Ces jours-ci, l’air en Israël était lourd de menaces.

Menaces politiques au sein de la coalition parlementaire et menaces de mort de la part du Hamas.

Tout semblait s’effondrer brusquement, crouler sous le poids des événements en cascade : la guerre dans la bande de Gaza, la démission scandaleuse et honteuse de Liberman et les cris de victoire du Hamas, le chantage de Bennett et la chute du gouvernement.

La majorité des observateurs et des commentateurs annonçait même la date prévue des élections anticipées et dans l’opposition, tous les chefs de partis se réjouissaient de la bonne nouvelle et des sondages qui leurs sont favorables, sans savoir bien entendu, la réaction définitive de Netanyahou, seul maître du jeu politique.

En Israël, comme d’ailleurs au Moyen-Orient, tout est volatile et peut changer ou basculer à la dernière minute, in extremis. Dans le théâtre de l’absurde où nous vivons, les coups sont fréquents, et souvent imprévisibles.

Un maître chanteur exerce toujours un chantage mais ses menaces pour obtenir un gain rapide ou un avantage sont tôt ou tard dévoilées. Les masques tombent et les fards du maquillage politique s’effacent rapidement. Rien ne sert d’embellir ou de dissimuler la vérité sur le terrain car le jeu hypocrite se révèle toujours au grand jour.

Pour l’heure, Netanyahou a réussi à sortir de la crise en évitant des élections anticipées chères et inutiles. Il demeure le chef incontesté du gouvernement et le ministère de la Défense, qu’il assumera désormais, le replace en Monsieur Sécurité. Plus que jamais, il est mis à l’épreuve pour relever les grands défis et affronter les menaces. Plusieurs grandes et délicates missions sont à accomplir bien que sa majorité parlementaire soit bien serrée et fragile :

  • Freiner les dépenses budgétaires et maintenir le cap économique tout en maîtrisant sa fragile coalition et les frondeurs.
  • Dissuader le Hamas et aboutir à une longue trêve sécuritaire et prévoir des opérations militaires efficaces en cas d’échec.
  • Négocier le plan de paix américain pour régler le problème palestinien, le fameux « traité du siècle » du président Trump.
  • Poursuivre les raids contre l’acheminement d’armes iraniennes au Hezbollah tout en évitant une confrontation avec les Russes et Poutine.

Les semaines et les mois à venir seront donc décisifs pour l’Etat d’Israël et pour son avenir politique, mais une chose est certaine, le mandat de Netanyahou s’achèvera avec des élections législatives qui auront bien lieu officiellement en novembre 2019.

Cet article a été publié le 19 novembre 2018 sur le site http://jcpa-lecape.org