’est pas par hasard que je choisis ces sujets-là: ce sont ceux à propos desquels M. Netanyahou avait promis d’emmener le pays vers une position sûre et forte.

Dans le premier domaine, les chiffres officiels sont très affligeants: plus de 20% de la population israélienne vit en-dessous du seuil de pauvreté, dont 800 000 enfants. Ce n’est pas un phénomène nouveau, mais il s’est aggravé durant ces six dernières années et a pris des dimensions qui menacent la force intérieure de la société israélienne.

La pauvreté et le retard ne sont plus seulement le lot des populations qui ne travaillent pas. Des centaines de milliers de salariés qui travaillent des heures exténuantes dans des conditions difficiles n’arrivent pas à assurer la subsistance de leur famille. L’esclavage a remplacé le chômage quand de plus, le niveau des services assurés par l’Etat aux citoyens est en baisse constante dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’aide sociale.

En même temps, le coût de la vie et celui du logement sont élevés. Le cri de détresse des pauvres gens doit se faire entendre et l’indifférence des dirigeants de l’Etat est horrifiante.

Vous vous souvenez des discours de M. Netanyahou et de ses promesses d’éradiquer le Hamas. Pour cela, beaucoup avaient voté pour lui. En fait, de toute l’histoire d’Israël, il est le Chef de gouvernement qui a le plus cédé aux terroristes.

Cela commence par les négociations directes et indirectes avec eux, en passant par l’acceptation de leurs conditions pour le cessez-le-feu et cela inclut le fait qu’il leur a permis de nous dicter les règles du jeu dans les territoires.

La dernière guerre de Gaza a non seulement montré que M. Netanyahou n’est pas capable d’assurer la sécurité des israéliens, et en fait ses actes et ses échecs ont plutôt prouvé le contraire. Un seul exemple pour illustrer mes dires: l’évacuation des équipes d’urgence et l’annulation des postes de chef de sécurité dans les villages autour de Gaza, alors qu’il savait pertinemment que des tunnels offensifs étaient creusés sous la frontière, tout cela quinze jours avant le début de l’opération « Bordure Protectrice ».

Seul Bibi ne comprend pas qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit israélo-palestinien. Que faut-il de plus: pendant la guerre de Gaza, même si elle était justifiée, nous avons détruit 20 000 maisons palestiniennes, détruit les principales infrastructures, tué 2000 palestiniens, parmi eux 500 enfants.

A la fin de la guerre, M. Netanyahou a attendu patiemment chez lui le téléphone du Caire qui confirmait que le Hamas acceptait le cessez-le-feu. Quel exploit incroyable!

Et pendant toute cette période, le processus de paix stagne, les implantations, même les illégales, continuent et le gouvernement nous emmène assurément vers un état binational. Mes petits-enfants et leurs petits-enfants ne voudront pas y vivre. Voila la vérité, et elle fait mal.

Et maintenant le domaine qui est la spécialité de M. Netanyahou: les affaires étrangères et la position internationale d’Israël. Beaucoup d’entre nous ont minimisé l’importance des conséquences à long terme de l’image d’Israël, en tant que nation dominant un autre peuple, dans la communauté internationale, surtout les pays éclairés et démocratiques.

De plus en plus de parlements dans le monde appellent leur gouvernement à prendre part active pour mettre fin à l’occupation israélienne dans les territoires palestiniens et surtout à la domination d’un autre peuple, privé de droits civiques.

Je me souviens de périodes où les pays du monde étaient fiers de leur relation avec l’Etat d’Israël. Aujourd’hui, comme conséquence directe de la stagnation politique, nous sommes de plus en plus isolés et la dernière brillante idée de M. Netanyahou dans ce domaine est de détruire nos relations avec le gouvernement américain pour récolter des voix en Israël.

En tant que génie politique, il a essayé (et presque réussi) à transformer le problème nucléaire de l’Iran en un affrontement israélo-iranien, ce qui est totalement contraire à l’intérêt d’Israël.

Sans aucun contrôle public, il a dépensé des milliards de shekels pour la préparation d’une opération militaire, contre l’avis des dirigeants de l’armée et des forces de sécurité qui s’opposaient à toute intervention. En bref, Bibi est le seul leader du monde libre qui croit encore que les conflits politiques ne se règlent que par la force armée.

En résumé, au lieu d’utiliser notre puissance militaire pour nous séparer des palestiniens et rejoindre le bloc des pays arabes modérés dans la lutte contre l’intégrisme islamique, la droite veut transformer Israël en un état binational. Au lieu de profiter de la richesse de notre pays pour lutter contre la pauvreté et les inégalités sociales, on continue d’investir dans les territoires.

Cette politique est irresponsable et ne mène nulle part.